Les licenciements chez HP mobilisent la classe politique française

Toute la classe politique s'agite autour des licenciements massifs chez Hewlett Packard. A commencer par le président Jacques Chirac, qui hier avait demandé au gouvernement de saisir la Commission européenne. Aujourd'hui, les réactions politiques se font nombreuses.L'américain HP avait annoncé la semaine dernière la suppression de 6.000 emplois d'ici 2008, dont 1.240 en France. La France apparaît comme le pays le plus touché par la réduction d'effectifs, celle-ci frappant un quart des effectifs de la société informatique américaine dans l'Hexagone.Hier, le président de la République Jacques Chirac a demandé au gouvernement de saisir la Commission européenne pour demander à HP de respecter le droit du travail. Le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, a expliqué cette démarche en indiquant ce matin, à la sortie du conseil des ministres, que "la Commission européenne a présenté en avril dernier des propositions de réactions concertées sur les restructurations dans les domaines stratégiques en Europe"."C'est donc dans ce cadre que le gouvernement propose un examen coordonné des projets de plans sociaux, un dialogue européen avec Hewlett-Packard et des initiatives à prendre pour renforcer les initiatives européennes dans ce secteur", a-t-il conclu. Jean-François Copé a souligné que "l'essentiel est que le plan social envisagé par cette entreprise soit le plus concerté et limité possible".Reste que, si la Commission européenne a annoncé ce matin avoir bien reçu la demande française pour analyser les licenciements chez HP, son président José Barroso a souhaité rappeler que Bruxelles n'avait pas de compétence pour empêcher une entreprise de supprimer des emplois.José Barroso a ajouté que la Commission européenne allait "analyser tout le processus". Mais "la question plus urgente est de voir dans certains cas ce qu'on peut faire pour réinsérer les gens". La Commission va examiner "les possibilités offertes par le programme des fonds structurels et particulièrement du fonds social européen" si les "licenciements de masse se concrétisent" chez HP, a conclu son président.De son côté, le ministre délégué à l'Emploi, Gérard Larcher, a jugé ce matin que le gouvernement ne voulait pas voir une "fatalité" dans les licenciements de HP. Le ministre a annoncé sur RMC qu'il allait "rencontrer le président européen" de HP. Cette entrevue devrait lui permettre de "demander de revoir le contenu et le périmètre" du plan européen de suppressions d'emplois.Pour sa part, la direction de Hewlett-Packard, qui a reçu lundi Michel Destot, le maire de Grenoble, agglomération la plus touchée, n'a exprimé "absolument aucun engagement" à réduire le nombre de suppressions d'emplois. Selon Michel Destot, cet entretien a malgré tout été "très utile". "Ils sont d'accord pour regarder de plus près la stratégie industrielle" a t-il ajouté.D'après le maire de Grenoble, les dirigeants de HP "ne s'attendaient pas à une telle mobilisation en France". Cette réaction lui fait penser que la fermeté paiera car le management de HP "craint beaucoup que son image soit atteinte". Mais même si Michel Destot a senti la direction de HP "sur la défensive", rien ne dit pour le moment que HP va changer ses plans et s'engager à restreindre le nombre de suppression d'emplois.

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