La ferme verticale

L’idée d’une ferme verticale a une quinzaine d’années. Elle est développée par le professeur de l’université Columbia à New York, Dickson Despommier.

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La première ferme verticale à Singapour / reuters
La première ferme verticale à Singapour / reuters (Crédits : DR)

La première ferme verticale (Sky Green) a ouvert à Singapour (automne 2012). Pourquoi une ferme verticale ? La terre arable devient rare, les villes grandissent, les transports polluent, le personnel est rare à la campagne.

Produire le plus proche de la ville assure la fraîcheur des produits, la juste production et consommation, l'économie de carbone en transport, raccourcit la chaîne du froid et limite les besoins de stockage.

En zone urbaine, la surface au sol coûte cher, la verticalité est une solution. Depuis de nombreuses années, les cultures de fraises, tomates, laitues, etc., sont faites hors-sol, en culture hydroponique, et les serres produisent des produits propres, mûrs à temps contrôlé.

Une ferme verticale est donc une serre verticale. Sa hauteur peut être équivalente à 10, 20 ou 40 étages. De telles tours sont des ressources d'énergies éolienne et solaire. Il faut prendre en considération le volume ainsi créé et l'occuper verticalement par des « étagères » fixes ou mobiles qui tournent verticalement et captent la lumière solaire.

L'intérêt d'une ferme verticale est de contrôler tous les intrants. L'eau, les nutriments et les insecticides sont distribués en juste quantité. Les déchets biodégradables sont recyclés. Certains projets intègrent la présence d'animaux (poules, porcs, poissons). Les végétaux produits sont préparés sur place, frais ou transformés.

Une ferme verticale consommerait 40 fois moins d'eau et produirait 10 fois plus qu'un équivalent traditionnel. C'est une production répondant aux critères du développement durable.

L'avancement des projets de fermes verticales se fait en Amérique du Nord, dans les pays fortement urbanisés d'Asie, les pays du Golfe, voire les pays en développement d'Afrique. La France y a des opportunités formidables du fait de sa compétence dans les végétaux (Vilmorin) et de sa réputation gastronomique.

D'autre part, 50% des hypermarchés ont plus de 35 ans et sont donc de grandes surfaces devenues urbaines. Ils peuvent potentiellement abriter des fermes verticales qui compenseraient leur détestable image d'usines à vendre. Il ne faudrait pas voir que les aspects négatifs de la ferme verticale, qui existent.

L'agriculture urbaine individuelle est en plein développement que ce soit les toitures végétalisées, le « home farming », le mouvement Re:Farm the City. Lorsque son modèle économique sera prouvé, son développement sera fulgurant.

Je repars en plongée.

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L'ouvrage le plus récent de Philippe Cahen :
Les Secrets de la prospective par les signaux faibles, Éditions Kawa, 2013.

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Commentaires 4
à écrit le 29/04/2014 à 12:30
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Excellente idée en effet. D'autant qu'environ tous les 7 ans disparaissent simplement en France la surface d'un département par bétonnage et extension des villes. Le bilan d'une ferme verticale s'avère donc très bon sur tous les plans. En outre de pl...

à écrit le 29/04/2014 à 8:57
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c'est triste

le 29/04/2014 à 9:55
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Certes. De même qu'il fut un temps où vos ancêtres trouvaient triste d'acheter au marché ce que l'on pouvait cultiver dans son potager ...

à écrit le 28/04/2014 à 18:22
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Comment faire pour avoir tes cordonnes

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