Le Financial Times conteste la candidature de Strauss-Kahn à la tête du FMI

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"Le Fonds a besoin d'une personne intellectuellement crédible à sa tête. Mais personne ne peut soutenir que M. Strauss-Khan est le candidat le plus qualifié dans le monde de par son expérience, son intelligence ou sa formation", estime le Financial Times dans son éditorial de ce mardi. Il regrette que les pays de l'Union européenne lui aient apporté leur soutien, qualifiant le Français de "mauvais candidat" au poste de directeur général du Fonds monétaire international (FMI). Le FMI ne contrôlera bientôt plus que le vingtième des réserves monétaires mondiales, son action ne repose donc plus que sur sa "légitimité politique" et son "autorité intellectuelle", affirme le quotidien britannique.En affirmant qu'une de ses priorités serait de "combler l'écart entre pays riches et pays pauvres", Dominique Strauss-Khan (DSK) semble plus "être candidat à la présidence de la Banque mondiale" qu'à celle du FMI, juge le quotidien qui rappelle que "le rôle du FMI est la stabilité macroéconomique". DSK s'est en effet positionné comme le "candidat de la réforme". Pour que cette institution "soit adaptée" au monde, indique l'ancien ministre français des Finances, il faut "faire évoluer ses politiques pour assurer, dans la mondialisation, sa mission qui est de garantir la stabilité financière", mais aussi mettre en oeuvre "une gouvernance nouvelle renforçant la voix des pays émergents et des pays pauvres" et "renouveler ses moyens d'action pour les rendre plus efficaces et plus soucieux de la diversité des situations". Ce n'est pas la première remise en cause de la candidature de Dominique Strauss-Khan. Samedi, dans le même journal, le directeur exécutif du FMI pour la Russie, Alexei Mojine, avait affirmé qu'il n'y avait "rien dans le curriculum vitae de M. Strauss-Khan qui montre clairement qu'il a les qualités techniques pour accomplir le travail", le décrivant au passage comme un "homme politique de métier" et doutant que sa candidature, soutenue par l'Union européenne, soit la meilleure. Des critiques jugées "déplacées" par Christine Lagarde, ministre de l'Economie et des finances: "je crois qu'ils (NDLR : les Russes) devraient rencontrer M. Strauss-Kahn et juger, à la vue de ses qualités, si leurs commentaires n'étaient pas complètement déplacés. Il est très étrange de mettre en doute sa capacité et ses qualités pour ce poste", a-t-elle déclaré lundi. Avant d'ajouter : c'est "un excellent économiste, un superbe meneur d'équipes" qui "comprend les problèmes mondiaux", "prend ce travail très au sérieux et a passé les soixante derniers jours à rencontrer les ministres des Finances, les gouverneurs des banques centrales et les chefs d'Etat qui voulaient le rencontrer, pour expliquer comment il conçoit le futur FMI et les réformes nécessaires". Le Financial Times critique aussi la méthode de désignation du directeur général du Fonds : "les pays émergents ne comprennent plus pourquoi les Européens devraient décider qui a le pouvoir de leur dicter ce qu'ils doivent faire en cas de crise, comme si leurs vieux empires existaient toujours". Selon une règle tacite, l'Europe désigne le directeur général du FMI tandis que les Etats-Unis choisissent le président de la Banque mondiale.Outre DSK, l'ancien ministre tchèque, Josef Tosovsky, soutenu par la Russie, est également officiellement candidat à la direction du FMI. Ils seront tous deux auditionnés au siège de l'institution après le 31 août, date limite pour le dépôt des candidatures.

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