"Il y a des signes d'optimisme outre-Atlantique"

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latribune.fr- Les résultats de fin d'année des entreprises américaines vous ont-ils convaincu ?Jean-Charles Naudin- Mon sentiment est qu'en nombre, les résultats ont été un peu meilleurs qu'attendu, alors qu'en masse ils semblent un peu en-dessous des prévisions. Mais c'est surtout AMD qui paraît avoir eu un fort impact sur les publications du segment technologique. Pour le reste, il n'y a pas vraiment eu de mauvaises surprises. La visibilité sur les entreprises américaines est d'ailleurs globalement assez bonne. Elles n'ont actuellement qu'une idée en tête : ne pas surprendre l'actionnaire. Il n'y a pas eu en 2004 les lourdes provisions puis les reprises qui avaient touché les comptes de 2002 et 2003.Les prévisions sont tout de même assez prudentes à l'abord de 2005...Cela n'a rien d'étonnant. C'est un peu la coutume depuis 2 ou 3 ans. L'an passé par exemple, le phénomène avait été vraiment exagéré avec des pronostics très réservés, puis des révisions à la hausse progressives. Pour 2005, malgré les prévisions timides, il y a des signes d'optimisme outre-Atlantique. La croissance de l'économie reste vigoureuse, les entreprises se sont assainies et dégagent du cash-flow. Enfin, il y a la reprise des fusions-acquisitions. On ne se lance pas dans des opérations de rachat lorsque l'on pense que l'avenir est bouché. Les restructurations, notamment sur le plan des ressources humaines, sont plus faciles à mener en période de croissance. La baisse des marchés depuis le début de l'année est-elle alors exagérée ?Cette correction est surprenante. On peut bien sûr la justifier par divers facteurs: la hausse de l'indice des prix à la production peut faire craindre pour les marges, le pétrole reste cher, la résorption du déficit commercial ne semble toujours pas être la priorité de George Bush, l'emploi est décevant (la question est d'ailleurs de savoir si les entreprises vont de nouveau embaucher). Bref, il n'y a pas de raisons d'attendre de fortes révisions à la hausse des bénéfices. Il n'en demeure pas moins que les résultats devraient légèrement progresser. Les marchés devraient donc afficher une hausse contenue sur l'année. Probablement voisine de 10%, que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe. Mais en Europe, il s'agira plus d'un rattrapage des niveaux de valorisation.Que faudra-t-il surveiller cette année ?Nous restons positif sur le secteur pétrolier car nous n'anticipons pas de détente des prix du brut. Nous privilégions aussi les secteurs de l'assurance, des télécommunications ou de la construction. Pour que les investisseurs retournent vers les actions, il faudra que les marchés de taux s'avèrent moins attrayants. La situation géopolitique aura aussi son importance. Si la stabilité revient, elle devrait profiter aux actions. Bien qu'elle ait tendance à s'estomper, il ne faut pas oublier que l'aversion au risque est toujours présente. La prime de risque sera donc le moteur des actions. C'est la confiance qui jouera.

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