Michelin trace sa route

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L'équipementier clermontois montre une nouvelle fois sa capacité à lisser les effets de cycle grâce à un modèle économique reposant sur une technologie discriminante et une domination sans partage dans le monde du pneumatique.

La décennie boursière n?aura pas été perdue pour tout le monde. Ceux qui auraient été bien inspirés de miser sur l?industrie du pneumatique, et sur le plus clermontois de ses représentants, lorsque le CAC 40 évoluait à ses pics historiques en septembre 2000, auraient depuis presque doublé leur mise. Car Michelin fait partie des rares élus à ne pas avoir été emporté par la vague baissière qui s?est abattue sur les marchés d?actions il y a maintenant un peu plus de dix ans. Les chiffres du jour mettent une fois de plus en lumière la singularité du modèle économique du groupe. Non seulement ses revenus trimestriels ont dépassé les attentes du consensus des analystes en s?établissant à 5 milliards d?euros (+28,1%) au lieu des 4,7 milliards initialement escomptés, mais il se pourrait bien que la direction relève son objectif de croissance sur les volumes. La nouvelle aurait moins de saveur si elle n?était pas accompagnée d?engagements sur de nouvelles hausses tarifaires censées absorber 80% du surcoût lié à l?inflation des prix des matières premières.

Plus globalement, Michelin confirme son appartenance au club très fermé des champions du "pricing power" qui ne se résume pas à de simples relèvements tarifaires opportunistes destinés à compenser un gonflement de la facture d?approvisionnement, mais qui traduit une certaine capacité à imposer des hausses prix sur la durée en dehors de toute logique conjoncturelle. Le groupe a certes été contraint de ronger son frein en 2008 et 2009 au lendemain de l?une des plus graves crises économico-financières de l?histoire. Mais il s?est depuis nettement repris tant sur le plan commercial que boursier, son cours ayant triplé depuis les plus bas de mars 2009.

Historiquement, Michelin a toujours su entretenir une certaine avance technologique sur ses concurrents en maintenant un niveau d'investissements en recherche et développement soutenu en période de croissance. Comme Apple, Bibendum a joué à fond la carte du marketing - Michelin est l?une des marques françaises les plus connues aux Etats-Unis - et de l?innovation. Et pour le moment, le consommateur final se prend au jeu.

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