Le PDG, un actif à valoriser ?

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Combien vaut un patron du CAC 40? Il y a plusieurs façons d'y répondre. La plus simple consiste à comparer sa rémunération à la moyenne des émoluments des plus grands patrons français. Pour Thierry Breton, à la tête de France Télécom, ce fut un salaire brut de 1,3 million d'euros, selon les dernières données connues, celles de 2003, ce qui ne le place que dans les dix derniers du CAC ! C'est par ailleurs 8 fois plus qu'un salaire de ministre... On peut aussi mesurer la valeur d'un PDG à ses indemnités de départ : il aurait pu empocher 2,3 millions d'euros selon les termes de son contrat. Mais pas en cas de départ volontaire... Le marché, lui, a une autre façon d'évaluer les qualités d'un dirigeant : en appliquant une "prime" s'il est jugé bon ou une "décote" si les investisseurs ont une piètre opinion de lui.L'action France Télécom présentait-elle une "prime Breton" ? Nous aurons la réponse lors de la séance du jour, et peut-être des suivantes. Les fuites de l'arrivée de Thierry Breton à Bercy avaient déjà un peu fragilisé la valeur vendredi après-midi. A sa nomination à la tête de l'opérateur historique, le 2 octobre 2002, l'action s'était envolée de 10%, au lendemain d'une flambée identique sur fond de rumeurs grandissantes malgré les démentis. Privé de l'artisan de son redressement, Thomson Multimédia avait de son côté cédé 4,5%. Y a-t-il une rationalité quelconque fondée sur une "valorisation" du PDG ou faut-il voir dans ces variations une simple réaction épidermique ? "TMM" avait quasi effacé ses pertes le lendemain, à la nomination de Franck Dangeard à sa direction.... Ainsi, la surprise passée, le cours peut retrouver ses niveaux d'avant l'annonce d'un départ ou d'une arrivée. Il est permis de s'en réjouir, le jugement du marché se fonde donc sur des actes, au-delà d'une personnalité. Ainsi, la "décote Messier" dont était affublée l'action Vivendi Universal au printemps 2002 aux dires des professionnels ne s'est pas dissipée après la révolution du palais qui chassa J2M, sur fond de dégradation de la note en "junk bond". Au contraire : la valeur a poursuivi sa descente aux enfers, le marché mesurant l'ampleur du chantier hérité par son successeur Jean-René Fourtou. La confiance s'érode vite, la défiance ne s'efface pas d'une signature au pied d'une lettre de nomination. Carrefour souffrait d'une "décote Daniel Bernard" et l'éviction de ce dernier, le 3 février, a été applaudie par une hausse de 1,98% du titre. Toutefois, depuis son remplacement par Luc Vandevelde, l'action s'est légèrement effritée. Même chose, chez PPR : l'action du groupe a trébuché de 3% à l'annonce du départ de Serge Weinberg, perdant ainsi 312 millions d'euros de capitalisation en un jour. Pourtant, l'action a largement retrouvé ses niveaux antérieurs depuis. Preuve du crédit accordé au nouveau PDG, François-Henri Pinault, ou ingratitude de marchés à la mémoire courte?

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