Derrière les 30 milliards d'investissements annoncés, la première édition du sommet Choose France dédié aux entreprises françaises témoigne de la fragilité du tissu économique national. Sans la santé et le numérique, le bilan serait bien maigre.Près de 200 patrons se sont réunis à la Maison de la Chimie, à Paris, à l'occasion du premier sommet Choose France - édition France. Bercy souhaitait en faire « un moment de célébration pour ceux qui choisissent d'investir en France et de produire dans le pays ». L'Élysée, qui organise déjà depuis plusieurs années au château de Versailles un Choose France pour les investisseurs étrangers, veut en faire le symbole du dynamisme économique tricolore. Mais le coeur n'y est pas, et les hausses de taxes décidées ces dernières semaines plombent encore un peu plus le moral des investisseurs. Le Premier ministre Sébastien Lecornu s'est néanmoins voulu rassurant en laissant entendre que les hausses d'impôts seraient moins élevées que celles votées à l'Assemblée : « On fait peur à une partie du pays avec des taxes qui n'auront jamais d'application, parce qu'elles ne sont pas constitutionnelles, parce qu'elles n'ont pas d'assiette », a-t-il fait valoir.
Le millésime 2025 des investissements n'en reste pas moins extrêmement maigre : ce lundi 17 novembre, ce sont 30,4 milliards d'euros d'investissements, au travers de 151 projets, qui ont été confirmés, dont seulement 9,2 milliards d'euros de projets nouveaux.
Peu de projets nouveaux
Sur les 151 projets présentés, en ouverture de la Semaine de l'Industrie, déjà 121 avaient été annoncés ces douze derniers mois. Finalement, seule une petite trentaine apparaissent comme réellement nouveaux, ce qui est peu pour un pays qui se dit engagé dans une dynamique de réindustrialisation. Le ministre de l'Industrie, Sébastien Martin, a beau dire dans un entretien exclusif accordé à La Tribune Dimanche que les investissements industriels se poursuivent, la réalité est bien différente.
Certes, l'Insee a annoncé, avec surprise, une hausse des investissements des entreprises en France de +0,9% au troisième trimestre. Mais cette donnée comprend tous les secteurs d'activité. « Les chiffres de l'Insee sont complètement déconnectés du terrain. Tout est à l'arrêt, il faut arrêter de se mentir », peste Gilles Attaf, président d'Origine France Garantie et cofondateur du mouvement Les Forces Françaises de l'industrie. Selon le cabinet économique Rexecode, qui a isolé les sociétés industrielles, les prévisions sont bien différentes. L'investissement industriel devrait reculer de 1,3% en 2025, par rapport à 2024.