La Chine toujours au bord de la surchauffe

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Alors que la France se demande si elle parviendra à enregistrer une croissance de 2% cette année, les chiffres publiés ce matin par la Chine ont de quoi faire rêver: l'économie chinoise a enregistré un taux de croissance de 9,5% au premier trimestre 2005 par rapport à la même période de l'année dernière. Stimulée par le boom des investissements, l'économie chinoise semble résister à tous les efforts des autorités pour en maîtriser le rythme d'expansion.Selon les chiffres publiés par le Bureau national des statistiques, le produit intérieur brut chinois s'est élevé à 3.135 milliards de yuans, soit 379 milliards de dollars, au premier trimestre. Le taux de croissance de 9,5% dépasse nettement l'objectif du gouvernement chinois, qui veut ramener le rythme de développement de l'économie dans des eaux plus raisonnables et vise 8% sur l'ensemble de 2005.Au cours du trimestre écoulé, la production industrielle chinoise a bondi de 16%. Les exportations, pour leur part, affichent une croissance de 35%! Sur les trois premiers mois de l'année, le pays enregistre un excédent commercial de 16,6 milliards de dollars, contre un déficit de 8,4 milliards un an plus tôt. De quoi conforter les craintes des pays européens envers le rouleau compresseur des exportations chinoises. Depuis le 1er janvier, les quotas sur les exportations textiles chinoises ont été levés, provoquant un afflux d'importations dans les pays occidentaux. Au point que l'Union européenne envisage de prendre des mesures de sauvegarde (voir ci-contre).L'aspect le plus spectaculaire - et le plus inquiétant - de la vertigineuse croissance du pays tient cependant au rythme des investissements. Ces derniers ont augmenté de 22,8% au premier trimestre, soit nettement plus vite que l'économie dans son ensemble. Une performance qui intervient alors que les autorités chinoises s'efforcent depuis l'année dernière de freiner le développement vertigineux des investissements, notamment dans l'immobilier.Le rythme des investissements a d'ailleurs ralenti d'une année sur l'autre puisque, voici un an, il était de 43%. Mais "le montant des investissements est encore trop élevé", a reconnu le porte-parole du BNS au cours d'une conférence de presse. De quoi alimenter une surchauffe de l'économie et des bulles spéculatives dangereuses pour le développement ordonné de la Chine. Les dangers d'investissements excessifs ont été soulignés par le porte-parole du BNS, selon qui ils créent "des pénuries de charbon, de pétrole, d'électricité et de moyens de transport". Selon lui, des taxes pourraient être mises en place pour freiner la spéculation immobilière.Pour les économistes, le gouvernement chinois pourrait être amené à adopter des mesures plus radicales, sous forme de relèvement des taux d'intérêt. C'est par exemple l'opinion d'Andy Xie, économiste chez Morgan Stanley à Hong Kong, interrogé par Bloomberg.Autre évolution possible sur le moyen terme, pour freiner un peu cette croissance échevelée: laisser remonter un peu le taux de change du yuan, actuellement collé à celui du dollar. Le dispositif actuel conduit à faire "profiter" les produits chinois de la faiblesse du dollar, ce qui contribue à leur formidable compétitivité sur les marchés internationaux. Mais les autorités chinoises n'ont guère manifesté à ce jour leur volonté d'accepter une revalorisation de leur devise.Dans ce contexte d'économie en surchauffe, le gouvernement chinois peut au moins se réjouir des chiffres de l'inflation: les prix à la consommation ont augmenté sur un rythme de 2,8% au cours des trois premiers mois de l'année, contre 3,9% en 2004.

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