Milliard, mon beau milliard....

Le milliard est tendance. Depuis que Procter & Gamble a pavoisé du haut de ses 21 marques dépassant le cap du milliard de dollars de chiffre d'affaires en avalant Gillette, il est de bon ton d'étaler ses avoirs et sa puissance. Le recordman des bénéfices du CAC 40, la compagnie pétrolière Total, s'est vu tresser des lauriers dans toute la presse pour ses juteux 9 milliards d'euros de profits engrangés en 2004 qui le hissent pour de bon dans la classe des 5 "majors" de l'or noir, certes loin derrière ExxonMobil... Le géant américain a raflé vendredi à General Electric sa couronne de première capitalisation mondiale, sa valeur, de 383 milliards de dollars, excédant d'une poignée de milliards - quatre petits milliards -, celle de GE.Le milliard a la cote aussi à la Bourse de Paris. C'est aujourd'hui que la place adopte la liste unique dressée par l'entreprise de marché, Euronext. L'ordre alphabétique instauré pour les 700 valeurs cotées à Paris ne saurait tromper quiconque : la nouvelle cote "Eurolist" met en évidence la crème de la crème. L'élite pouvant se prévaloir de plus d'un milliard d'euros de valeur boursière se voit décerner la note "A", les élèves "moyens", entre 150 millions et 1 milliard, sont affublés d'un "B" et les plus faibles sont relégués en "C". Adieux premier, second et nouveaux marchés ! Le premier mélangeait allégrement coquilles vides et fleurons du CAC 40, le second laissait se côtoyer des poids lourds comme le sellier Hermès et la chaîne M6, pesant respectivement 6 et 3 milliards d'euros, et une flopée de PME familiales peinant à atteindre le milliard de francs de capitalisation. Enfin, le nouveau, déjà réformé maintes fois, s'est longtemps vu qualifier d'auberge espagnole, entassant pêle-mêle start-up high-tech et magasins animaliers ou d'articles de pêche...Le milliard est-il devenu la nouvelle unité de valeur à la Bourse de Paris ? Euronext s'en défend et va même plus loin. Ce lifting ambitionne officiellement d'"améliorer la visibilité et la liquidité" des valeurs moyennes, qui représentent 85% de la cote, et se double de la création d'une batterie de nouveaux indices destinés à les mettre en valeur, de la "mid" à la "small cap", jusqu'à la "micro-cap", voire la "nanocap"... La nouvelle cote taillée par Euronext est un peu étriquée, en prenant pour clef de voûte le milliard d'euros. La volonté de séparer les "installés" des aspirants milliardaires omet une réalité avérée depuis le passage à l'euro et l'européanisation des marchés : pour les gérants de Sicav et FCP, une valeur cesse d'être moyenne lorsqu'elle franchit le cap des 3 voire 4 milliards d'euros. La poignée de milliards séparant un ExxonMobil d'un General Electric...

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