Les mesures budgétaires travaillées par Sébastien Lecornu n’ont pour le moment pas convaicu le Parti socialiste.
REUTERS - STEPHANIE LECOCQ - Stephanie Lecocq
L’entourage du Premier ministre a lâché à la presse, jeudi 2 octobre, quelques pistes budgétaires qui circulent dans les couloirs de Matignon. Des mesures de pouvoir d’achat peu inventives et qui n’ont pas convaincu le Parti socialiste attendu rue de Varenne ce vendredi.
« Idéologiquement datées, inconséquentes sur le plan technique et inopportunes sur le plan politique ». Voilà comment le secrétaire national aux finances publiques du Parti socialiste (PS), Brice Gaillard, qualifie les pistes budgétaires dévoilées à la presse, jeudi 2 octobre, par l’entourage du Premier ministre Sébastien Lecornu.
Dans le détail, le locataire de Matignon étudierait une « défiscalisation et un allègement des charges sociales » sur les heures supplémentaires, une réduction de l’impôt sur le revenu (IR) pour les couples payés chacun « légèrement » au-dessus du Smic – soit 1 491 euros par mois –, le rétablissement de la prime Macron et l’assouplissement des transmissions aux petits-enfants et aux jeunes.
« Même si les pistes évoquées ne sont pas encore arbitrées », prévient la rue de Varenne, l’objectif de ces mesures éventuelles serait de baisser les prélèvements sur les salariés.
En revanche, une chose est sûre : le tempo choisi par Sébastien Lecornu n’a rien de fortuit. Le Premier ministre doit recevoir les socialistes dans son bureau vendredi 3 octobre à 10h30.
« Défiscalisation et allègement des charges sociales » sur les heures supplémentaires
Après avoir été supprimée par la gauche, la défiscalisation des heures supplémentaires a été rétablie par Emmanuel Macron en août 2022. Les heures supplémentaires sont exonérées d’impôt sur le revenu (IR) dans la limite d’un plafond de 7 500 euros par an (CGI, art. 81 quater) et de cotisations salariales d’assurance vieillesse de base et complémentaire dans la limite de 11,31 % du salaire.
Quelle serait donc l’idée du Premier ministre ? « Les heures sup’ sont toujours soumises à la CSG-CRDS au taux de 9,7 %, rappelle Bertrand Martinot, économiste et expert associé à l’Institut Montaigne. L’exécutif pourrait donc choisir de supprimer cette contribution. »
Mais cette mesure de pouvoir d’achat – les heures supplémentaires sont majorées a minima de 25 % – renforcerait l’iniquité entre les salariés qui ont la possibilité d’en bénéficier et les autres qui en sont exclus. Le dispositif restant entièrement à la main des entreprises.
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