Les salariés de la SNCM bloquent le port de Marseille et s'emparent d'un navire

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Si le blocage du port de Marseille par une sardine est une légende, la paralysie opérée par les marins grévistes de la Société Nationale Corse Méditerranée (SNCM) est belle et bien réelle. Ce mardi, les marins du Syndicat des Travailleurs Corses (STC) ont bloqué l'activité du port autonome de Marseille. Les activités commerciales du port ont été à peu près paralysées toute la journée. En outre, l'accès au Vieux Port de Marseille a été brièvement bloqué en fin d'après-midi.Plus spectaculaire encore, un certain nombre de marins se sont emparés d'un navire de la SNCM, le cargo "Pascal Paoli". Après avoir, semble-t-il, contraint les officiers à bord à faire partir le bateau, ils lui ont fait prendre la direction de la Corse. "Nous venons d'appareiller avec le Pascal Paoli, nous avons pris le bateau et nous rentrons en Corse", a annoncé à la mi-journée le secrétaire général du STC Alain Mosconi au correspondant de l'AFP à Ajaccio. "Nous avons récupéré un outil de travail qui appartient à la Corse et nous le rendons à la Corse", a-t-il ajouté. En fin d'après-midi, le navire se trouvait en pleine mer, sous la surveillance étroite des forces de l'ordre maritimes. Le parquet de Marseille a confié à la gendarmerie maritime une enquête pour "détournement de navire", un crime passible de 20 ans de réclusion criminelle. Le STC avait déposé la semaine passée un préavis de grève, menaçant de blocus les ports de Corse en cas de privatisation de la SNCM. Ces réactions virulentes de la part des marins de la SNCM font suite à l'annonce, par le gouvernement, de la reprise totale de la société publique maritime par le fonds d'investissement Butler Capital Partners. Ce dernier était jusqu'alors en lice avec un autre fonds, Caravelle. Butler proposait au gouvernement d'investir 35 millions d'euros alors que Caravelle proposait 20 millions d'euros et demandait au gouvernement d'investir 155 millions d'euros. En contrepartie de l'investissement de Butler, l'Etat mettra la main à la poche à hauteur de 113 millions d'euros pour recapitaliser la société. Par ailleurs, la reprise de la SNCM s'accompagnera d'un plan social entraînant 350 à 400 suppressions d'emplois sur les 2.400 que compte la société. Ce plan devrait être intégralement financé par l'Etat.Cette reprise intervient alors que la SNCM est au bord de la faillite après une dégradation de sa situation financière depuis deux ans. En 2004, la société maritime a accusé une perte nette de 29,7 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 193,5 millions d'euros, qui avait tout de même reculé de 11%.

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