Les chaînes et radios publiques en grève pour 24 heures

Les tranches d'information matinales de France Info, France Culture et RFI n'ont pas été diffusées ce mercredi. Un appel à la grève de vingt-quatre heures avait été lancé mardi par les salariés pour exprimer leurs inquiétudes à propos de l'audiovisuel public. France 3 Toulouse était fortement mobilisée.

C'est un réveil en musique classique auquel les auditeurs de France Info, France Culture et RFI ont eu droit ce mercredi matin à 7 heures au lieu des programmes d'information habituels. Ces radios du service public ont en effet suivi l'appel à la grève de vingt-quatre heures lancé mardi. Il ne s'agit pas de la question des 35 heures mais des inquiétudes des salariés à propos de l'audiovisuel public, le jour où la commission Copé rédige ses conclusions sur le sujet.

Les programmes de l'audiovisuel public ont été perturbés par la grève. Sur France 3, les rendez-vous d'information de la soirée devaient être remplacés par des "tout images". Pour ce qui est des antennes régionales, des salariés de France 3 Alsace ont symboliquement "enterré" leur antenne à Strasbourg. A Toulouse, des banderoles ("France 3, ma télé assassinée", "France 3, Sarkozy m'a tuer") ont été déployées sur des ponts de la rocade. A Brest, des salariés ont organisé "un tour de France... 3", une dizaine de cyclistes ayant revêtu des maillots aux couleurs des différentes chaînes de télévision. TF1 et M6 ont couru en tête et les télévisions publiques en queue, a raconté un syndicaliste. Dans l'après-midi, le pourcentage de grévistes a atteint 50%, selon la direction de France 3, contre "un peu plus de 40%" pour l'ensemble de France Télévisions.

A Radio France, il y avait dans l'après-midi plus de 19% de grévistes, selon la direction. Toujours selon la direction, RFI comptait 30% de grévistes et l'INA entre 10 et 15%.

Cet appel concernait les salariés de France Télévisions, Radio France, RFI, l'Institut National de l'audiovisuel et TV5 Monde appelés aussi à manifester à Paris ce mercredi après-midi. Selon les premiers chiffres, ils étaient ainsi plusieurs milliers (4.000 selon les organisateurs, 2.000 selon la police).

Une mobilisation pour les mêmes raisons était survenue le 13 février dernier et son ampleur s'était révélée sans précédent depuis l'éclatement de l'ORTF en 1974.

C'est aujourd'hui mercredi que la Commission Copé chargée de redessiner la nouvelle télévision publique sans publicité, tenait une dernière réunion plénière dans la matinée avant de remettre ses conclusions le 25 juin prochain au président de la République. Lundi, la commission, dirigée par le président du groupe UMP à l'Assemblée, Jean-François Copé, a auditionné les dirigeants de France Télévisions et les représentants de l'intersyndicale. Mais ces derniers ont vite quitté les lieux, estimant que l'"on assistait en fait à la restructuration pure et simple de l'ensemble de l'audiovisuel visant à sa concentration pour sauver les soldats TF1 et M6".

En réponse à la proposition de la commission de créer un nouveau modèle pour France 3, à savoir la mise en place d'un réseau de chaînes régionales - sept au total, contre treize actuellement - avec un décrochage national, au lieu d'un réseau national avec des décrochages en région, le patron de France Télévisions, Patrick de Carolis a exprimé son désaccord.

Il s'est "démarqué de la proposition visant à transformer France 3 en sept antennes régionales". Il préfère "s'appuyer sur la force du réseau de France 3 pour développer une télévision faisant une large place à l'information, aux services et au sport, tout en maintenant une antenne nationale France 3 à part entière".

Les cinéastes ont de leur côté publié ce mercredi une tribune dans le quotidien "Libération" critiquant vertement la politique audiovisuelle du gouvernement, qui fait fi de l'"intérêt général" mais se montre d'"une bienveillance extrême" à l'égard des chaînes privées.

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