Red Hat attaqué par la baisse des prix

Rançon du succès, ironie du sort? Alors même que le succès du logiciel libre ne cesse de s'étendre, ses promoteurs pâtissent des premiers effets pervers. Pour preuve, Red Hat, le premier distributeur mondial du système d'exploitation Linux, ne remplira pas, en dépit de résultats en forte hausse, les objectifs des analystes. Pourtant, sur le trimestre écoulé (clos le 28 février), les ventes ont fait un bond de 56% à 57,5 millions de dollars tandis que le bénéfice a doublé à 11,8 millions de dollars. Au total, sur l'exercice clos en février, le groupe a triplé son résultat à 51,6 millions de dollars. Le chiffre d'affaires a de son côté enregistré une hausse de 58% à 196,5 millions de dollars.Mais sur le trimestre en cours, les prévisions de Red Hat, établies à 5 cents par action, sont en dessous de celles de Wall Street (7 cents). Du coup, le groupe ne fera pas aussi bien qu'attendu sur l'exercice en cours, puisque il prévoit désormais un bénéfice compris entre 28 et 32 cents, alors que le consensus de Thomson Financial est établi à 32 cents par action. Les ventes annuelles s'inscriront entre 270 et 280 millions de dollars, cette fois en ligne avec les attentes.Ces annonces plutôt mitigées tranchent avec la formidable expansion du logiciel libre, perceptible dans les entreprises et dans les administrations. Linux fait de plus en plus d'émules. Les ventes du dernier trimestre de Red Hat ont ainsi été portées par la conquête de nouveaux clients, parmi lesquels Gap et le département américain de l'Energie. Pour la première fois, l'entreprise a franchi la barre des 10.000 nouveaux clients en un seul trimestre. "La place de Linux sur le marché s'étend et n'est plus cantonnée à des environnements techniques de petite taille", a expliqué Matthew Szulik, le directeur général de Red Hat. Le nombre de commandes, une mesure de la croissance future des revenus, a crû de 68% hors des Etats-Unis, la société ayant pas mal investi dans son développement international en ouvrant notamment six nouveaux bureaux.Ces quatre dernières années, la croissance de Linux a été plus rapide que celle de Windows, le système d'exploitation de Microsoft qui domine largement le marché. Dans le même temps, le géant du logiciel a quand même essayé de résister à la tendance, en faisant de louables efforts pour baisser les coûts et persuader ainsi ses clients que ses produits n'étaient pas si chers que ça. Reste que la guerre ne fait que commencer entre les deux systèmes, et donc les deux façons d'appréhender le logiciel. Pour l'instant, Linux et Windows s'affrontent en direct dans 25 à 35% des marchés, toujours selon le directeur général de Red Hat. D'ici un an, ce sera dans 60% des cas.Si pour les entreprises, le logiciel libre présente des avantages indéniables, à commencer par la baisse des coûts, pour ses distributeurs son expansion est plus problématique. Car n'importe quelle société peut distribuer Linux et donc vendre des services associés, ou développer des solutions adaptées. D'où l'émergence d'une concurrence effrénée qui tire les prix vers le bas et dont les premiers a en pâtir sont Red Hat ou son concurrent Novell. Ainsi depuis fin 2002, les tarifs moyens des produits sont passés de 1.200 à 400 dollars actuellement. "C'est beaucoup moins cher de passer à Linux que de prendre des logiciels propriétaires, du coup, il est plus difficile de maintenir des prix élevés et de faire des prévisions en matière de revenus", a expliqué un analyste interrogé par Bloomberg.
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