Sabre lance une offre sur Lastminute.com

Le suspense n'aura pas été long. Au lendemain d'un communiqué de Lastminute.com indiquant qu'il avait été approché en vue d'un rachat (voir ci-contre), le Britannique a reçu une offre ferme et surtout chiffrée.C'est l'Américain Sabre, numéro trois mondial du voyage en ligne, qui se propose de racheter le groupe fondé par Bret Hoberman. Déjà propriétaire de Travelocity, Sabre offre 165 pence par action pour cette opération qu'il souhaiterait finaliser avant la fin juillet et qui sera menée à bien par Travelocity Europe. Sabre est donc prêt à verser 577 millions de livres (près de 850 millions d'euros) aux actionnaires. Il accorde ainsi à la société "une valeur d'environ 606 millions de livres, en comprenant une dette brute de 69 millions de livres et des liquidités de 40 millions de livres", souligne un communiqué.Les investisseurs ne s'étaient donc pas trompés mercredi sur les intentions d'un éventuel acquéreur, lorsque des spéculations ont surgi. Même si le bond en avant de plus de 45% enregistré par l'action a pu surprendre, le marché était même en-dessous de la réalité puisque le titre a terminé sur un cours de 153 pence.Bien que le prix reste loin des 380 pence de l'introduction en mars 2000, l'offre de Sabre paraît en tout cas avoir tous les traits d'une bonne affaire pour les actionnaires et ce sans avoir à remonter loin en arrière. La proposition de Sabre accorde en effet une prime de près de 57% sur le cours de mardi soir, veille du jour où Lastminute.com a révélé l'existence de discussions.Mais le sacrifice n'est peut-être pas énorme pour l'acquéreur. Car ce prix correspond peu ou prou à ce que valait Lastminute.com l'été dernier et même si la prime apparaît confortable il va mettre la main sur un acteur reconnu du voyage en ligne, l'un des segments les plus dynamiques et les plus prometteurs de la Toile. Rien qu'en France, les ventes de voyages en ligne ont progressé de 50% en 2004. Et il y a un an, le directeur général de Voyages SNCF prévoyait des ventes multipliées par cinq sur cinq ans. Toujours sur ce marché hexagonal, où il a notamment avalé Dégriftour, Lastminute.com revendique la place de numéro deux avec une part de marché de 12%. Une place de choix alors que la France ne représente que 15% de l'activité de Lastminute.com, qui dépend à 65% du Royaume-Uni.Mais Sabre devra aussi reprendre un groupe déficitaire. Lastminute.com a perdu 77,2 millions de livres sur son exercice 2003-2004 (à fin septembre). Mais sur ce plan, le groupe a prévu de corriger le tir. Il a programmé des réductions de coûts passant par la suppression de 350 emplois. Par ailleurs, la perte de l'exercice passée provenait en partie des acquisitions réalisées auparavant. Or, en mars dernier, le président de Lastminute.com, Bret Hoberman, a déclaré que le groupe était en "phase de consolidation", fermant la porte à de nouvelles acquisitions.

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