Le financement cible des infrastructures essentielles, notamment les routes, les écoles et les structures sanitaires, avec l’objectif de rétablir l’accès aux services publics de base dans des territoires particulièrement touchés.
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Après le séisme d’Al Haouz en 2023, la reconstruction des infrastructures du Haut Atlas mobilise de nouveaux financements européens pour rétablir les services essentiels et renforcer la résilience des territoires touchés sur le long terme.
La Banque européenne d’investissement (BEI) mobilise, avec le soutien de l’Union européenne, une nouvelle enveloppe de 578 millions USD (plus de 500 millions d’euros) destinée à accélérer la reconstruction des régions du Haut Atlas marocain touchées par le séisme du 8 septembre 2023. Cette opération s’inscrit dans un engagement plus large de l’institution, qui porte sur un prêt global de 1 milliard d’euros sur plusieurs années en faveur du Royaume chérifien.
L’enveloppe est mise en œuvre en partenariat avec l’Agence de développement du Haut Atlas (ADHA), chargée de piloter le programme de reconstruction dans les zones sinistrées. Les financements ciblent des infrastructures essentielles, notamment les routes, les écoles et les structures sanitaires, avec l’objectif de rétablir l’accès aux services publics de base dans des territoires montagneux particulièrement touchés et difficilement accessibles.
Reconstruire les infrastructures
« Avec cette deuxième tranche de 500 millions d’euros, la BEI porte son engagement en faveur de la reconstruction de la région du Haut Atlas touchée par le séisme à 1 milliard d’euros. Alors que le programme entre dans sa phase de déploiement, ce financement, mis en œuvre en étroite coopération avec les autorités marocaines et avec le soutien de l’Union européenne, permettra la construction d’infrastructures essentielles, plus sûres et plus économes en énergie, adaptées aux besoins de la population », a déclaré le vice-président de la BEI, Ioannis Tsakiris.
Le séisme du 8 septembre 2023 a provoqué des pertes humaines et matérielles importantes, avec plus de 2 900 morts et la destruction ou l’endommagement de dizaines de milliers d’habitations. Les infrastructures rurales ont été particulièrement affectées, dans des zones déjà marquées par des déficits structurels en matière d’accès aux services essentiels. Dans ce contexte, le programme national de reconstruction porté par les autorités marocaines est évalué à près de 11,7 milliards USD (environ 10,15 milliards d’euros). Il vise à reconstruire les zones sinistrées tout en renforçant leur résilience face aux risques naturels, dans une approche moyen et long terme.
Une intervention progressive de la BEI
L’intervention de la BEI s’est déroulée en plusieurs phases successives. Dans les semaines ayant suivi la catastrophe, l’institution a financé des mesures d’urgence, incluant le déblaiement des débris, la mobilisation de matériel et la mise en place de solutions d’hébergement temporaire pour les populations sinistrées. Cette première étape a permis de répondre aux besoins immédiats.
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Une phase intermédiaire a ensuite été engagée à partir de décembre 2023, afin d’assurer la transition entre la réponse d’urgence et la reconstruction structurée, en attendant la montée en capacité de l’ADHA. Elle a permis de préparer les projets et de structurer les interventions dans un cadre de coordination renforcée entre les autorités marocaines et les partenaires internationaux.
La tranche annoncée marque l’entrée dans la phase de déploiement à grande échelle des investissements, avec une montée en puissance des chantiers de reconstruction.
Au-delà du financement, le dispositif comprend un volet d’assistance technique destiné à renforcer les capacités des institutions impliquées, et à améliorer la qualité de mise en œuvre des projets. Il est complété par des subventions de l’Union européenne, en appui à des initiatives locales portées par la société civile dans les zones touchées.
Des investissements orientés vers la résilience et la durabilité
Les investissements sont conçus selon des standards renforcés de résistance sismique et d’efficacité énergétique, en cohérence avec les objectifs du partenariat entre l’Union européenne et le Maroc, notamment dans le cadre de la transition verte. Un volet social est également intégré, avec des actions en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes, ainsi que de l’inclusion dans les domaines de l’éducation, de la santé et des infrastructures publiques.
Pour la BEI, cette nouvelle tranche illustre la continuité d’un engagement de long terme aux côtés de Rabat, combinant financement, assistance technique et accompagnement des politiques publiques. Sur le terrain, l’ADHA souligne que l’enjeu dépasse la simple reconstruction des infrastructures. Il s’agit aussi de restaurer durablement l’accès aux services essentiels et de renforcer la cohésion territoriale dans des zones où l’isolement géographique a amplifié l’impact du séisme.
Dans cette nouvelle phase, la priorité reste la capacité à transformer les engagements financiers en infrastructures concrètes, durables et adaptées aux besoins des populations locales.