Google à la rescousse d'AOL

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Décidément, avec le recul, les discours de l'année 2000 autour de l'Internet apparaissent à la fois erronés et en deçà de la réalité qui s'annonce. Quand, en 2000, Time Warner se laissait absorber par AOL, on y voyait le signe de la fin d'un monde ancien, celui des médias traditionnels. Depuis ils ont pris leur revanche, AOL l'ex-star, n'est plus que la filiale Internet du groupe Time Warner. Et ce dernier lui cherche un partenaire. L'accès Internet en soi n'est plus un métier de groupes médias; il passe par la détention d'un réseau, télécoms ou câble. AOL, qui a pris un train de retard sur le haut débit, a perdu 6 millions d'abonnés ces dernières années. Plus qu'un fournisseur d'accès, c'est aujourd'hui une destination, un portail attirant le trafic des internautes américains, ouvrant vers d'autres sites, qui proposent des contenus, des vidéos.... Aujourd'hui, Google vient de prendre 5 % du capital d'AOL pour 1 milliard d'euros. Car Google, sans contrôler l'accès au Net, y contrôle ce qui est désormais l'essentiel : la circulation. C'est en venant de Google qu'on arrive à destination chez AOL ou ailleurs. AOL est aujourd'hui le premier client de Google : il lui assure 9% de ses revenus. Cette alliance sécurisera ces recettes en renouvelant pour cinq ans le contrat entre les deux compagnies. AOL, qui utilise la technologie de Google comme moteur de recherche, pourrait vendre directement de la publicité liées aux recherches effectuées sur ses sites, et placer des bandeaux publicitaires sur les sites partenaires de Google. Un échange complexe dont les mots-clés - liens sponsorisés, résultats de recherche, sites partenaires- viennent du modèle économique inventé par Google, balbutiant il y a cinq ans. Plus séduisant aux yeux des dirigeants de Time Warner que l'offre d'alliance rivale de Microsoft, qui voudrait ravir à Google sa place de moteur de recherche d'AOL, et renforcer son portail MSN et ses revenus publicitaires.Recruter des abonnés et faire grimper le revenu moyen par abonné, attirer du trafic sur un site et vendre des bandeaux publicitaires : tous ces schémas ont été simplement transposés sur le Net. A la vieille question que se pose l'histoire de la pensée scientifique - A quel moment apparaît l'idée nouvelle, qui transforme la vision du monde ? - on est tenté de répondre, en ce qui concerne Internet : aujourd'hui, avec Google. Lequel n'est plus, depuis longtemps un simple moteur de recherche, mais demeure la page d'accueil simplissime, par où débuter sa navigation Internet. De cette position inexpugnable, il devient le carrefour obligé, étend son emprise, se verrait bien partir à l'assaut du marché des navigateurs Internet et pourrait être capable de déloger Explorer de sa position de numéro 1. AOL, paré il y a cinq ans de toutes les vertus de la modernité, a été dépassé. En dira-t-on autant de Google dans 5 ans ? A moins que les deux, alliés, ne creusent l'avantage, et deviennent le passage obligé du parcours sur la Toile.

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