Coup de foudre sur l'Eurolist

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A l'heure où Google fait tourner la tête des investisseurs américains, de ce côté-ci de l'Atlantique aussi les épargnants et les institutionnels ont retrouvé les yeux de Chimène pour tout ce qui revêt les habits brillants d'Internet. Ils ont ainsi succombé aux charmes du site de rencontres Meetic, dont l'introduction, jeudi dernier, sur l'Eurolist, a rencontré un vif succès. La demande a excédé plus de douze fois le nombre de titres proposés! Cet afflux de prétendants lui a assuré une première séance de cotation idyllique: ainsi courtisée, l'action, dont le prix avait déjà été fixée dans le haut de la fourchette suggérée par les banquiers introducteurs, a bondi de près de 10%. La lune de miel s'est poursuivie vendredi: le titre s'est encore octroyé 4%. Coup de foudre irrationnel ou investissement mûrement réfléchi? Meetic ne manque pas d'attraits. Le site n'a que quatre ans d'existence mais revendique le rang de numéro un européen - que l'américain Match.com continue de lui contester avec vigueur. Surtout, la société peut se targuer à la fois d'une croissance forte et d'une rentabilité élevée - autrement dit allier la beauté et l'intelligence aux yeux des boursiers! Le chiffre d'affaires galope à plus de 100% et la marge nette dépasse 12%, dans un métier qui requiert peu d'investissement capitalistique et génère une abondante trésorerie. Ne croyez pas à une tocade. Les investisseurs se sont aussi épris, il y a deux semaines, de la plus prosaïque Rue du Commerce, "dotcom" elle aussi rentable. La première rencontre entre le site de vente en ligne de produits high-tech et le marché a provoqué autant d'étincelles que celle de Meetic: là aussi, l'offre a été souscrite près de douze fois et le titre s'est envolé de 11,5% pour ses premiers pas, malgré un prix arrêté en haut de fourchette. Les premières effusions passées, la love story perdure: Rue du Commerce conserve une avance de 7,5% en quinze jours. La radio, même parée des habits neufs de la TNT, n'a pas le même sex-appeal. L'introduction de NextRadioTV, la maison-mère de RMC et BFM, a tourné au rendez-vous manqué. Certes, la demande a été couverte - celle des particuliers tout juste, celle des institutionnels trois fois. De plus, le prix a été fixé en milieu de fourchette, preuve de la tiédeur des sentiments des investisseurs. La rupture était consommée dès la toute première séance, au cours de laquelle l'action a tout de suite baissé. Depuis, elle accuse déjà un repli de 6,6% par rapport à son prix initial... On ne peut toutefois blâmer les investisseurs, rebutés par l'ampleur des pertes cumulées de la chaîne BFM TV, pas encore lancée, au cours des cinq prochaines années - 24 millions d'euros que NextRadio est venu financer en Bourse. Le marché demande à voir avant d'aimer...

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