Quand Apple laisse Microsoft endosser le rôle du gentil...

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C'est un fait, pour qui les a testés, les produits "musique" d'Apple - son logiciel d'écoute iTunes, sa boutique de téléchargement, iMusic Store et surtout son baladeur iPod - sont a peu près ce qui se fait de mieux dans le genre, de plus ergonomique et simple d'utilisation. Sauf que... la musique achetée sur tout autre site que le Music Store d'Apple est illisible sur un iPod. A l'inverse, aucun autre baladeur ne peut lire la musique achetée sur l'iTunes Music Store. Et ça commence à agacer sérieusement les consommateurs et le monde de la musique.Devenu objet-culte, l'iPod asseoit Apple sur une part de marché de 70% dans les baladeurs numériques. Et l'iTunes Music Store est le numéro 1 des sites de vente en ligne avec 65% du marché, grâce surtout à sa position aux Etats-Unis. Fort de ses résultats, Apple s'enferme dans un splendide isolement, refusant de licencier son format pour le rendre lisible sur d'autres matériels que les siens, et le faire vendre dans d'autres magasins que le sien. Sourd aux appels des producteurs de musique, des autres plates-formes en ligne et des constructeurs de baladeurs pour évoluer vers l'interopérabilité des formats, indifférent aux plaintes des consommateurs, Apple a vendu son dix millionième iPod, en élargit la gamme et refuse toute concession.Microsoft s'engouffre dans la brèche: il vient de lancer une campagne baptisée "playforsure". L'opération consiste à tester dans un centre d'essai tous les baladeurs du marché, pour vérifier leur capacité à lire le format de gestion des droits numériques de Microsoft, WMA, utilisé par la majorité des boutiques en ligne. Un logo "playforsure" est ensuite apposé dans les magasins sur les baladeurs et attribué aux plates-formes compatibles, sur le Net. Voilà Microsoft dans le rôle de l'ami du consommateur, attentif à lui éviter les mauvaises surprises. Et Apple dans celui du vil marchand, préoccupé d'écouler ses iPod.Pourtant, il y a un an encore, en lançant sa boutique en ligne, la firme à la pomme annonçait à l'industrie musicale, à ses artistes, qu'elle avait su rendre l'expérience du téléchargement légal d'un titre très supérieure au vagabondage sur les sites d'échange gratuit. Bref, Apple apportait à la musique, à ses créateurs et ses producteurs une juste rémunération sur le Net, et au consommateur une boutique en ligne sécurisée, rapide, agréable. Avec l'iPod, il lui permettait de la transférer sur un objet petit et joli, à l'ergonomie sans pareil. Des solutions élégantes, créatives, pensées pour l'usager. A cent lieues du rigide système de DRM (gestion des droits numériques), avec lequel Microsoft courtisait les majors du disques, leur offrant de sécuriser l'encodage de leurs titres au détriment des facilités d'usage, de copie, de transfert pour le consommateur.Apple attend-t-il de voir la part de marché de l'iPod s'éroder pour ouvrir son format? Tout le monde veut le croire, mais s'inquiète d'une stratégie qui par le passé, a déjà marginalisé son système d'exploitation, le Mac OS. Microsoft, qui en a profité pour conquérir la planète avec Windows, peut attendre son heure en souriant au consommateur.

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