La flambée de 7 % des cours du pétrole, consécutive aux frappes au Moyen-Orient, paralyse les marchés obligataires mondiaux. Les rendements s'envolent, contraignant les investisseurs à réduire drastiquement leurs paris sur une baisse des taux directeurs.Les informations à retenir
Quelles sont les conséquences sur les marchés ?
La crise iranienne provoque une flambée du pétrole, entraînant une hausse immédiate des rendements obligataires en Europe et aux États-Unis par crainte d'une résurgence inflationniste.
Les marchés obligataires effacent leurs gains de valeur refuge, pénalisés par le choc sur les prix de l'énergie.
La Banque d'Angleterre revoit à la baisse les probabilités de baisse des taux, tandis que la BCE maintient une posture attentiste malgré les risques sur les coûts de transport dans le détroit d'Ormuz.
La situation au Moyen-Orient ébranle les fondations des marchés financiers. Ce lundi 2 mars, les rendements obligataires s'inscrivent en nette hausse des deux côtés de l'Atlantique. La flambée des prix du pétrole, réaction directe à l'escalade des tensions liées à la crise iranienne, renforce la crainte d'un choc inflationniste durable. Ce contexte perturbe les prévisions de politique monétaire des banques centrales.
Envolée des rendements en Europe et aux États-Unis
Le marché obligataire, souvent recherché comme valeur refuge, subit de plein fouet l'impact inflationniste de l'énergie. En Allemagne, le rendement du Bund à dix ans avance de 4,8 points de base à 2,7016 %. Plus sensible aux anticipations de taux, l'obligation à deux ans grimpe de 6,1 points de base à 2,0717 %.
La France enregistre une réaction similaire, avec un rendement de l'OAT à deux ans en progression de 8,4 points de base à 2,1899 %. Au Royaume-Uni, le Gilt à deux ans s'envole d'environ 7 points de base à 2,282 %. Aux États-Unis, la tendance est identique : le rendement des Treasuries à dix ans prend 4,8 points de base à 4,0078 %, tandis que son homologue à deux ans gagne 6,1 points de base à 3,4403 %.
Le pétrole bondit, le détroit d'Ormuz sous pression
Le moteur de cette nervosité est la hausse de 7 % des cours du brut. L'escalade du conflit menace directement les chaînes d'approvisionnement. Les perturbations du transport maritime dans le détroit d'Ormuz, voie de passage clé reliant le Golfe à l'océan Indien, alimentent la peur de pénuries et de coûts accrus.
« Les perturbations sur les marchés pétroliers ou le transport maritime pourraient entraîner une augmentation des coûts et donc de l'inflation, tandis que les tensions accrues pourraient peser sur l'activité économique », a déclaré Martin Kocher, gouverneur de la banque centrale autrichienne, à propos de cette crise.