La restructuration de Smart fait plonger les comptes de DaimlerChrysler

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Comme l'avait anticipé le groupe lui-même, le premier trimestre de DaimlerChrysler n'a pas été bon. Deux chiffres en donnent un aperçu: le résultat net qui a baissé de 30% à 288 millions d'euros et le bénéfice d'exploitation en chute de 59% à 628 millions d'euros. Reste que, s'il y a eu dérapage, celui-ci a été en partie contrôlé. En raison du ton alarmiste adopté par le constructeur il y a peu, les analystes s'attendaient à pire. Ils craignaient en moyenne une dégringolade de l'opérationnel jusqu'à 323 millions d'euros.Pour autant, la situation n'a rien de véritablement réjouissant. Dans un marché délicat, les ventes n'ont gagné que 1%. Et, au niveau du chiffre d'affaires, cette maigre hausse a été effacée par l'appréciation de l'euro. Les revenus de DaimlerChrysler ont chuté de 2% à 31,7 milliards d'euros.Difficile dans ces conditions d'améliorer ses résultats. Encore moins lorsque la facture énergétique et de fournitures enfle (hors exceptionnels, l'opérationnel a baissé de 7,6%). Mais ce qui a véritablement pesé sur les comptes de DaimlerChrysler, c'est la restructuration prévue chez Smart. Ce plan présenté début avril (voir ci-contre), qui doit conduire à 700 suppressions d'emplois cette année (le tiers des effectifs), a coûté 800 millions d'euros au groupe sur le premier trimestre.Les résultats de la filiale Mercedes Car Group s'en ressentent, avec une perte opérationnelle (la première depuis la création du pôle en 1998) de 954 millions d'euros. Les esprits les plus tatillons noteront toutefois que même sans charge exceptionnelle, la division qui regroupe Mercedes, Smart et Maybach aurait terminé dans le rouge. Il faut dire que si Smart patine, la marque à l'étoile ne brille guère plus. Confronté à des problèmes de fiabilité qui l'ont conduit à engager des dépenses pour améliorer la qualité de fabrication, Mercedes a vu ses ventes en volume baisser de plus de 10%.Autre mauvaise nouvelle: la filiale Chrysler qui se redressait depuis plusieurs mois a stoppé sa progression. Son bénéfice opérationnel a même baissé de 17% à 252 millions d'euros. Finalement, c'est à sa filiale de véhicules commerciaux (essentiellement grâce au règlement intervenu chez Mitsubishi), aux services financiers et au dynamisme d'Airbus (DaimlerChrysler possède 30% d'EADS, la maison-mère de l'avionneur) que le groupe doit son salut.DaimlerChrysler ne cache d'ailleurs pas que les mois à venir vont rester difficiles pour ses activités automobiles. Il voit une demande plus faible qu'en 2004 qui va se conjuguer avec une augmentation du prix du pétrole et des fournitures, la faiblesse du dollar et des taux d'intérêts plus élevés. A cela il faudra ajouter de nouvelles charges exceptionnelles puisque le coût du plan de restructuration de Smart est estimé à 1,2 milliard d'euros cette année (voir ci-contre). C'est donc hors éléments non-récurrents que le groupe préfère s'exprimer. Et sur ce plan, il attend toujours une "légère hausse de son résultat opérationnel pour l'année 2005".Le marché reste pratiquement insensible à ces annonces. En fin d'après-midi, le titre perd 0,43% à Francfort.

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