Le Cameroun veut s’appuyer sur le Brésil pour renforcer sa filière coton

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Le coton est la 2nde culture d’exportation du Cameroun, représentant 4 % des recettes d’exportation en 2025, avec près de 190 millions € générés.
DR

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Le coton est la 2nde culture d’exportation du Cameroun, représentant 4 % des recettes d’exportation en 2025, avec près de 190 millions € générés.
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Après la Côte d’Ivoire dans la viande, c’est au Cameroun de miser sur l’expertise brésilienne pour améliorer les performances de sa filière coton. Selon les informations relayées par le média Investir au Cameroun, une cinquantaine d’agents d’encadrement de la Société de développement du coton du Cameroun (Sodecoton) ont suivi, du 22 au 29 mai 2026 à Kaélé, dans l’Extrême-Nord, une formation sur la fertilisation des sols animée par des experts de l’Agence brésilienne de coopération.
L’objectif de ce transfert de savoir-faire est clair : mieux comprendre la composition des sols, mieux calibrer les intrants et mieux accompagner les producteurs dans l’amélioration des rendements. D’après le ministère de l’Agriculture et du Développement rural, cette montée en compétence des encadreurs doit se traduire directement sur le terrain par une meilleure orientation technique des exploitations.
L’intérêt du Cameroun pour l’expertise brésilienne tient au fait que le pays sud-américain a construit une agriculture de grande échelle fondée sur la recherche, l’innovation variétale, la maîtrise agronomique et la diffusion de pratiques techniques avancées. D’après le Département américain de l’agriculture (USDA), les progrès réalisés en matière de technologies appliquées aux sols et de développement de nouvelles variétés ont permis au pays d’augmenter très rapidement ses rendements au cours des 30 dernières années, et de combler son retard sur des pays comme l’Inde et les USA.
Avec l’adoption d’une agriculture moderne à grande échelle, un meilleur accès aux intrants et un climat particulièrement favorable dans les nouvelles zones de production, les rendements du coton brésilien ont ainsi bondi pour atteindre plus du double de la moyenne mondiale, avec 1,9 tonne par hectare en 2024/2025.
Un niveau qui n’est dépassé que par la Chine (2,5 tonnes/ha), l’Australie (2 tonnes/ha) et la Turquie (1,85 tonne/ha). L’expansion continue de la production a également permis au Brésil de supplanter les Etat-Unis pour devenir le troisième producteur mondial de coton derrière la Chine et l’Inde, et d’émerger comme le premier exportateur mondial de la fibre blanche.
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Cette coopération arrive à un moment stratégique pour l'ensemble des acteurs de la filière camerounaise. En effet, si le coton est la seconde culture d’exportation du pays, représentant 4 % des recettes d’exportation en 2025 avec 124,4 milliards FCFA (près de 190 millions d'euros) générés selon le rapport sur l’évolution du commerce extérieur publié par l’Institut national de la statistique (INS), il y reste confronté à plusieurs fragilités.
Aux dérèglements climatiques qui provoquent des épisodes de fortes pluies et d’inondations dans les bassins de production, s’ajoute une pression parasitaire qui gagne du terrain depuis quelques années. Selon les données de la Sodecoton relayées par Investir au Cameroun, les jassides (insectes nuisibles) dont les attaques se manifestent par le jaunissement et le rougissement des bordures des feuilles, ont contribué à faire tomber le rendement moyen de 1,6 tonne/ha à environ 1,3 tonne/ha entre 2023 et 2025, causant une perte de revenus estimée à plus de 10 milliards FCFA (plus de 15 millions d'euros) sur ladite période.
Dans un tel contexte, la coopération avec le Brésil est une réponse à cette vulnérabilité, cherchant à professionnaliser davantage l’encadrement technique et à diffuser des pratiques mieux adaptées au terrain. Elle est d’autant plus importante que la filière nourrit de grandes ambitions pour les prochaines années. En effet, la Sodecoton ambitionne de porter la production nationale à 600 000 tonnes à l’horizon 2029-2030, contre un pic de 394 000 tonnes enregistré en 2023/2024, grâce à un rendement moyen d’environ 1,75 tonne/ha.
Espoir Olodo, Agence Ecofin
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