Le "pari de la croissance" du gouvernement est risqué, selon Gilles Carrez

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Le rapporteur du budget UMP à l'Assemblée nationale, Gilles Carrez n'aborde pas l'avenir avec un grand enthousiasme. Dans une interview au Parisien, le député du Val-de-Marne considère que "le pari de la croissance" du gouvernement basé sur le recours aux heures suplémentaires grâce à un dispositif fiscalo-social généreux pour les employeurs et les salariés "porte des aléas". Et "l'année 2008 sera l'année de vérité". En effet, comment être sûr que le choix " de développer la production de richesse en encourageant le travail au travers notamment des heures supplémentaires" se concrétisera ? Le gouvernement mise sur le développement du travail pour "faire passer la croissance annuelle de 2% à 2,5% voire 3%", rappelle Gilles Carrez, seul moyen de trouver les recettes supplémentaires pour financer à la fois le "paquet fiscal" et le surplus de dépenses - "de l'ordre de 5 milliards d'euros en 2008".Le paquet fiscal adopté début août par le Parlement et vivement critiqué par la gauche va coûter très cher aux finances publiques. L'exonération des heures supplémentaires, la déduction des intérêts d'emprunts pour l'achat d'une résidence principale, l'allègement des frais de succession et donation, le bouclier fiscal à 50% des revenus et la réduction de l'ISF pour investissement dans les PME coûtera à l'Etat 10 à 11 milliards d'euros en 2008 et "13 à 14 milliards d'euros par an à l'horizon 2009-2010", précise le rapporteur du budget à l'Assemblée. Mais ce n'est là qu'une estimation. "Le chiffrage de la mesure la plus importante, c'est-à-dire l'exonération des heures supplémentaires, est difficile dans la mesure où les évaluations du nombre d'heures supplémentaires varient entre 500 et 900 millions" estime Gilles Carrez. Soit près du simple au double.Autre source d'inquiétude: le paquet fiscal, qui vise à "distribuer du pouvoir d'achat", risque de "creuser le déficit commercial" en augmentant les importations. Or, celui-ci ne cesse de s'enfoncer dans le rouge. Si bien que pour le député UMP, le gouvernement doit "continuer à réduire le déficit" budgétaire en maîtrisant les dépenses de l'Etat mais surtout en s'attaquant "à la réforme de l'assurance maladie et des régimes de retraites" tant "le creusement des comptes sociaux est préoccupants".

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