Israël poursuit ses frappes sur le Liban sans pour autant exclure une solution diplomatique

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Malgré la poursuite de l'offensive sur le Liban, Israël n'écarterait pas totalement une solution diplomatique à la crise. "Lorsque j'entends ce qui se passe (au sujet des civils tués en Israël), mon instinct me pousse à tout casser mais mon esprit, ma raison, me force à agir avec responsabilité car en fin de compte, les combats vont se terminer grâce à la diplomatie avec des États amis avec lesquels nous sommes en contact", a déclaré le Premier ministre israélien Ehud Olmert à ses ministres, selon les médias. Le ministre israélien de la défense, Amir Peretz, a quant à lui affirmé un peu plus tôt que son pays "accepterait uniquement un déploiement de l'armée libanaise" à la frontière internationale, redisant que l'armée ne tolérerait pas le retour dans ce secteur des combattants du Hezbollah. Depuis le retrait israélien du Liban sud en 2000, les combattants du Hezbollah sont déployés à la frontière avec Israël. Une résolution de l'ONU adoptée en 2004 appelle au désarmement du mouvement politique chiite libanais.Selon un haut responsable de la formation chiite, le Hezbollah n'acceptera qu'un cessez-le-feu sans condition avec Israël: "Toute condition pour un cessez-le-feu est inacceptable. Tout cessez-le-feu ne doit être assorti d'aucune condition, quelles que soient les pressions" sur le Hezbollah. Le Premier ministre israélien Ehud Olmert avait en effet posé vendredi trois conditions à un cessez-le-feu au Liban : la libération de deux soldats enlevés, l'arrêt des tirs de roquettes et l'application d'une résolution des Nations unies sur le désarmement du Hezbollah. Le Conseil de sécurité de l'ONU doit reprendre dans la journée ses consultations au lendemain de l'appel des dirigeants du G8 - actuellement réunis à Saint-Pétersbourg- à tous les protagonistes à "cesser les hostilités pour enrayer la spirale de violence au Proche-Orient".De son côté le président Jacques Chirac, qui a appelé dimanche à un cessez-le-feu durable au Proche-Orient et au rétablissement de la souveraineté du gouvernement libanais sur la totalité de son territoire, y compris le Sud contrôlé par le Hezbollah, a décidé d'envoyer le premier ministre français sur place. Dominique de Villepin a quitté ce matin Paris pour Beyrouth afin d'exprimer à son homologue libanais Fouad Siniora "le soutien de la France". Accompagné du chef de la diplomatie Philippe Douste-Blazy, il examinera le dispositif d'évacuation des Français voulant quitter le Liban et les moyens militaires en cours d'acheminement vers Chypre. Les premiers ressortissants français évacués par le dispositif mis en place par le gouvernement devraient embarquer lundi dans l'après-midi à bord d'un ferry civil d'une capacité de 1.000 places, pour rejoindre Chypre, puis la France grâce à des vols spéciaux. Selon l'ambassadeur français à Beyrouth Bernard Emié, 2.000 à 2.500 personnes ont déjà demandé à quitter le Liban sur les 17.000 résidents qui y vivent et les 4.000 à 7.000 touristes de passage.Les combats s'intensifientPendant ce temps, le Liban a continué d'être la cible des raids israéliens répliquant aux tirs de plus de trente roquettes du Hezbollah sur Israël. Cinq roquettes tirées depuis le sud du Liban se sont abattues dans divers quartiers de la ville de Haïfa, troisième ville Israélienne avec 275.000 habitants. Selon des sources policières, aucun blessé n'est a déploré. Par ailleurs des roquettes ont touché les villes de Safed et Carmiel en Galilée et sur le sud du plateau du Golan.Au sixième jour de l'offensive israélienne, l'armée a intensifié ses raids contre de nombreux objectifs dont le port de Beyrouth tuant ainsi au moins 25 personnes. Elle a mené une soixantaine de raids au Liban contre des positions et des institutions du Hezbollah, des dépôts d'essence, des stations radars, des bases de l'armée libanaise, des ponts et des routes. Les bombardements continuent a cibler plus particulièrement la banlieue sud de Beyrouth, où se trouve le quartier général du Hezbollah qui a été complètement détruit pendant le week-end. L'opération israélienne, la plus violente depuis l'invasion du Liban en 1982, a coûté la vie à au moins 164 civils et à 12 soldats, et blessé plus de 400 personnes depuis son lancement le 12 juillet en riposte à la capture de deux soldats israéliens par le Hezbollah et la mort de huit autres à la frontière."Nous allons utiliser tous les moyens" dans la confrontation avec Israël, a lancé dimanche le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah. "Puisque l'ennemi n'observe plus de ligne rouge, nous n'avons plus de ligne rouge non plus", a-t-il averti, après avoir déclaré samedi "une guerre ouverte" à Israël.L'armée israélienne mène par ailleurs une offensive militaire dans la bande de Gaza où deux Palestiniens ont été tués lundi portant à au moins 85 morts le bilan de cette opération destinée à retrouver un soldat israélien capturé par des groupes armés palestiniens le 25 juin. Le sud d'Israël a été en outre la cible de roquettes tirées à partir de la bande de Gaza.Les Émirats Arabes unis apportent aussi leur soutien financierLes Émirats arabes unis ont annoncé lundi une aide de 20 millions de dollars au Liban, portant à 90 millions de dollars l'assistance promise par trois monarchies pétrolières du Golfe, après l'appel lancé par le gouvernement libanais à l'aide internationale. Selon l'agence officielle Wam, le président émirati, cheikh Khalifa Ben Zayed Al-Nahyane, a ordonné d'allouer 20 millions de dollars pour une assistance médicale et de secours d'urgence à apporter au peuple libanais afin d'"alléger ses souffrances en raison de l'agression israélienne". Dimanche, l'Arabie saoudite et le Koweït ont annoncé des aides d'urgence au Liban d'un montant respectivement de 50 millions de dollars et de 20 millions de dollars. Le ministre libanais des Finances, Jihad Azour, a estimé dimanche à plus d'un demi-milliard de dollars les pertes directes infligées à l'économie libanaise depuis le début de l'offensive israélienne mercredi.

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