Illusions perdues

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Est-ce qu'il y a une machination au pays de l'oncle Sam ou bien est-ce la malchance qui guide les pas du jeune Karl? Le spectateur est saisi par cette question tout au long des périples de l'adolescent. Du paquebot de Staten-Island jusqu'à la troupe de théâtre au fin fond de l'Oklahoma, Karl va de déconvenue en déconvenue. Tout commence chez lui, en Allemagne, où abusé par une domestique, il est chassé par ses parents. Son oncle américain lui tend la main. Ca ne dure pas pour. Il finit par le renier. Et ceux qu'il pensait être ses compagnons de route, en fait ne cherchent qu'à lui nuire. La naïveté et l'innocence du jeune âge de Karl provoquent chez les hommes et les femmes qu'il croise désir et haine. Assez rapidement, c'est comme si la terre entière se liguait contre lui. La mis en scène montre bien comment il est englouti dans le système américain où le temps c'est de l'argent, où le gain et le profit priment sur la dignité humaine. Dans cette Amérique qui a soif d'or et de pétrole, Karl ne peut que fuir pour sauver sa peau. Le jeune homme se défend comme il peut et apprend à s'endurcir sans que sa légèreté et sa foi en l'avenir en soient ébranlées. L'interprétation du jeune comédien Lazare Herson-Macarel est à saluer. Il incarne avec justesse ce Karl Rossmann dans sa course contre la montre, contre la mort. La mise en scène de Nicolas Liautard, très photographique, privilégie les mouvements de va-et-vient pour bien montrer l'ébullition menaçante de cette Amérique en proie à une frénésie industrielle. Et les jeux de lumières, les postures des personnages et les costumes concourent à la réussite de ce spectacle à la vigueur salutaire. Jusqu'au 22 juin, au Théâtre de la Tempête - Cartoucherie, Route du Champ de Manoeuvre à Paris (75012). Réservation: 01 43 28 36 36.

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