Les marchés en voie de stabilisation

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Que vont faire les banques centrales ? Les marchés vont tenter de confirmer leur stabilisation cette semaine, en guettant tous les indices pouvant laisser espérer un répit sur les taux d'intérêt. Dans cette attente, les places asiatiques se sont bien comportées ce lundi. Si Tokyo n'a progressé que de 0,32%, Hong Kong a fait beaucoup mieux: l'indice Hang Seng a gagné 2,9% à 23.577,73 points, repassant ainsi au-dessus de la barre psychologique des 23.000 points. Et Shanghai, de son côté, a enregistré son sixième record historique successif, gagnant 0,83% à 5.150,12 points. "Personne n'est prêt à dire que la crise du crédit est terminée, mais un semblant d'ordre est revenu sur les marchés" la semaine dernière, estime Derek Burleton, de TD Bank Financial Group. "Les Bourses se sont reprises, entraînées par celles qui avaient souffert les plus grosses pertes pendant la débâcle, notamment le Nikkei au Japon (+6,4%) et le CAC en France (+3,2%)", a-t-il ajouté.Ce retour au calme s'explique notamment, relève l'économiste, par les injections massives de liquidités de la part des banques centrales tout au long de la crise. Après l'intervention de la Fed sur son taux d'escompte, la Banque centrale européenne (BCE) pourrait voir la pression s'accentuer pour qu'elle ne relève pas ses taux en septembre, mais les analystes jugent que cela aura sans doute peu d'effets si la banque est déterminée à resserrer sa politique monétaire.Cependant, "si les turbulences demeurent sur les marchés et de nouvelles perturbations émergent, une hausse des taux de la BCE pourrait devenir moins probable", commente Elga Bartsch, de la banque Morgan Stanley.Aux Etats-Unis, "les marchés attendront impatiemment le discours de Ben Bernanke vendredi pour se faire une idée de la politique de la Réserve fédérale", soulignent les analystes de Lehman Brothers. Le président de la Fed doit consacrer son discours annuel à l'occasion du symposium de Jackson Hole (ouest) à "l'immobilier et la politique monétaire".Mais les analystes mettent en garde contre des attentes disproportionnées. A moins d'une "nouvelle perturbation majeure" sur les marchés, "Bernanke évitera d'envoyer le moindre signal sur la politique monétaire", concluent les analystes de Lehman Brothers. Mardi, un influent sénateur américain avait donné aux marchés des raisons d'espérer en affirmant, à l'issue d'un entretien avec M. Bernanke, que celui-ci était prêt à utiliser "tous les outils à sa disposition" pour soulager la crise.La Fed a jusqu'à présent réussi à échapper à la pression des marchés, qui la poussent à baisser son taux directeur afin d'estomper les craintes sur une raréfaction du crédit. Le "Fed funds" est actuellement fixé à 5,25%. Elle a pour cela utilisé un large éventail de mesures, de la baisse de son taux d'escompte aux injections répétées de liquidités. Les grandes banques américaines ont obligeamment emprunté au taux d'escompte, et peut-être la banque centrale pourra-t-elle s'en tenir à ce genre de moyens sans recourir à la dernière cartouche que serait une baisse du Fed Funds.Tout dépendra de la nervosité des marchés, et de ce point de vue les indicateurs macroéconomiques prendront une importance toute particulière. Car même si les derniers indices ont été bons (avec une hausse inattendue des ventes de logements neufs et un bond surprise des commandes de biens durables en juillet), ils datent d'avant la crise financière. Et la grande crainte aujourd'hui est que les récentes turbulences n'aient fini par miner une économie qui était décemment robuste. La semaine débutera avec une série de chiffres eux aussi un peu dépassés: reventes de logements existants, révision du produit intérieur brut (sans doute en forte hausse), revenus et dépenses des ménages, etc. Mais les premiers indices pour août commenceront aussi à tomber avec mardi la confiance des consommateurs et vendredi l'indice d'activité industrielle de Chicago.

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