L’hiver risque de jouer les prolongations sur le front de l’emploi. Après plusieurs années d’embellie, l’économie française a recommencé à détruire des emplois salariés en 2025. L’Insee table sur près de 40 000 postes en moins sur l’année. Du côté de l’emploi non salarié, les indicateurs sont meilleurs avec 70 000 postes en plus. Au total, l’emploi tricolore serait à peine dans le vert (+0,1 %). « L'année 2025 est une phase d’atterrissage de l’emploi », affirme Magali Dauvin, économiste à l’OFCE. « La France connaît une période de normalisation après une dynamique exceptionnelle », poursuit la spécialiste du marché du travail.
En 2026, les mauvais signaux pourraient s’accélérer sur le front du marché du travail en raison « d’un environnement moins subventionné et plus coûteux ». À l’instar de la fermeture brutale du groupe Brandt, les plans sociaux et fermetures d’usines en cascade ont jeté une lumière crue sur les difficultés de la France à maintenir son tissu productif malgré les promesses de réindustrialisation. Et les perspectives sont loin d’être réjouissantes. Érigé en priorité au début du premier quinquennat Macron, l’objectif du « plein-emploi » pourrait s’avérer difficile à tenir d’ici 2027 pour le chef de l’État.
L’OFCE table sur 30 000 postes détruits l’année prochaine après 130 000 postes en moins en 2025 au global. La croissance économique en 2025 a certes pu surprendre au troisième trimestre par exemple (+0,5 %) mais le niveau toujours élevé d’incertitude et la fragmentation politique continuent de peser sur les projets d’embauches des entreprises.