2005, année de défis pour les banques

D'ici quelques semaines, les principales banques françaises vont publier des comptes 2004 qui s'annoncent plutôt bons. A la lumière des neufs premiers mois, il n'y a en effet pas de mauvaise surprise à attendre. Les établissements financiers hexagonaux se distinguent par la bonne tenue de leurs activités de banque de détail et par leur bonne maîtrise du coût du risque sur les entreprises. Un modèle certes prudent mais solide... L'année qui débute s'inscrit dans un contexte moins favorable. Les incertitudes qui pèsent sur la conjoncture rendent en effet les banquiers prudents. Et puis les uns et les autres ont leurs propres défis personnels à relever. Ainsi, le Crédit agricole doit enfin démontrer que l'acquisition du Crédit Lyonnais peut être une bonne opération: dans la banque de détail en ne cassant pas la dynamique commerciale de la banque au lion et dans la banque d'investissement en dotant enfin Calyon d'un projet de développement. Toujours dans le secteur mutualiste, le Crédit Mutuel doit de son côté donner un sens à son incursion dans le capital des Galeries Lafayette. On sait que le groupe dirigé par Michel Lucas a des ambitions en matière de crédit à la consommation et lorgne sur Cofinoga. Mais pour cela, il faudra déloger Cetelem, la filiale constituée par le groupe de distribution avec BNP Paribas. Ce dernier pourrait envisager, en 2005, de récupérer son titre de première banque de la zone euro. Un titre envié qui lui a été chipé l'an dernier par le SCH qui s'est offert Abbey National en Grande-Bretagne pour 13 milliards d'euros. Une opération symbolique dans la mesure où il s'agit de la première fusion bancaire trans-frontière d'importance en Europe. Un terrain sur lequel la banque de Michel Pébereau ne s'est pour l'instant pas risquée. Pas plus que la Société Générale d'ailleurs, dont le principal défi reste de préserver son indépendance. A juste titre fier de son parcours boursier, Daniel Bouton n'envisage de fusion que si elle est créatrice de plus de valeur. Les actionnaires ne manqueront pas d'y être sensibles. A moins qu'une jolie prime et un bénéfice immédiat ne viennent à bout de leur résistance... Restent enfin les Caisses d'Epargne. Le plus gros défi, à savoir mettre la main sur la banque d'investissement Ixis, a été réussi l'an dernier. Mais il faut encore réussir son intégration et plus généralement la mutation du groupe mutualiste en banque universelle prête à entrer en Bourse. Ce n'est plus un défi mais une révolution!Telle est donc la feuille de route des banques françaises pour 2005. Les unes et les autres devraient enfin avoir à coeur d'améliorer leurs relations avec leurs clients. La polémique de la fin 2004 sur les tarifs bancaires semble prouver qu'il y a ici encore quelques progrès à faire et que la fidélité des Français à leur banque mériterait d'être un peu mieux récompensée. Pour leurs étrennes, les clients des banques ont obtenu la suppression des frais pour clôture de compte. Souhaitons qu'ils n'en abusent pas et que les banques continuent à faire preuve d'un peu de bonne volonté en matière de tarifs.

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