Le paquet financier vise des secteurs identifiés comme fondamentaux pour la croissance libérienne, à savoir l’énergie, le transport et le digital.
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Dans de nombreux pays ouest-africains, le déficit en infrastructures essentielles continue de freiner la croissance. Les politiques publiques misent de plus en plus sur des investissements structurants et intégrés pour accélérer le développement.
Le gouvernement libérien et la Banque mondiale ont signé trois accords de financement pour un montant total de 125 millions USD (environ 108,3 millions d’euros), destiné à renforcer les infrastructures énergétiques, accélérer la transformation numérique et améliorer la connectivité routière du pays. La signature, effectuée le vendredi 5 juin, s’inscrit dans le cadre d’un partenariat élargi couvrant des programmes structurants pour le développement économique du Liberia.
Le paquet financier est articulé autour de trois interventions complémentaires, à savoir le programme régional d’intégration numérique en Afrique de l’Ouest (WARDIP 2), le projet d’intervention d’urgence pour l’énergie solaire (RESPITE), et un financement additionnel pour le projet de gestion du corridor routier du sud-est (SECRAMP). L’ensemble vise des secteurs identifiés par les autorités comme fondamentaux pour la croissance, à savoir l’énergie, les infrastructures de transport et le digital.
Des investissements énergétiques et productifs
Le volet énergie représente la part la plus importante, avec 57 millions USD (environ 49,4 millions d’euros) alloués au projet RESPITE. Ce financement doit soutenir l’extension des capacités renouvelables libériennes, notamment le passage du parc solaire de 20 à 30 MW, l'optimisation du barrage hydroélectrique de Mount Coffee, et le déploiement de systèmes de stockage par batteries pour renforcer la stabilité de l’approvisionnement électrique. L’objectif est d’accroître l’accès à une électricité plus abordable et plus fiable, dans un contexte où les limites du réseau freinent encore l’activité économique et les services essentiels.
Le programme numérique WARDIP 2 bénéficie de 50 millions USD (environ 43,3 millions d’euros) pour étendre la connectivité haut débit à travers le pays. Il prévoit aussi le renforcement de la cybersécurité, la modernisation de la gouvernance digitale, le soutien à l’innovation et à l’entrepreneuriat, ainsi que le développement des services de commerce électronique et de paiement digital. L’initiative s’inscrit dans une stratégie visant à réduire la fracture numérique et à intégrer davantage de citoyens et d’entreprises dans l’économie digitale régionale.
Le troisième axe concerne les infrastructures routières, avec 18 millions USD (environ 15,6 millions d’euros) pour le projet SECRAMP. Ce financement doit permettre d’achever les travaux sur le corridor stratégique Ganta – Tappita, long d’environ 100 kilomètres, destinés à améliorer la mobilité dans le sud-est du pays. Le projet vise à réduire les coûts et les temps de transport, tout en facilitant l’accès aux marchés et aux services sociaux essentiels pour les communautés locales.
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Un agenda de transformation
Lors de la cérémonie de signature, le ministre libérien des Finances, Augustine Kpehe Ngafuan, a qualifié l’accord de jalon important pour l’agenda de développement du pays, soulignant le rôle central de ces investissements dans la création d’emplois et l’amélioration des conditions de vie. Il a également salué le soutien de la Banque mondiale et de sa représentante au Liberia, Georgia Wallen, dont l’implication a été jugée déterminante dans la finalisation des trois projets.
Pour la Banque mondiale, ces financements s’inscrivent dans une logique de transformation structurelle, combinant accès à l’énergie, inclusion numérique et désenclavement physique. Les autorités du pays ouest-africain et l’institution financière internationale estiment que ces trois piliers constituent des fondations essentielles pour stimuler une croissance inclusive et renforcer la résilience économique.
Au-delà des annonces financières, la mise en œuvre effective des projets sera déterminante pour mesurer leur impact réel, notamment en matière d’accès à l’électricité, de réduction de la fracture numérique et d’amélioration de la connectivité interne.