Municipales 2014 : Nathalie Kosciusko-Morizet, "la challengeuse"

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(Crédits : Décideurs en région)
Jusqu'aux élections municipales des 23 et 30 mars prochains, La Tribune analysera les enjeux du scrutin dans une vingtaine des principales villes françaises. Sixième volet : Paris, où la challengeuse, NKM, malgrés les trahisons dans son camp, se veut "être une nouvelle énergie pour Paris".

« Nakomo », le surnom d'étudiante de Nathalie Kosciusko-Morizet avant que les initiales NKM ne l'imposent dans la vie politique française, fait la course en challengeuse à Paris. Populaire sur Twitter (plus de 266.000 followers), elle l'est moins à Paris, si l'on en croit son retard dans les sondages, et encore moins au sein de son propre camp, l'UMP. Divisée au niveau national comme à Paris, la droite n'a jamais vraiment accepté cette candidate de la nouvelle génération, trop « bobo » pour les uns, trop centriste pour les autres, du fait de son alliance inédite avec le Modem.

Née le 14 mai 1973 dans le 15e arrondissement de Paris, celui où se présente sa rivale, elle est issue d'une lignée très politique : son arrière-grand-père, André Morizet, fut l'un des fondateurs du PCF et sénateur de la Seine.

Son grand-père ambassadeur était maire RPR de Saint-Nom-la-Bretèche. Et son père, François, a été maire UMP de la ville de Sèvres. Avec un tel héritage, on comprend que le virus de la politique l'ait rattrapée. Par sa mère, Bénédicte Treuille, elle serait une lointaine descendante de Lucrèce Borgia, qui avait à l'égard de ses ennemis des méthodes plutôt... expéditives.

Polytechnicienne (X 1992), sortie dans le corps des ingénieurs du Génie rural et des Eaux et Forêts, benjamine de l'Assemblée nationale en 2002, élue de l'Essonne et maire de Longjumeau, son retour à Paris, où elle se présente dans le 14e arrondissement, est vu par ses rivaux comme le signe d'une ambition nationale qu'elle peine à masquer. Ministre de l'Écologie, du Développement durable, du Transport et du Logement dans le gouvernement Fillon III, elle a mis en oeuvre le Grenelle de l'Environnement avant de devenir porte-parole de la campagne de Nicolas Sarkozy, en 2012.

Les maladresses parisiennes

À Paris, elle mène une campagne difficile, entrecoupée de quelques maladresses (comme les « moments de grâce » dans le métro), mais courageuse face aux trahisons dans son camp et plutôt habile autour d'un programme ambitieux et attrape-tout : « Une nouvelle énergie pour les Parisiens ». Elle est persuadée que « les Parisiens réclament l'alternance » et veut l'incarner quitte à bousculer les barons de la droite.

Soeur de Pierre Kosciusco-Morizet, cofondateur du site Price Minister, elle met l'accent sur l'innovation, la ville intelligente et connectée et le dynamisme d'une ville qui, selon elle, doit être ouverte 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, à l'image des grandes capitales modernes. Avec la couverture du périphérique et des grands projets d'urbanisme, elle veut un Paris qui sorte de ses frontières trop étroites.

Ses propositions pour Paris

LOGEMENT

  • 20% des nouveaux logements devront être proposés à un prix inférieur de 25% à celui du marché.
  • Tout nouveau logement social devra être assorti de la création d'un logement pour les classes moyennes, quitte à prendre plus de temps pour atteindre les 25% de la loi SRU.
  • Doublement de la production annuelle de logements (pour atteindre 6.000 par an).

URBANISME

  • Une partie du centre de Paris rendu aux piétons.
  • Transformation de la Petite Ceinture en « boucle cycliste ».
  • Doublement du nombre de places de stationnement pour les voitures, triplement pour les deux roues.
  • Aménagement des Portes de Paris (budget non annoncé) : Clignancourt (centre des métiers d'art), Vanves et Orléans (création artistique), Maillot (Congrès-spectacles), Bagnolet (arts forains), Chapelle (nouvelle cité universitaire).
  • Couverture intégrale du périphérique dont 1,4 km d'ici à 2020 (financée par la revente du foncier).
  • Rénovation de Bercy Charenton avec 10.000 logements et couverture des voies ferrées, financés par la vente des droits à construire.
  • Transformation des 14 stations de métro fantômes en lieux de convivialité.

VILLE INTELLIGENTE

  • Installer des capteurs dans tout le mobilier urbain.
  • Accès Internet mobile haut débit dans toutes les rames et stations de métro.
  • Expérimentation d'« immeubles intelligents » pour réduire la facture énergétique.
  • Faire de Paris la référence de l'open et du big data par l'ouverture de toutes les données aux start-up.
  • Nouvelle cité universitaire internationale étudiante près de la gare du Nord.
  • Création du « Grand Bazar du Cinéma » (festival, expos, salons technologiques, foire du film amateur).

ÉCONOMIE

  • Création d'un « Pack start-up » pour que les jeunes entreprises parisiennes puissent bénéficier d'achats groupés effectués par la ville.
  • Création d'un « small business act » avec appels d'offres déclinables par arrondissements pour ouvrir les marchés publics aux PME parisiennes.
  • Lancement du « Livret Paris », livret d'épargne pour financer les PME parisiennes, en particulier les petits commerces.
  • Doubler chaque euro investi par les business angels dans une PME ou une start-up parisienne.

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Commentaires
a écrit le 21/02/2014 à 20:08 :
Si on parle élections, il existe un phénomène étrange: dans les sondages publiés, les français seraient en attente d'un dirigeant qui n'existe pas dans le paysage. On peut imaginer qu'il y aurait un PETIT PRINCE dans le pays, alors lequel? On parle pour l'économie française d'une BELLE ENDORMIE, alors on joue à manger des POMMES ROUGES POURRIES? Et sans Mite-et-le-Stand, on s'en tire? On joue à BLANCHE NEIGE? On fait dans la multiplication des fonx et des chômeurs... Alors on colle une droite? On aurait une charge du peuple français et on sabre au clair de lune la dépense? Alors taillez les bien de taille et d'estoc et taillez les profond! Il est méchant monsieur brochant... alors on a les droits au travail?
a écrit le 21/02/2014 à 19:43 :
Aux élections y aura-t-il une droite? Les électeurs demandent des baisses d'impôts et du chômage, du pouvoir d'achat. Ils ont l'inverse. On parle de la Silicone Vallée ou bien de la Silly-cône Alley nationale, avec notre industrie sous compétitive et la désindustrialisation: moitié moins de robots que les italiens. On fait dans l'économie agricole ou la bureaucratie tentaculaire? On compte 50% de diplômés en exclusion et un faible niveau technologique global, est-ce un régime de type hitlérien? Les français seraient moins instruits que les européens, pourtant n'a-t-on pas une éducation? On parle de 50 milliards d'économies sur les postes de fonx, lesquels? On apprend que les salariés sont moins bien payés que les fonx sans tenir compte de la précarité et du chômage imposé. Voire pour certains l'exclusion à vie, 66% des français en souffrance dans la précarité. On nous annonce dans la presse le décrochage économique. Prenons l'exemple suédois, on réduit les dépenses. On nous publie en 2011, les fonx contre l'Etat. Pouvez-vous commenter?
a écrit le 20/02/2014 à 11:24 :
Très bien, mais où est le financement exact de ces projets?
a écrit le 19/02/2014 à 21:42 :
Plutôt la looseuse...!!! En bob compassée, elle excelle dans les petites rues de saint Germain.
a écrit le 19/02/2014 à 20:26 :
Avec Chirac tu raques, avec Sarkozi aussi! Sauf les riches! On tue la démocratie et les classes moyennes et le progrès du niveau de vie alors qu'on prend pour ministre des directeurs d'hôpitaux corrompus! Si nos diplômés sont des Mandélas, on fait dans la politique du non logement, mais les as de l'air sont bien assistés par l'Etat. Le capitalisme, a-t-il des capitaux, assisté par l'Etat! c'est merveilleux, on fait dans la multiplication des chômeurs et 300entreprises/jour de moins! On augmente les fonx et on réduit les taxis, on tire sur les précaires et les chômeurs! Chantons donc Terre de détresse, 50% de jeunes au chômage en Italie, elle est où la dolce vita, dans cet enfer européen! La faute à qui, l'euro? On parle d'un virage, on renie le vampirisme social? En campagne la parole est au citoyen!
a écrit le 19/02/2014 à 15:33 :
NKM Polytechnicienne n'a jamais travaillé alors la mairie de Paris pas plus de responsabilité qu'un concierge d'immeuble en bon serviteur de l'état pourrait parfaitement lui convenir...
Réponse de le 20/02/2014 à 8:22 :
Est ce une raison pour lui préférer l inspectrice du travail retraitée , et surtout de conforter notre président calamiteux en reconduisant ses ami(e)s , la réponse est non !
a écrit le 19/02/2014 à 14:48 :
de NKM c'est qu'elle est trop progressiste pour son électorat, elle devrait rejoindre Bayrou et Borloo.
a écrit le 19/02/2014 à 12:15 :
Le seul problème c'est qu'elle n'est pas de droite (en tout cas ses propositions et positions politiques ne le sont pas), ce qui naturellement la fera perdre. Quant à parler d'héritière pour Hidalgo et pas pour elle, c'est un peu facile. L'une comme l'autre sont le fruit du système actuel, celui-là même qui paralyse le pays pour préserver ses pré-carrés... Il ne suffit pas d'être ambitieux et calculateur pour réussir en politique. Il faut aussi accepter de représenter ceux qui vous élisent. Sinon, vous n'aurez que la fonction mais jamais l'autorité et la légitimité nécessaires pour que le pays et ceux qui les représentent marchent ensemble.
Réponse de le 19/02/2014 à 14:45 :
je ne voterai pas pour elle, mais l'objectivité m'oblige à vous rappeler qu'elle a gagné une primaire sans aucune contestation possible, ce qui la légitime à être candidate pour l UMP. Je rappellerai aussi que le sieur Fillon a fait comme d'habitude et c'est déballonné, après avoir déjà fuit de son fief, sachant l'élection ingagnable. Faut être réaliste Paris n'est pas sensible au thèse des néocon et autres réacs. Dans cette configuration, on ne peut pas se faire élire par les plus riches uniquement. Pour que l UMP gagne il faut des très riches et très privilégiés et une bonne dose de gogos un peu bas du Front.
Réponse de le 19/02/2014 à 17:10 :
Oui et non nico. Je critiquais le fait de choisir cet angle d'attaque pour l'une (Hidalgo) alors qu'il n'est pas différenciant. Quant au système des primaires, c'est un faux nez. On revient à un système d'appareil. C'est en ce sens que je la qualifie d'héritière. Elles sont toutes les deux le produit d'appareils, NKM étant plus "marketée" que sa rivale. Comment oublier la photo de Paris-Match en 2005?
a écrit le 19/02/2014 à 11:47 :
NKM polytechnicienne qui n'a jamais travaillé de sa vie - si ! si ! vous pouvez vérifier - dans la société civile et encore moins dans un groupe et plus compétente comme nombreux politiques de droite comme de gauche à du blabla et du vent...
Réponse de le 19/02/2014 à 18:32 :
Pour vous, c'est quoi travailler ? C'est forcément un travail manuel ? Vous n'avez jamais fait d'études, il me semble ; ca pourrait expliquer votre commentaire.
a écrit le 19/02/2014 à 11:47 :
Elle n a aucune chance et je crois bien qu elle le sait déjà. Va être très long le mois a venir pour elle, courage à elle. Au passage l ont bien eu les cope et Fillon
a écrit le 19/02/2014 à 9:58 :
çà existe le féminin de challenger??? quelle horrible mot challengeuse ....
Réponse de le 24/02/2014 à 7:45 :
c'est écrit "la chalengeuse" donc c'est pas une phote lol cest un effet de manchette (de journal)

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