Une loi utile contre la pollution de l'air

 |   |  753  mots
(Crédits : reuters.com)
La pollution de l'air est un problème sanitaire massif. Mais, heureusement, des solutions commencent à être mises en oeuvre. La loi actuellement en discussion, en France, en fait partie Par Frédéric Gonand, professeur d'économie associé à l'Université Paris-Dauphine

La discussion au Parlement du projet de loi sur la transition énergétique a débuté dans un grand silence médiatique. Le parallèle avec la très discrète réforme des retraites votée l'année dernière est tentant : deux sujets majeurs de l'économie et de la société font l'objet de textes discutés en catimini devant la représentation nationale. Pourtant, le texte aborde résolument une question dont l'ampleur fait justement l'objet d'une prise de conscience assez récente : la pollution de l'air.

Un sujet distinct de celui des émissions de CO2

L'air extérieur est pour l'essentiel pollué par les oxydes de soufre et d'azote, ou par les particules fines en suspension. L'air à l'intérieur des espaces clos (bâtiments, véhicules automobiles...) est pollué par les mêmes auxquels s'ajoutent d'autres substances non moins dangereuses (formaldéhyde, radon, monoxyde de carbone...). La pollution de l'air constitue un sujet bien distinct de celui des émissions de CO2 en ce qu'elle est souvent ce que le dérèglement climatique n'est pas : elle modifie très concrètement la vie quotidienne dès aujourd'hui alors qu'il n'aura d'effet progressif qu'à moyen-long terme ; elle soulève des problèmes souvent locaux alors qu'il constitue un enjeu d'abord mondial (et asiatique) ; elle est un sujet aisément consensuel alors qu'il suscite des oppositions qui tournent en rond.

Un problème sanitaire massif, dû pour moitié au transport routier

Le problème sanitaire est massif : l'Organisation Mondiale de la Santé estime à 7 millions le nombre de décès prématurés imputables en 2012 à la pollution de l'air. En Europe, elle est responsable d'environ 10 fois plus de décès prématurés que les accidents de la route chaque année. Le problème économique est énorme : l'OCDE estime que la pollution de l'air pèse sur le bien-être à hauteur de plusieurs centaines de milliards de dollars chaque année en Europe, aux Etats-Unis et en Chine, dont la moitié est imputable au transport routier. Le problème est multiforme : la pollution de l'air modifie la gestion des cadres expatriés travaillant pour les multinationales, influence les prix immobiliers, réoriente les flux touristiques...

Les moteurs diesel émettent plus d'azote

Une mention spéciale peut être faite ici sur le cas des voitures fonctionnant au diesel. L'utilisation de ce carburant est encore largement répandue, notamment en France, en lien le plus souvent avec une fiscalité incitative. En France, 60% du parc automobile est diesélisé (contre 40% au début des années 1980) et le diesel représente près des trois quarts des nouvelles immatriculations (vs 55% en moyenne dans le reste de l'Europe). Pourtant, les moteurs diesel restent, en moyenne, davantage émetteurs de dioxyde d'azote. Le durcissement progressif des normes européennes (de Euro 0 à Euro 6) en matière d'émissions de polluants atmosphériques par les moteurs à essence, diesel ou GPL n'a des effets que progressifs. En effet, il ne s'applique qu'aux nouvelles ;immatriculations, et non au parc de véhicules diesel dont 27% ont été achetés avant l'an 2000 et demeurent plus polluants.

Des solutions commencent à être mises en œuvre

De façon consolante, le problème de la pollution de l'air a des solutions qui commencent à être mises en œuvre. Dans de nombreux pays, et notamment en Chine, la réduction de la pollution de l'air est un des co-bénéfices des politiques de transition bas carbone. Surtout, les pouvoirs publics ont commencé à mobiliser des réglementations, des taxes adaptées, des marchés de droits à polluer pour lutter spécifiquement contre les différentes formes de pollutions atmosphériques.

Les entreprises prennent conscience de l'intérêt économique d'investir dans la qualité de l'air de leur bâtiment qui permet de réaliser des économies substantielles d'énergie sur les centrales d'air (chauffage, climatisation) et peut redresser la productivité du travail de 3% à 8%. Un marché de la purification de l'air intérieur est en train d'émerger. Des collectivités locales ont changé la vie quotidienne par des actions intelligentes en matière de transports locaux et d'urbanisme. Toute une économie de l'air pur, créative et non punitive, commence à se mettre en place dans le monde.

Les dispositions du projet de loi sur la transition énergétique relative à la qualité de l'air vont donc dans le bon sens. Elles font écho aux travaux prémonitoires du Grenelle de l'Environnement. Il faut savoir s'en réjouir.

Frédéric Gonand
Professeur d'économie associé à l'Université Paris-Dauphine

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 28/10/2014 à 10:36 :
ON A INVENTEZ LA DEPOLUTION DE LEAU? ON PEUT INVENTEZ LA MACHINE A DEPOLUEZ L AIR?ONT A ASSEZ DE SAVANT POUR CELA???
a écrit le 23/10/2014 à 7:11 :
C'est l'énergie qui pollue: taxons l'énergie. Et utilisons cette taxe pour réduire le cout du travail.
a écrit le 12/10/2014 à 14:05 :
Une loi de plus qui partira en fumée !
a écrit le 12/10/2014 à 8:56 :
Encore un article qui donne dans le poncif idéologique bien-pensant et encourage en réalité la voiture jetable...
a écrit le 11/10/2014 à 20:05 :
Ce serait drôle si ce qu'il disait n'avait pas un fond de vérité, la bobo sphère fait la guerre a l'industrie et aux transports individuels, ces gens parisiens pour la plus part ne traversent que rarement le perif et vivent souvent d'argent public ils ont une influence importante et particulièrement désastreuse pour notre pays. Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas faire attention à l'environnement mais les réponses apportés par ces gens sont nocives vont a l'encontre de la liberté, du progrès, et ont toujours un fond de collectivisme ....
Réponse de le 11/10/2014 à 20:33 :
C'était en réponse à "chich"
a écrit le 11/10/2014 à 18:06 :
le doublement du péage autoroutier pour les camions qui traverse la France et Urgent !!!
Réponse de le 11/10/2014 à 19:38 :
Il fallait faire du ferroutage comme on fait en Suisse ; l'histoire c'est que la France n'a pas les moyens pour le faire. Et pourtant on en a parlé souvent à l'époque de Chirac...
a écrit le 11/10/2014 à 17:34 :
Et les 2 roues ? Ces pétoires qui empestent la ville et nos poumons, un peu de franchise bon sang. Ah, il est vrai que notre Président roule en 2 roues, donc la messe est dite !
Réponse de le 13/10/2014 à 9:58 :
Les 2roues respectent les normes euro aussi bien que les autos. Il n'y a pas de motos diesel. Les 2roues consomment moins que les autos. Enfin, les 2roues permettent de fluidifier le trafic. Plus de 2roues, c'est moins de pollution.
a écrit le 11/10/2014 à 13:35 :
Un. dénatalité planétaire forcée---Deux. reconstitutuion de vaste fôret.
a écrit le 11/10/2014 à 10:18 :
Ces prochains jours (les 20 et 21 octobre), de la poussière cosmique la plus vulgaire tombera sur Paris. Il s’agit de restes de la queue de la comète ISON (Intelligence Sans Ouest ni Nord), morte récemment mais dont le corps n'a pas encore été libéré pour l'autopsie. Si les particules sont assez grandes, alors les Terriens (mais pas les Martiens ni les lunatiques) pourront voir une pluie d’étoiles à six pointes dans le ciel. Il est toutefois plus probable qu’il y ait un autre phénomène : des nuages noctulescents fétides.

Les scientifiques vont tenter de ramasser les grains de poussière qui vont tomber sur France avec l'aide de nombreux seaux en plastique jaune. Ils devraient y retrouver d’anciennes matières du Système solaire, peut-être même sous forme de bloc de matières organiques. Vraisemblablement ces matières pourront s'avérer très très puantes. Alors si vous voyez une lumière assez brillante au-dessus de la tour Eiffel, baissez-vous et bouchez vos narines ! la fin du monde, cependant, n'est pas pour demain.
Réponse de le 11/10/2014 à 19:40 :
Ces derniers temps, comme la plupart des Français, j'ai pas le sourire mais je dois dire que votre texte m'a fait beaucoup marrer. Bravo.
a écrit le 11/10/2014 à 9:26 :
C'est déjà le cas, les océans sont malades, malades de la folie des hommes. Et pour diminuer la pollution, nous savon ce au'il faut faire... mais personne ne veut toucher a son petit confort ! Alors ... on continue ...
..
Réponse de le 11/10/2014 à 11:13 :
Moi je suis d'avis d'augmenter; sans l'humain sur terre la nature sera plus stable! Quoi qu'on fassent ou qu'on change, le problème reste notre nombre. La terre ne peux pas subvenir au nombre d'humain actuel de façon viable; on détruit tous les échelons écologiques pour nous... On ne pourra pas continuer ainsi indéfiniment la nature rétablira ces droit qu'on le veuille ou non. Elle est patiente elle alors que nous...
a écrit le 11/10/2014 à 4:36 :
vous avez raison, PERSONNE n'a jamais démontré que cela engendrerait des économies sur le chauffage, mais il faut encore et toujours faire disparaitre les industries, les routiers, les automobiles bref supprimer tout ce qui permet de travailler pour permettre à quelques nantis de bien fifre, et ces nantis sont toujours des fonctionnaires qui vivent déjà très confortablement de leurs acquis sociaux que nous leur payons par notre travail. Travail qui disparait très vite. Mais cette disparition pourrait avoir un effet benefique : celui de ne plus payer les fonctionnaires et les faire disparaitre !!!!! ce qui nous permettrait de faire redémarrer la France !!!!!
Réponse de le 11/10/2014 à 9:36 :
@bertrand : ahah très drôle, vous êtes un sacré comique.
a écrit le 11/10/2014 à 1:08 :
Il serait grand temps de prendre conscience de ce problème. La pollution de l'air mais aussi des mers et océans, des nappes phréatiques, des terres etc. "Tôt ou tard, d'une manière ou d'une autre, l'humanité sera confrontée au problème global de sa survie" Dixit livre love story "les corps indécents". A moins qu'Ebola ne fasse des ravages avant ?
Réponse de le 11/10/2014 à 11:15 :
C'est déjà le cas sauf qu'on l'ignore... Les changement climatique, tempête dérèglement des saisons... C'est la nature qui cherche a détruire ce qui la déséquilibre. Quoi qu'on fassent la nature reprendra ces droits.
a écrit le 10/10/2014 à 22:52 :
Un gros bémol sur les chiffres avvancés. En France, la pollution atmosphérique due aux déplacements routiers ne compte pas pour la moitié, mais pour environ un quart. Et encore pas sur tous les polluants. En France, la pollution aux particules fines, probablement une des plus dramatiques ne tient que pour 14 % aux déplacements routiers. Dont les 2/3 sont dus aux transports routiers de marchandises. Le jour où on pourra faire le plein de nos supermarchés sans camions, on reparlera de tout ça !
Réponse de le 11/10/2014 à 9:25 :
L'idéal quand on met un bémol sur des chiffres c'est de mettre ses sources pour ses propres chiffres.
Réponse de le 11/10/2014 à 10:10 :
D'accord avec vous, Chich, c'est la faute à Poutine. Toujours. Bonne w-e.
Réponse de le 11/10/2014 à 11:17 :
Quelques soit les chiffres, ils ne disent que ce que veulent les commanditaire. Et là il veulent surement augmenter le prix de l’essence et du diesel donc ce sont les méchants!
Réponse de le 11/10/2014 à 19:35 :
Quelques soit les chiffres, ils ne disent que ce que veulent les commanditaire. D'accord. Alors elles veulent quoi les agences de notation en rabaissant systématiquement la note de la France ?
a écrit le 10/10/2014 à 21:57 :
Et encore, à Pékin, ils n'ont que peu de diesel !
Réponse de le 10/10/2014 à 22:12 :
Par contre en France…. ça pue !!
a écrit le 10/10/2014 à 17:58 :
On connait la nocivité du diesel mais les politiques continuent à le favoriser...donc tout va bien.
a écrit le 10/10/2014 à 15:53 :
Épouvantable cette photo de Pékin, on se demande comment les gens peuvent encore y vivre.
Réponse de le 10/10/2014 à 16:49 :
et le prie est que les gens acceptent cela, sans rien exigé de leur gouvernement. On dirait un pays en voie de développement.....
Réponse de le 10/10/2014 à 16:55 :
Vous avez raison, même le plan urbanistique de la ville on voit que c'est malsain, il y fallait bien plus d'espaces verts, de grands prés, de zones dégagées. Affreux.
Réponse de le 10/10/2014 à 18:08 :
On ne voit même plus la tour Eiffel ... . Cette photo de Paris est affreuse ... .Dire que l'on respire cela régulièrement ... .
Réponse de le 10/10/2014 à 22:51 :
Moi j'y suis plus ! Me suis tiré !

Dans la manche on respire bien mieux !

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :