Siemens cherche à adosser son activité de téléphonie mobile

Siemens semble décidé à s'attaquer sérieusement au problème récurrent de son activité de fabrication de téléphones mobiles. Lourdement déficitaire, celle-ci va être scindée du reste de la division télécoms du groupe, avant d'être probablement adossée à un autre acteur du marché. Il y a urgence: les pertes de cette activité pèsent en effet lourdement sur les résultats de l'ensemble du groupe.Le président du directoire de Siemens, Klaus Kleinfeld, a ainsi annoncé ce matin sa décision de sortir les activités de fabrication de mobiles de la division Com, qui regroupe à ce jour téléphonie fixe et mobile. Mais cette scission n'est qu'une première étape: Klaus Kleinfeld a précisé qu'il est "certain que nous prendrons d'ici peu une deuxième décision, et ce sur une solution avec un partenaire ou sur une série de partenariats"...Le fait est que le groupe allemand ne peut plus se permettre de tergiverser. Ses ventes de combinés mobiles sont en pleine crise: sur les trois premiers mois de l'année, elles se sont élevées à 9,3 millions de combinés, en chute de 25% par rapport à la même période de l'année dernière. Et sur les six derniers mois, Siemens a reculé de deux places dans le classement mondial des fabricants, tombant à la sixième place. Conséquence: l'activité téléphones mobiles a perdu 138 millions d'euros sur le trimestre écoulé, après 143 millions sur le dernier trimestre 2004. L'ensemble de la division Com a donc terminé le trimestre sur une perte d'exploitation de 19 millions d'euros.Ces derniers temps, Siemens envisageait officiellement toutes les possibilités pour cette activité, y compris la fermeture pure et simple. Mais il semble bien que cette dernière hypothèse soit désormais exclue: le patron du groupe a en effet affirmé ce matin que "aujourd'hui, nous pouvons garantir à nos clients que des téléphones mobiles continueront à être vendus sous le nom de Siemens".Si c'est bien la piste d'un adossement qui est désormais privilégiée, il reste à savoir qui pourrait être le partenaire retenu. Ces derniers jours, de nombreux noms ont été avancés, dont ceux de l'américain Motorola, du canadien Nortel et du taiwanais Acer. On ne cache pas chez Siemens, en tout cas, que le groupe a vocation à devenir minoritaire dans l'éventuel partenariat à venir.Reste que pour Siemens, il est urgent de résoudre ce problème. Car dans l'immédiat, c'est l'ensemble des résultats du groupe qui s'en trouvent fragilisés. Klaus Kleinfeld a ainsi dû reconnaître ce matin qu'il lui était difficile de formuler des pronostics précis, du fait de l'incertitude pesant sur l'activité mobiles. "Pour l'ensemble de l'exercice, nous nous étions promis encore une légère progression du bénéfice. C'est aujourd'hui difficile à évaluer", a-t-il affirmé.Plus précisément, la "bonne évolution (des différentes divisions au niveau de l'exploitation) va pâtir des mesures intensives de restructuration dans les activités informatiques et télécoms en liaison avec la nouvelle orientation stratégique", a-t-il prévenu, "cela va conduire à de nouvelles charges, qui du point de vue actuel ne se laissent ni chiffrer, ni situer dans le temps". Sur le premier trimestre de l'année, qui correspond au deuxième trimestre de son exercice, Siemens a enregistré un bénéfice net de 781 millions d'euros, en baisse de 3,2% par rapport aux 807 millions d'euros de bénéfice hors exceptionnels engrangés un an plus tôt. A la Bourse de Francfort, les investisseurs ne cachent par leur déception face aux incertitudes des perspectives du groupe. En fin de journée, le titre cède 1,91%, à 57,07 euros.

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