Linux : la liberté n'a pas de prix mais elle a un coût

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Le logiciel libre est anxiogène! Munich, ville laboratoire de la migration à grande échelle de l'informatique d'une administration vers Linux, a annoncé que la transition n'aurait pas lieu en 2005 comme prévu depuis trois ans, mais en 2006. Motif invoqué: l'angoisse des employés de la municipalité. Ils craignent que plus rien ne marche lors du passage des 14.000 postes des administrations de la ville du système d'exploitation Windows NT 4.0 de Microsoft vers Linux et de la suite logicielle bureautique Microsoft Office vers OpenOffice... Du coup, la capitale bavaroise a décidé de prolonger la phase pilote et évoque des solutions mixtes qui consisteraient à garder Windows sur certains postes, qu'on se contenterait d'équiper d'OpenOffice. Et elle prévoit de faire migrer d'abord quelques postes par division, pour faire rentrer le logiciel libre progressivement dans les moeurs. C'est dire que la liberté ne se gagne pas en un jour. Ce que l'on a tendance à oublier quand on parle de logiciels libres. A priori, choisir une solution Open Source, pour un gouvernement, un service public, une administration, c'est: économiser le prix des licences payés à l'inévitable Microsoft, pour Windows; éviter le "racket" récurrent des mises à jour et du passage aux nouvelles versions; garder toute son indépendance pour ses développements futurs plutôt que d'être pieds et poings liés face à un quasi-monopole privé; mieux se garder - peut-être - des virus dont le monde Microsoft est la cible privilégiée. Bref, c'est un acte de gestion avisé des intérêts et des deniers publics, à mettre en oeuvre sans tarder. Le déferlement du "libre" semble d'ailleurs une lame de fond. La ville de Vienne s'y est ralliée en juillet. Celle de Bergen en Norvège aussi, tout comme l'Etat du Massachusetts.Mais la place conquise par Microsoft est telle que la rupture se révèle source d'inquiétude et de difficultés pour les futurs utilisateurs d'un autre système. Aujourd'hui, on arrive en général sur le marché du travail en sachant saisir un texte sous Word, créer un tableau sous Excel... Passer aux logiciels libres implique des formations. Leur coût avait été évalué à quelque 20 millions d'euros pour Paris, un montant qui a calmé l'ardeur des élus parisiens pour Linux l'an passé. L'annonce de Munich illustre les difficultés de mise en oeuvre. Microsoft a beau jeu de s'engouffrer dans la brèche et de faire remarquer que le coût de ses licences supporte largement la comparaison avec les coûts d'intégration, de maintenance et de formation induits par le passage au "libre". Surtout que le géant du logiciel est prêt, pour garder un marché, à casser les prix de ses licences, pour rendre le coût de la servitude aussi attractif que celui de la conquête de la liberté. Mais la liberté, on le sait, n'a pas de prix...

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