A Abidjan, la Bourse régionale des valeurs mobilières couvre les huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine.
BRVM
À la mi-2026, les sociétés cotées à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) d’Abidjan ayant publié leurs comptes 2025 cumulent déjà 15,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Un niveau inédit qui devrait encore progresser avec la publication des résultats des neuf entreprises restantes.
« 38 sociétés cotées de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), le marché financier commun aux huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), ayant déjà rendu publiques leurs performances au titre de l’exercice 2025, totalisent 10236 milliards de FCFA de chiffre d’affaires, soit environ 15,6 milliards d’euros, ainsi que 1648 milliards de FCFA de bénéfice net. Ce chiffre est un record par rapport à ce que ce marché, dans son ensemble, a publié en 2024. Mais lorsqu’on compare uniquement les entreprises ayant déjà annoncé publiquement leurs résultats, ces chiffres traduisent une progression de 7 % du chiffre d’affaires et de près de 14% du bénéfice net. Une évolution qui démontre que la rentabilité des entreprises s’améliore plus rapidement que leur activité, signe d’un renforcement global des marges. Cette évolution est aussi supérieure à la croissance globale de l’économie de la sous-région estimée à la fin de l’année dernière à 6,7%.
Télécoms, banques, groupes français : moteurs de la performance
Les télécommunications et le secteur bancaire concentrent à eux seuls près de 60% du chiffre d’affaires publié. Les opérateurs Sonatel et Orange Côte d’Ivoire dominent le premier segment, tandis qu’Ecobank figure parmi les principaux contributeurs du second. Les banques se distinguent également par la croissance de leurs profits, en hausse de 23 % sur un an.
À côté de ces grandes capitalisations, plusieurs entreprises de taille plus modeste enregistrent les progressions de chiffre d’affaires les plus spectaculaires. C’est notamment le cas de la Société d’Exploitation et d’Administration Aéroportuaire (SETAO), qui double quasiment son activité, ainsi que de la Société Africaine de Fabrication de Cartons (SAFCA), de la Société Ivoirienne des Tabacs (SITAB), de la Société de Limonaderies et Brasseries d’Afrique (SOLIBRA) et de la Société Africaine de Plantations d’Hévéas (SAPH).
La présence des groupes français demeure significative dans ce panorama. Neuf sociétés ayant déjà publié leurs résultats semestriels sont contrôlées ou majoritairement détenues par des intérêts français : Orange Côte d’Ivoire, TotalEnergies Côte d’Ivoire, TotalEnergies Sénégal, Société Générale Côte d’Ivoire, Compagnie Ivoirienne d’Électricité (CIE), Société de Distribution d’Eau de la Côte d’Ivoire (SODECI), SETAO et Servair Abidjan. Ensemble, elles représentent près d’un tiers du chiffre d’affaires déjà communiqué par les entreprises cotées.
Le cas de la CIE et de la SODECI mérite toutefois une précision. Les deux concessionnaires ivoiriens de l’électricité et de l’eau sont contrôlés par Eranove, holding française spécialisée dans la gestion des services publics en Afrique. Eranove est lui-même soutenu par Emerging Capital Partners (ECP), l’un des principaux fonds américains de capital-investissement actifs sur le continent africain. Si l’on ajoute Sonatel, dont Orange SA demeure l’actionnaire de référence, la part des entreprises sous influence française dans le chiffre d’affaires agrégé déjà publié dépasse la moitié du total.
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Des dynamiques différentes selon les secteurs
Les performances demeurent toutefois contrastées selon les secteurs. Les banques continuent d’afficher les marges les plus élevées, conservant près de 30% de leurs revenus sous forme de bénéfices. À l’inverse, les distributeurs de carburants, tels que Vivo Energy et TotalEnergies, évoluent avec des marges très réduites, de l’ordre de 1%, dans un contexte de prix à la pompe réglementés. Par ailleurs, la hausse des bénéfices ne s’accompagne pas d’une progression équivalente des dividendes. Le taux moyen de distribution recule à 42,5%, contre 46% un an plus tôt. Plusieurs entreprises privilégient le renforcement de leurs fonds propres plutôt que la rémunération immédiate des actionnaires. C’est notamment le cas d’Oragroup, redevenu bénéficiaire après une importante perte, mais qui ne prévoit aucune distribution.
Neuf sociétés, dont Africa Global Logistics, Unilever Côte d’Ivoire et Uniwax, n’ont pas encore publié leurs comptes 2025. Deux entreprises (CFAO CI et Filtisac) ont déjà publié leurs résultats, mais ne les ont pour l’instant partagés qu’avec leurs actionnaires. Plusieurs décisions relatives aux dividendes restent également en attente. Les résultats à venir devraient ainsi porter encore plus haut un total déjà historique pour la BRVM, même si le marché demeure fortement concentré, les trois plus grandes entreprises représentant à elles seules près d’un tiers du chiffre d’affaires cumulé.