Premières Impressions à J-1

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Aung San Suu Kyi à l'ambassade de France en Birmanie lors de la première édition du Women's Forum Myanmar. | REUTERS
Aung San Suu Kyi à l'ambassade de France en Birmanie lors de la première édition du Women's Forum Myanmar. | REUTERS (Crédits : Reuters)
A la veille de l'ouverture du Women's Forum Myanmar, l'ambassadeur de France en Birmanie, Thierry Mathou et ses équipes, ont reçu près de 200 personnes, birmanes, européennes, personnalités du business et des medias. Mais, la grande attraction était bien sûr Aung San Suu Kyi, la prix Nobel de la Paix.

Arrivée tôt le matin à Yangon. L'ancienne capitale Rangoon, la cité birmane dévoile peu à peu son charme. La pagode Shwedagon, rutilante au sommet de la colline de Singuttarra, domine l'horizon sur 5,6 hectares à 51 m de hauteur. Au détour d'une rue, on ne manque pas d'apercevoir le stupa de la pagode principale. A la porte sud du site et de ses 73 pagodes, deux lions mythiques (chinthes) montent la garde, alors qu'à la nuit tombée, des jeunes jouent au foot sur la plate-forme et s'exercent, le sarong remonté jusqu'à mi-cuisses, à quelques passes arrières, façon Zlatan. L'air est doux, température et humidité toutes asiatiques.

Dans la soirée, à la veille de l'ouverture du Women's Forum Myanmar, rendez-vous est pris à l'ambassade de France pour un cocktail de bienvenue. 200 convives se pressent pour écouter Thierry Mathou, l'ambassadeur et Véronique Morali la présidente du Women's Forum. Mais le clou de l'attraction, c'est Aung San Suu Kyi, la prix Nobel de la Paix. Européens et Birmans se pressent pour la saluer, lui serrer la main, la féliciter, se faire prendre en photo. Fidèle à son image, vêtue à la mode traditionnelle birmane, en sarong et soie couleur bouton d'or, des fleurs accrochées à son chignon, l'icône des partisans de la démocratie se prête au jeu volontiers. Celle que l'on surnomme le papillon de fer semble parfois au bord de l'asphyxie tant l'enthousiasme est fort, mais elle ne se dépare jamais de son sourire.

Au premier étage de la résidence, sur la terrasse, l'ambiance est aux mondanités. Aux côtés de l'équipe du Women's Forum, emmenée par Olivier Fleurot, Véronique Morali et Jacqueline Franjou, les habitués de la manifestation se retrouvent. Anne Lauvergeon, Christine Ockrent, Irène Frain échangent leurs premières impressions et font connaissance avec les partenaires de l'édition, représentants de Total et Accor. Dans le cadre tout diplomatique des lieux, les Birmans, en particulier les jeunes birmanes évoluent à leur aise, racontent en anglais leurs attentes et les récits de leur vie au quotidien. Elles aussi se tournent vers Aung San Suu Kyi. C'est à elles qu'elle s'adresse avant tout. Car, à l'image de la Daw Khin Kyi Foundation qu'elle a lancée l'été dernier, et qui porte le nom de sa mère, elle sait que l'avenir dépend de cette jeunesse et de son ouverture. Promouvoir les livres, au travers du premier réseau de librairies mobiles, au Myanmar, tout comme faciliter les rencontres entre Birmans et Européens, au travers de rencontres, comme le Women's Forum Myanmar, relèvent de la même démarche : celle de créer les conditions pour faire advenir à terme la démocratie. Elle fait le pari qu'en ouvrant les portes aux échanges culturels, mais aussi commerciaux, pour faire rentrer des devises, créer de l'activité économique et sortir le pays de la misère où l'avait plongé la junte pendant plus de 20 ans,  la démocratie ne pourra qu'être victorieuse. Bien sûr, certains critiquent. Des voix se font entendre pour ne pas tomber dans un jeu de dupes. Mais, dans le cadre de l'action non violente, avec le soutien des pays occidentaux, en premier lieu les Etats-Unis, c'est sans doute une voie à emprunter. « Le monde entier doit comprendre que le chemin est encore long. Nous n'allons pas encore bien. Nous essayons d'aller bien. » a-t-elle répété à ses interlocuteurs lors de son dernier déplacement en Europe.

Au Chatrium Hotel de Yangon, pendant les deux prochains jours, de l'éducation à la santé, en passant par les investissements étrangers, le crowdfunding, le rôle de réseaux comme Ashoka, la place des femmes dans le développement économique, l'importance des medias et l'entrepreneuriat, les discussions (en anglais et en birman) risquent d'être denses. Et passionnants.

Entendre échanger Christine Lagarde (FMI), Aurélie Filippetti (Ministre de la culture), Christophe de Margerie (Total), Umra Beba (PepsiCo), Lan Yan (Lazard), Olivier Klein (BRED), Chris Viehbacher (Sanofi), Michael Issenberg (Accor) et les personnalités birmanes et asiatiques Daw Khin Saw Oo (Central Bank of Myanmar), Daw Thet Thet Khine, (Vice-President de notre équivalent du MEDEF), Bunker Roy (Barefoot College)  ne peut qu'être instructif. Ce d'autant que certaines de ces rencontres se concrétiseront par l'annonce de signatures d'accords ou de partenariats à l'appui. A suivre, donc, très vite, dans les heures qui viennent.

 

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