Le chéquier généreux de Morgan Stanley

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Le ménage commence à coûter cher chez Morgan Stanley. Les actionnaires de la banque d'affaires américaine, mécontents de la gestion de Philip Purcell, ont obtenu son départ tout en lui accordant un "package" d'avantages divers atteignant au total 113 millions de dollars. En début de semaine, Stephen Crawford, co-président de l'établissement de Wall Street depuis trois mois et demi seulement, a annoncé à son tour son départ et obtenu 32 millions de dollars. Entre-temps, l'ancien patron de la banque, John Mack, a été appelé à la rescousse pour reprendre en mains la banque et a obtenu un salaire de 25 millions de dollars par an (indexé sur les performances de l'établissement). Même si ce chiffre est dans la moyenne de ses homologues américains (les patrons de Merrill Lynch et autres Goldman Sachs), il n'en donne pas moins le tournis. Et les actionnaires qui contestaient la gestion de Philip Purcell peuvent commencer à faire fonctionner leurs calculettes.Bien sûr, l'industrie financière américaine brasse des milliards et les maisons en question affichent de solides résultats. Par ailleurs, les talents sont très courtisés et il est logique de rémunérer à leur juste valeur les meilleurs d'entre eux qui sont aussi très exposés et peuvent perdre leur job au premier vent mauvais. Pourtant, cette même industrie de la banque d'affaires a traversé il y a trois ans une des plus graves crises de son histoire et ses méthodes ont été gravement mises en cause par les autorités judiciaires, notamment le ministre de la justice de l'Etat de New York, Eliot Spitzer. A l'époque, la bulle Internet avait fait perdre le sens des réalités à certains et l'argent facile avait brouillé bien des repères. Désormais, on peut imaginer que les pratiques sont plus saines, les méthodes plus transparentes et les règles du jeu à la fois plus précises et mieux respectées. Mais une chose semble immuable: qu'un banquier américain réussisse ou échoue, son compte en banque n'a pas à en souffrir. Il gagne à tous les coups.

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