Longtemps considéré comme le sanctuaire européen du capitalisme, le Royaume-Uni voit aujourd'hui ses plus riches contribuables plier bagage. Entre réformes fiscales brutales et climat « anti-entrepreneurs », ce revirement historique redessine la carte mondiale de l'attractivité financière.L’ère de Margaret Thatcher, quand le Royaume-Uni faisait figure de champion du néolibéralisme et de havre pour les plus fortunés, semble bien lointaine. Alors que le gouvernement travailliste s’efforce d’équilibrer les comptes publics, plusieurs mesures ont fait grincer des dents les plus riches et conduit certains d’entre eux à l’exil fiscal. Si la tendance n’est pas aussi prononcée que le clame l’opposition, elle inquiète malgré tout le gouvernement.
En cause : une réforme de mars 2024 par laquelle le précédent gouvernement conservateur a aboli le régime dit « des non-domiciliés », supprimant ainsi les exonérations sur les revenus et gains étrangers. C’est une fort mauvaise nouvelle pour les résidents britanniques disposant d’actifs internationaux. En octobre 2024, le gouvernement travailliste a, pour sa part, augmenté la taxation du capital, des entreprises et des successions. Ces décisions ont été vivement critiquées par les organisations patronales et les figures de la tech, d’autant plus qu’un programme de visa réservé aux investisseurs (2 millions de livres au minimum) a également été supprimé.
Signaux d’un exil des plus fortunés
Plusieurs études confirment l’effet de ces mesures. Le Henley Private Wealth Migration Report estime que 16 500 personnes très fortunées (patrimoine liquide supérieur à 1 million d’euros) ont quitté le pays en 2025. Ce chiffre, le plus élevé au monde, dépasse celui de la Chine. Par ailleurs, 3 790 directeurs de société sont partis du Royaume-Uni entre octobre 2024 et 2025, contre 2 712 un an plus tôt, selon le Financial Times.