Les 400 coups de Nestlé et Google

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Du jamais vu! L'action Google a franchi le cap des 400 dollars en fin de semaine, un nouveau record de sa jeune histoire boursière: en quinze mois, sa capitalisation a presque quintuplé. Elle dépasse désormais les 110 milliards de dollars, dix fois celle de l'icône américaine déchue, General Motors. Il suffit au moteur de recherche d'annoncer un nouveau service pour que Wall Street s'emballe et propulse son cours vers de nouveaux sommets. Et de voir le débat sur sa valorisation relancé, non sans réveiller le spectre menaçant d'une bulle version 2005. Différence, de taille, avec la bulle de la fin des années 1990 qui explosa en 2000: Google est une société (très) rentable, dénuée de dette et riche en trésorerie. Mais au prix actuel, le titre se paie plus de 88 fois les bénéfices de l'année en cours et 47 fois ceux de l'an prochain, le double de la moyenne du marché... A peine vu, passé quasi inaperçu, un autre record historique d'un autre géant à la santé financière florissante: l'action Nestlé a dépassé vendredi pour la première fois de son histoire boursière de 132 ans le seuil des 400 francs suisses, l'équivalent de 304 dollars. Le titre du numéro un mondial de l'alimentation a grimpé de 32% depuis le début de l'année - plus que Danone malgré la spéculation. Une course en tête qui lui a permis de porter sa valeur à 160 milliards de francs suisses, peu ou prou autant que Google en dollars... La firme suisse, dont le chiffre d'affaires est environ 13 fois supérieur à celui du moteur de recherche, ne doit pas ce nouveau plus-haut boursier au lancement d'un nouveau produit ou au développement d'un nouveau métier. Nestlé a réveillé l'appétit des investisseurs en leur servant leur plat préféré, un copieux programme de rachat d'actions de 3 milliards de francs suisses (2,3 milliards de dollars environ), le deuxième de son histoire. Le groupe a cette fois frappé un grand coup, après son premier plan de l'an passé, d'un milliard seulement, qui avait fait figure de petite révolution chez la firme de Vevey, sur les bords calmes du lac Léman. L'économie traditionnelle n'aurait donc rien à envier à Internet? Des multiples de PER (price earning ratio) entre 3 et 5 fois plus généreux, une marge nette trois fois plus élevée et surtout une croissance presque 20 fois plus forte: Google a tout de même de quoi faire rêver Nestlé. Peut-être pas ses actionnaires, qui ont fait le choix plus terre à terre des dividendes et d'une expansion régulière, plutôt que celui des augmentations de capital et de la flambée boursière non sans risque. Tous les investisseurs ne viennent pas en Bourse pour faire les 400 coups.

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