"Oups... Je ne me souviens plus" : l'incroyable gaffe de Rick Perry

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Lors du dernier débat entre les candidats républicains, le gouverneur du Texas a connu un grand moment de solitude. Qui l'élimine quasiment de la course à l'investiture.

 

MAJ: Chez David Letterman, Rick Perry joue la carte de l'autodérision

On le savait déjà : les débats ne sont pas l'exercice préféré de Rick Perry. Ces premières performances lui ont d'ailleurs coûté son statut de favori à l'investiture républicaine. Mais mercredi soir, le gouverneur du Texas a touché le fond. Il a connu un grand moment de solitude au cours d'un débat organisé par la chaine d'informations financières CNBC. Une minute embarrassante qui alimente depuis toutes les conversations. Et va faire la Une demain matin de la presse américaine.

Que s'est-il passé ? Interrogé sur ses solutions pour réduire les dépenses publiques, Rick Perry annonce qu'il souhaite fermer trois ministères. "Le département de l'Education, du Commerce", énumère-t-il avant d'avoir un trou. "Quel est le troisième déjà ?", se demande-t-il. Suivent de longues secondes au cours desquelles il tente de s'en sortir. Mais rien n'y fait. il ne s'en rappelle plus. Et il conclut par un "Oups" qui met certainement fin à tous ses espoirs de Maison-Blanche. Quinze minutes plus tard, la parole revient vers lui: "au fait, il s'agissait du département de l'Energie". Trop tard...

"C'était un moment embarrassant", a reconnu Rick Perry, une fois le débat terminé devant de nombreuses caméras. "Heureusement que je portais mes bottes ce soir parce que j'ai marché dedans, a-t-il poursuivi. Mais j'ai quand même nommé deux départements qu'il faut supprimer. Obama n'en a jamais cité un seul". Mais quand un journaliste lui demande si sa campagne peut survivre à cette gaffe, son directeur de la communication intervient et met fin à la (courte) séance de questions-réponses.

Avec cet incroyable épisode, l'affaire Herman Cain va passer au second plan, pour quelques heures du moins. La question sur les accusations de harcèlement sexuel à l'encontre de l'homme d'affaires a bien été posée par Maria Bartiromo, la présentatrice vedette et CNBC et modératrice du débat. Cela a déclenché des huées des 1.400 spectateurs présentes à l'Université d'Oakland.

"Le peuple américain mérite mieux que de voir une personne jugée sur la place publique sur la base d'accusations non fondées, a répondu Herman Cain. J'accorde plus d'importance à mon comportement et à mon intégrité qu'à tout le reste. Pour chaque personne répandant de fausses accusations, il y en a probablement des milliers qui diront que ces agissements ne me correspondent pas". Applaudissements soutenus dans la salle... mais l'affaire va encore se poursuivre dans les prochains jours.

Tout cela profite finalement à Mitt Romney, considéré comme l'adversaire le plus probable de Barack Obama pour la présidentielle de novembre 2012. L'ancien gouverneur du Massachussetts apparaît toujours au-dessus du lot lors des débats, même s'il ne s'est pas montré particulièrement impressionnant mercredi soir. Il a d'ailleurs été mis en difficulté par Jon Huntsman sur sa volonté d'attaquer la Chine devant l'OMC (Organisation mondiale du Commerce), l'accusant de manipuler sa monnaie.

Après Michele Bachman, Rick Perry et Herman Cain, son prochain rival pourrait bien se nommer Newt Gingrich, l'ancien Speaker de la Chambre des représentants. Son discours mercredi soir semble avoir bien été accueilli par les électeurs républicains, ce qui devrait amplifier sa récente percée dans les sondages.

Mais tous ceux qui cherchaient des précisions sur le programme économique des candidats républicains devront repasser. Aucune réponse sur les nombreuses questions sur la crise en Italie, aucune solution face à la crise immobilière et au problème des prêts étudiants. Peu de concret sur le système de santé devant remplacer la réforme Obama que tous les candidats veulent abroger. Une prochaine fois... Peut-être.

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a écrit le 14/11/2011 à 11:42 :
"Pour chaque personne répandant de fausses accusations, il y en a probablement des milliers qui diront que ces agissements ne me correspondent pas".
On vien de vivre ça avec DSK ... on connait la suite
a écrit le 14/11/2011 à 10:35 :
Oui c'est extrêmement choquant de voir se développer cette conjuration du silence autour de Ron Paul. Les médias américains le traitent de manière très défavorable et les nôtres suivent comme d'habitude. Heureusement que les peuples auront le dernier mot, d'un côté comme de l'autre de l'Atlantique.

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