Voyage au pays du Mittelstand

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Waldkirch, dans la Forêt Noire, siège d'une belle entreprise du Mittelstand, le groupe Sick
Waldkirch, dans la Forêt Noire, siège d'une belle entreprise du Mittelstand, le groupe Sick
Le Mittelstand est probablement l'un des mots allemands les plus populaires dans le monde politique et économique français. Personne n'ignore plus chez nous que ce terme, difficilement traduisible, désigne ces entreprises industrielles de taille moyenne, détenues par des capitaux familiaux, implantées le plus souvent dans de petites villes et qui ont développé un système de management basé sur quelques principes simples, parmi lesquels : une innovation constante, une spécialisation dans des « niches » de haut de gamme, un service client très élaboré et une politique de ressources humaines proche des attentes des salariés et qui privilégie, autant que faire se peut, le site de production allemand.

 Qui sont exactement ces entreprises du Mittelstand qui sont souvent parmi les trois leaders mondiaux de leur industrie, largement ouvertes vers les marchés internationaux et qui constituent un atout irremplaçable pour l'économie allemande et son déploiement international ?

On estime généralement que sur les 1 500 entreprises allemandes qui figurent dans la catégorie des leaders mondiaux, environ 1350 appartiennent au Mittelstand. Elles opèrent très majoritairement dans le B to B, notamment dans la machine-outil, l'équipement électrique, les composants automobiles, les process industriels, la robotique, la construction et la chimie de spécialité. Elles ont développé une relation de proximité avec leurs clients grâce à des services sophistiqués et une présence commerciale intensive sur les marchés. Elles concentrent leurs ressources sur une innovation technologique permanente. Surtout, elles développement des stratégies de long terme, que rend possible la stabilité de l'actionnariat. Voilà pour les principes généraux.

Il se trouve que l'hebdomadaire allemand Wirtschatswoche, partenaire du Voyage en Allemagne, a réalisé, en janvier 2013, un classement des cent entreprises les plus performantes du Mittelstand, en fonction d'un certain nombre de critères de performances, et sur une période de dix ans (2001/2010). Ce travail très élaboré (« Die 100 Besten des deutschen Mittelstands », WirstschaftsWoche, 21/01/2013) permet de mesurer le développement spectaculaire de ces entreprises. Et plonger dans les entrailles de ce classement aide à mettre des noms et des visages sur un certain nombre de ces entreprises, dont le moins que l'on puisse dire est qu'elles ne sont guère connues du grand public en France... Voici une petite sélection de celles que nous avons trouvées particulièrement remarquables.

Chez Schmid, tout pour le solaire

A Freudenstadt, une petite ville de 23 000 habitants, située dans le Bade-Wurtemberg, au coeur de la Forêt Noire, se cache le groupe Schmid, qui a vu le jour en 1864, comme atelier de mécanique et de fonderie. Schmid Group est aujourd'hui l'une des entreprises mondiales les plus performantes en matière de machines et procédés industriels pour la chimie, l'électronique et l'industrie du solaire. Elle fournit en machines et équipements tout ce que l'industrie du panneau solaire en Europe, aux Etats-Unis et en Chine compte comme grands noms, comme BP Solar et China Sunenergy. Schmid Group a d'ailleurs construit deux usines en Chine, une au Japon, une autre en Californie.

Le groupe allemand est aussi l'un des leaders mondiaux pour la fabrication des machines produisant des circuits imprimés (la première machine a été produite en 1965), une activité qu'il exerce aussi à l'échelle mondiale. Le credo du groupe Schmid : « nous respectons l'homme et l'environnement dans lequel nous vivons, et attachons la plus grande importance à la qualité. C'est ce qui a fait de nous le leader mondial en termes de technologie. » Résultat : Schmid réalise 550 millions d'euros de chiffre d'affaires, emploie 2.250 salariés et a enregistré une croissance de 587% au cours de la période 2001-2010. En 2014, elle fêtera le 150ème anniversaire de sa création et elle est toujours dirigée par un descendant du fondateur, Christian Schmid...

Herrenknecht, l'empereur des tunnels

Restons dans le Bade-Wurtemberg, mais plus près de Fribourg-en-Brisgau, sur les bords du Rhin, à deux pas de la frontière française, dans la petite cité de Schwanau, 6 850 habitants, pour découvrir la société Herrenknecht, créée en 1975 par un ingénieur, Martin Herrenknecht ( 6 salariés en 1979), devenue leader mondial des tunneliers, machines de percement de tranchées et d'installations de pipe-lines, et autres équipements de forages profonds pour la géothermie, le gaz ou le pétrole, qui emploie aujourd'hui plus de 3 800 salariés et réalise un peu plus de 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires. Cinq usines en Chine, 100 machines actuellement en activités dans le monde, des réalisations spectaculaires aussi bien dans le secteur de la géothermie que des tunnels routiers, ferroviaires ou techniques.

En France, l'entreprise allemande vient de s'illustrer en terminant, le 25 février dernier, avec deux mois d'avance sur le calendrier, le percement des deux voies du tunnel de Saverne, construit par Spie Batignolles et Dodin Campenon Bernard, sur le tracé de la ligne de TGV Paris-Strasbourg. Herrenknecht a enregistré 218% de croissance de son chiffre d'affaires en dix ans. L' entreprise est toujours dirigée par son fondateur, qui reçoit très régulièrement la visite des ministres du Bade-Wurtemberg et du ministre des transports de la république fédérale...

Sick, sur la vague de l'automatisation des chaînes de production

Pas très loin de là, encore plus près de Fribourg, se trouve la petite ville de Waldkirch, 20 000 habitants, posée en plein milieu de la Forêt Noire elle-aussi, connue pour avoir été un centre de construction d'orgues, y compris d'orgues de barbarie et d'orgues à figurines. C'est aussi là que s'installent en 1956 l'ingénieur Erwin Sick et ses 25 salariés. Né en 1909, Sick a débuté sa vie professionnelle au département d'arithmétique optique de Siemens à Berlin en 1932. Il s'installe à Munich en 1939 et c'est là qu'après la guerre, il obtient de l'administration d'occupation américaine l'autorisation d'exercer son métier d'ingénieur indépendant.

Sans emploi, il gagnait alors sa vie en vendant des postes de radio qu'il fabriquait lui-même. Il crée l'entreprise Sick en 1946 et commence à explorer le marché des capteurs optiques destinés à renforcer la sécurité des machines-outils. Aujourd'hui, le groupe Sick emploie 5.800 personnes, réalise un chiffre d'affaires de plus de 900 millions d'euros et un profit net de 52 millions (en 2011). Il est devenu l'un des plus importants fabricants mondiaux de capteurs installés sur les lignes de fabrication automatisées, les machines-outils robotisées et les processus logistiques. L'entreprise est donc engagée dans une course permanente à l'innovation (le budget recherche et développement s'est élevé à 80 millions d'euros en 2011) et elle est présente dans plus d'une trentaine de pays. Gisela Sick, 90 ans, veuve d'Erwin, disparu en 1988 à l'âge de 79 ans, est présidente d'honneur du conseil de surveillance.

 

Pöschl, le roi du tabac à priser

Toujours dans le sud de l'Allemagne, mais en Bavière, la petite ville de Geisenhausen, (7 000 habitants) près de Landshut, au nord est de Munich, abrite le siège de Pöschl Tabak, premier producteur mondial de tabac à priser (avec une part de 50% du marché), qui emploie 770 salariés et réalise un chiffre d'affaires de 445 millions d'euros. Pour les amateurs de cette façon de consommer du tabac, Pöschl est une sorte de mythe.

L'entreprise a été fondée en 1902 par Aloïs Pöschl, auquel ont succédé ses fils, Wilhem et Aloïs jr en 1935, puis Ernst, le fils de Wilhem et Robert Engels, le gendre d'Aloïs Jr, en 1980. Et à la suite du décès prématuré de son père en 2009, Patrick Engels rejoint Ernst Pöschl à la direction de l'entreprise. Cela fait donc plus d'un siècle que cette famille travaille au développement du tabac à priser, et depuis quelques années, du tabac à pipe. Un marché étroit certes, même si l'Allemagne compte un million d'amateurs de la prise, mais où Pöschl s'est taillé la part du lion...

Siegwerk, numéro 3 mondial des encres

Même si le Bade-Wurtemberg et la Bavière recèlent de nombreuses entreprises du Mittelstand, les autres länder n'en sont pas dépourvus pour autant. Ainsi la petite ville de Siegburg, au sud de Cologne, 40 000 habitants, célèbre pour l'ancienne abbaye de Michaelsberg (Mont Saint-Michel) fondée en 1064 par le saint archevêque de Cologne Annon II, est aussi le siège de la société Siegwerk, troisième producteur mondial d'encres.

L'entreprise a été créée en 1906 par Ernst Rolffs, comme un atelier de photogravure artistique mais ses origines remontent à 1830, à l'occasion de la création d'un atelier d'impression de textiles. Elle réalise aujourd'hui un chiffre d'affaires de 970 millions d'euros, emploie 4 400 salariés dans le monde (dont la moitié en Allemagne), gère une dizaine d'implantations en Inde, quatre en Chine et a enregistré 160% de croissance au cours des dix dernières années. Devise de Siegwerk : « de l'encre, du coeur, une âme... ». L'entreprise a pris le tournant stratégique de l'internationalisation à partir de 1999, sous la houlette d'un ancien cadre dirigeant du groupe Beiersdorf (Nivea), Herbert Forker, choisi par Alfred Keller, principal actionnaire de l'entreprise et descendant des familles fondatrices.

Elringklinger, le maître incontesté du joint de culasse

Belle histoire de famille aussi que celle de la société Elringklinger, basée à Dettingen an der Erms, au sud de Stuttgart, au pied des Alpes Souabes et dont les origines remontent au XIème siècle, connue aujourd'hui pour sa fête du printemps en avril (Frühlingserwachen) et son marché de Noël en décembre. Elringklinger a été fondée en 1879, à Stuttgart, par Paul Lechler, comme une société de commercialisation de joints de culasses, avant d'en assurer la fabrication à partir de 1914.

L'entreprise est aujourd'hui, entre autres, un fabricant de composants de moteurs, ( et notamment des joints de culasse) et de systèmes de purification des gaz d'échappement. Slogan de l'entreprise : « Nouvelles Dimensions ». Ses performances 2012 sont assez spectaculaires, compte tenu de la conjoncture régnant dans l'industrie automobile : un chiffre d'affaires en croissance de 9% à 1,12 milliard d'euros et un profit avant impôts de 123,4 millions. Entre 2001 et 2010, le volume d'affaires de l'entreprise a plus que doublé. Elringklinger gère 27 sites de production dans 19 pays, et réalise 70% de son volume d'affaires hors d'Allemagne et la famille Lechler en détient toujours le contrôle, avec 52% du capital.

Big Dutchman, géant des bâtiments d'élevage

Transportons-nous dans le nord-ouest de l'Allemagne, à Vechta, 31 243 habitants, petite ville du land de Basse-Saxe, près de la ville historique d'Oldenbourg, qui fut un Grand Duché puis un « Etat libre » en 1918, jumelée avec Saint-Pol-de-Léon en France, célèbre pour son Stoppelmarkt, une foire annuelle, créée en 1298 et qui se tient au mois d'août, et pour son université, dotée de centres de recherches spécialisés dans les sciences de l'éducation, les services à la personne, les conséquences de l'allongement de la durée de la vie, le développement régional, les sciences de la vie, l'agriculture et l'écologie...

Mais Vechta est aussi le siège de la société Big Dutchman, spécialisée dans la construction d'quipements pour l'élevage pour volailles et porcins ainsi que d'installations de production de biogaz, et qui réalise plus de 800 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel. Elle n'a pas été créée en Allemagne, mais aux Etats-Unis, en 1938 par un entrepreneur ingénieux, Jack DeWitt, d'origine hollandaise (décédé à plus de cent ans, en janvier 2012), qui avait inventé, avec son frère, un système d'automatisation de la distribution d'aliments dans les étables et bâtiments d'élevage. En 1985, Big Dutchman est reprise par Josef Meerpohl, qui y était entré en 1958 et en avait été longtemps l'agent en l'Allemagne du Nord, et son centre de décision est installé à Vechta. C'est aujourd'hui le fils de Josef, Bernd Meerpohl, qui dirige l'entreprise, dont la croissance a été spectaculaire ces dix dernières années : son chiffre d'affaires est passé de 210 millions d'euros en 2001 à 850 millions d'euros en 2012. Il faut dire que Big Dutchman a élargi son domaine d'activité dans des techniques d'avenir comme le traitement du lisier ou la production d'énergie à partir de la biomasse. L'entreprise est une habituée des récompenses internationales en matière de recherche et de mise au point de nouvelles technologies. L'une de ses dernières innovations, un nouveau système de détection de chaleurs pour l'élevage de truies, et qui détecte de façon automatique, sans stress pour les animaux, le moment exact où les truies sont en chaleur, a reçu un accueil enthousiaste des spécialistes et des éleveurs allemands.

Pourtant Big Dutchman ne réalise plus que 12% de son chiffre d'affaires en Allemagne. Son développement en Europe centrale a été spectaculaire (elle détient 60% du marché dans cette zone). Mais elle est présente aussi en Asie et notamment en Chine, en Amérique latine et en Afrique. Pour autant, il n'est pas question de délocaliser l'outil de production, même s'il est situé au milieu des champs, en Allemagne du Nord. «On ne saurait rêver meilleure implantation » dit Bernd Meerpohl. «Nous sommes dans une région agricole et beaucoup de nos collaborateurs ont aussi une petite ferme, et ils savent fort bien ce que veulent les clients... »

Au travers de cette petite randonnée au c?ur du Mittelstand, se confirment donc les caractéristiques que l'on décrit souvent dans les études. Les entreprises du Mittelstand sont représentatives d'un capitalisme familial très vivant, qui a su se renouveler et lorsque les représentants des familles fondatrices ne figurent pas dans les organes de décisions, ils savent faire appel à des dirigeants de très grande qualité. Ce capitalisme aime la création de valeur au moins autant que les dividendes.

Dans toutes ces entreprises, l'accent est mis sur les capacités d'innovation et de performances technologiques et industrielles, sur la notion de qualité et de service et sur l'engagement des salariés. La dimension internationale de ces entreprises est une réalité. Il n'en est pas une qui ne soit pas implantée en Chine, par exemple, et parfois de façon très significative avec plusieurs sites de production. Les outils de communication sont très sophistiqués (sites Internet très complets, mise en avant des valeurs de l'entreprise, mais aussi de ses technologies, version anglaise systématique, à l'image de celui de Siegwerk par exemple). Et au travers des mots et des images utilisés, on perçoit une assez grande fierté et un attachement fort à l'industrie et au Standort Deutscland...

Au delà des différences culturelles, historiques, économiques et sociales entre l'Allemagne et la France, il y a dans les stratégies et le développement de ces entreprises de nombreuses sources d'inspiration pour les entreprises moyennes françaises.

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Commentaires
a écrit le 22/05/2017 à 15:00 :
Je suis à la recherche d'un partenariat dans le secteur de l'élevage des poules..
a écrit le 21/04/2013 à 23:38 :
En France depuis 200 ans les élites se foutent royalement de l'entreprise moyenne ou artisanale, c'est juste bon pour les losers ! Dès la petite école on ne s'intéresse qu'aux élèves ayant le potentiel de faire prépa et ensuite la réussite c'est de faire l'X ou Hec et d'y sortir dans la botte c a d de devenir un des Apparatchik prétentieux du Ministere des finances puis Pantoufler dans une boite du CAC 40 qui ne cherche qu'à se soustraire à l'impot grâce à une palanquée d'avocats, de ministres et de banques complaisantes. Résultat de cette doctrine sociétale et économique completement irresponsable: 30% de chomage chez les jeunes qui sont totalement désabusés, 80% des thésards fuient à l'étranger, le pays devient un désert industriel, des dizaines de quartiers sont privatisés par la mafia le la débrouille et des trafics, le FN frole les 30%, bref un pays littéralement en perdition...Inutile de rêver sur la réussite économique Allemande, y'aura pas de rattrapage pour la France. On ferait mieux de se comparer à la Pologne ou l'Espagne (sans vouloir les insulter). Je sais pas ce qu'il va advenir de notre pays mais l'avenir y est sombre. Peut être avons nous besoin d'un nouveau 1789 ?
a écrit le 24/03/2013 à 14:29 :
Je suis alsacien par ma mère( et en plus protestante), et je me retrouve bien plus proche philosophiquement des allemands et dans leur approche de l'économie, que du côté des français. Il doit donc y avoir un prisme culturel, voir régional autour des alpes( puisque l'Italie du nord est pareille), les Français n'ont pas à copier les allemands mais à avoir leur propre modèle, il faut juste qu'il acceptent les réalités de ce monde pour s'y adapter, ce n'est pas au monde à s'adapter à eux.
Comparez Savoie, franche-comté, alsace, bade-wurtemberg, suisse, bavière, autriche, lombardie.. avec les sites où se trouvent les ingénieurs et les industries de pointe.
Réponse de le 24/03/2013 à 16:50 :
Tout a fait d'accord avec vos remarques. Il faut regarder la realite en face. En France on a largement le talent de faire face aux defis si on en a aussi l'ambition.
a écrit le 24/03/2013 à 9:53 :
Forcément , l argent qu on met dans le social ils le mettent dans la r&d
Réponse de le 01/04/2013 à 22:36 :
Et la justice sociaaaaaaaaale, alors !
a écrit le 23/03/2013 à 22:19 :
Je crois que l'Allemagne a un très bon socle de capitalisme familiale, c'est plus stable en période de crise et les propriétaires ont un objectif de perpétuer sur le long terme: par conséquent l'innovation, les employés, les clients sont de vrais priorités. Bien différent du capitalisme sauvage anglo-saxon avec les fonds qui cherchent une rentabilité court terme, revendent par morceaux sans logique productive... Le capitalisme doit être un élément fondateur de la Société correctement régulée.
a écrit le 23/03/2013 à 18:50 :
Cette organisation est en voie de disparition. Les faillites y sont nombreuses cachées souvent par des regroupement. L'industrie allemande avance le dos près d'un mur qui se rapproche. Ce système corporatiste d'auto protection [Les Allemands pensaient qu'on allait un jour ou l'autre leur réclamer des dommages de guerre ou bien punir les nazies et autres adorateurs du socialisme de l'époque ou encore punir les voleurs et les pilleurs de toute l'Europe qui étaient nombreux] Le système a donc permis de delocaliser la propriété fiancière principalement en Suisse, afin d'abonder les filiations neuves et innocentes en apparence qui ont été portées à la tête des entreprises restées pour cette raison familiales]. Depuis le monde a tourné et le pays ne fait pas plus que la France en terme de PIB par habitant, certaines années même moins bien ! Alors les Mittels ne seraient pas ce que l'on prétend ??! Il est en tout cas bien de se pencher sur cette question pour éviter toute idéologie économique déplacée... La Tribune commence seulement à le faire, attendons la suite.....
Réponse de le 24/03/2013 à 10:53 :
Il fallait bien que quelqu'un ramene tout aux nazi(e)s. Bravo d'avoir ainsi fait preuve de l'esprit et de la perspicacite francaise.
Réponse de le 24/03/2013 à 11:27 :
En France le PIB est gonflé par les dépenses de l'état et l'immobilier. L'un et l'autre ont atteint de niveaux insoutenables. Il faudrait donc plutôt s'interroger sur le modèle français et son avenir avant de critiquer le Mittelstand, véritable créateur de richesse et d'emplois
a écrit le 23/03/2013 à 15:02 :
Pour une fois que tout le monde est d'accord pour dire du bien de l'Allemagne, c'est réconfortant. Souvenons-nous de la phrase célèbre : "les Allemands aiment les Français mais ne les admirent pas, les Français envient les Allemands mais ne les aiment pas".
Ce qui me frappe dans les débats actuels sur la croissance et l' emploi, c'est qu'on attend tout du politique. Certains entrepreneurs français qui ne cessent de se plaindre que les différents gouvernements leur mettent des bâtons dans les roues et les empêchent d'être compétitifs, feraient peut-être mieux de se remettre en question EUX-MEMES ! Qu'est ce qui fait le succès des produits allemands ? François Roche le dit bien dans son article : capacités d'innovation, recherche constante de la qualité, produits à haute valeur ajoutée, présence à l'International, etc... Les Français ont toujours un temps de retard. Par exemple, ils sortent un SUV (Renault, Peugeot) quand le marché en est déjà inondé !
A quoi sert d'avoir "les meilleures Ecoles de Commerce et Management du monde" ?!!!
Ah, pour se vanter, ça, on est très fort !
Réponse de le 23/03/2013 à 18:05 :
Sans compter que beaucoup de Français osent encore dire des énormités du genre... Nous avons "les meilleures écoles de commerce et management du monde"...!?
Mais vous avez parfaitement raison, les Français aiment tellement se vanter.
Mais bon, le coq! Naît, chante et crève les deux pieds dans la...
a écrit le 23/03/2013 à 14:53 :
Vous auriez pu faire le même reportage en Suisse, mais il faut aller un peu plus loin que seulement Genève à 5 km de la frontière.

http://agefi.com/fileadmin/user_upload/documents/Hollande_en_Suisse/Agefi_Supplement_France_19.11.2012_PDF_light.pdf
a écrit le 23/03/2013 à 11:12 :
En Allemagne le chef d'entreprise est souvent le garant d'une famille d'investisseurs et son rôle premier est de faire perdurer et évoluer son entreprise pour la génération future et pour cela son investissement personnel est primordial.Ainsi ses bénéfices serviront aux innovations, à la formation et à la compétence de son personnel puis seulemnt il pensera à lui et à sa famille.Cherchez donc la réciproque en France ???
a écrit le 23/03/2013 à 10:39 :
Cet article m'inspire deux commentaires, le chemin pour la France est encore très long et l'on mesure combien ce clown de montebourg avec ces gesticulations est à coté de la réalité et ne sert à rien.
a écrit le 23/03/2013 à 10:12 :
En France aussi il existe ce type d entreprise ou les ouvriers sont attaches aux produits qu ils fabrique. Mais helas si elles grandissent un peu elle sont la cible des syndicats idiots et des investisseurs voraces. Je prend exemple des camping car avant il y avait des marques comme Rapido, pilote, le Voyageur, Bursner, Notin tous ou vendu par leurs fondateurs ou par leurs enfants à des groupes de profits. Résultat ce qui faisait la réputation de ses marques en qualite envier par nos voisins sont devenu des produits industriel perdant leurs rapport qualite prix. En France si une entreprise marche ont la canibalise ou lieu de aider.
Réponse de le 23/03/2013 à 17:56 :
Apparemment vous n'êtes pas dégargé(e) par les fautes d'orthographe. Et "un rien fâché(e)" avec la grammaire, par ailleurs.
Réponse de le 23/03/2013 à 18:12 :
"Dérangé(e)"...
a écrit le 23/03/2013 à 9:37 :
vivant à quelques km de la frontière je ne peux que confirmer les dires de cet article ey peut être rajouter l'exemple de la famille mack qui a crée et qui continue de faire progresser Europa Park un parc de loisir rivalisant avec Disney et pour conclure quand le patron/propriétaire roule carosse en Audi A8 ou BMW série 7 (certains diront c'est quoi ces autos?) les ouvriers sont fiers et non pas jaloux .Pays différent mentalité différente même Europe et ils continuent de nous regarder:béret baguette et litron
a écrit le 23/03/2013 à 8:33 :
Très bon article au passage! Et excellents témoignages du (long) chemin qu'il nous reste à parcourir. J'aurais aimé voir apparaître les comparaisons des environnements économiques, fiscaux et législatifs en Allemagne et en France, ca me parait intéressant.
Réponse de le 23/03/2013 à 9:35 :
Vive la rationalité ....Le long chemin à parcourir.....génial super avenir le bonheur sur terre ou encore le paradis terrestre avec son arbre de..l?innovation. Dire qu'il y a encore des gens qui font la sieste et avec un alibi aussi stupide que le soleil qui dérange le travail. Le chemin est long en effet pour climatiser les jeux de pétanques provençaux . Et industrialisé intelligemment les oliveraies et le vignoble ..
a écrit le 23/03/2013 à 8:30 :
Je suis d'accord avec tous les commentaires ci-dessous. J'ajouterais que les PME allemandes du Mittelstand attaquent bien plus tôt à l'export que le peu de consoeurs françaises (enfin celles qui restent). Il est dans leur logique de s'internationaliser si possible dès le départ pour assurer la continuité de la demande et ne pas dépendre d'un seul marché intérieur. Et en France en la matière, on est en retard, comme toujours.

Effectivement, je pense que ce n'est pas les talents ni les ingénieurs qui manquent en France, mais l'environnement fiscal, syndical et législatif qui est à changer. Dans les conditions d'aujourd'hui, il est IMPOSSIBLE de réussir en France. L'histoire du fondateur d'Urgo sur l'article d'Olivier Duha est un exemple. L'histoire de Bertin Nahum fondateur de Medtech, et des difficultés qu'il a connu à se lancer malgré l'immense qualité de son projet est également symptomatique de notre difficile environnement où tout est fait pour empêcher une entreprise d'éclore aujourd'hui. Ca ce sont pour les PME qui ont sorti la tête de l'eau. Combien derrière ont dû déposer le bilan, et surtout combien de créateurs d'entreprises de demain ont mis les voiles (ou vont les mettre) à cause de la détestation des entreprises et surtout des entrepreneurs dans notre pays? Enfin, comme dit ci-dessous, nos entrepreneurs au lieu d'être respectés pour donner des emplois, sont stigmatisés, y compris par la presse de gauche. e monde à l'envers. La presse de gauche, en Allemagne n'aurait jamais fait ça. Bienvenue en France.
Réponse de le 23/03/2013 à 18:54 :
Faut aussi préciser que les PME allemandes sont aidées dans leur développement par les grands groupes allemands qui leur sous-traitent du travail. En France, les grands groupes préfèrent sous-traiter en Chine pour économiser de l'argent et donner davantage de dividendes à leurs actionnaires. Il est aussi bon de préciser que grâce (ou à cause) de l'absence de salaire minimum, les PME allemandes bénéficient d'une main d'oeuvre pas cher venant principalement des pays de l'est.
Réponse de le 24/03/2013 à 11:56 :
Il faut aussi présciser que le Mittelstand est surtout composé d'entreprises industrielles liées par des accords sectoriels avec les syndicats et ont donc un salaire minimal pour leurs employés. Il faut aussi ajouter que ces entreprises sont souvent caractérisées par des priduits à haute technologie et requierent des salariés bien qualifiés et remunérés en conséquence. Les bas salaires allemands, qui existent certes, ne jouent ici quasiment aucun rôle.
a écrit le 23/03/2013 à 5:23 :
les français croient que l'Allemagne est seulement Audi,BMW,DB,etc.La force du Pays
c'est le Mittelstand.Il faut visiter le Pays (pas les villes) pour avoir une idée claire de la
puissance et performance des ces PME
a écrit le 22/03/2013 à 21:48 :
Aux US comme en Allemagne, il coule de source qu'une famille crée ou gére une entreprise familiale pour vivre et permettre à d'autres familles de vivre. En France cela ne coule pas de source. Tout est fait pour spolier la transmission de l'entreprise au sein d'une famille avec des droits de succession exhorbitants (droits de mutation + impôt sur les +values). L'exonération de l'outil de travail à ISF est considérée comme une niche fiscale. Les familles françaises rêvent de devenir fonctionnaire et de vivre aux crochets de l'état. Une forme de noblesse pour tous.
a écrit le 22/03/2013 à 19:40 :
en allemagne, le betriebsfuehrer ( chef d'entreprise) est respecte de tous, meme des syndicalistes, qui ont autre chose a faire que de couler l'entreprise dans laquelle il travaillent dans le cadre de la lutte des classes.... ca un bon francais ne peut pas comprendre ( et ca tombe bien, les allemands ne comprennent pas le contraire, regle de base ' a la francaise')
Réponse de le 22/03/2013 à 21:05 :
Entièrement d'accord !!!!

Le Français ne comprends rien tant qu'il n'a pas le nez dans la m...e
Réponse de le 23/03/2013 à 8:31 :
Vous avez assurément raison concernant les grandes entreprises françaises.... et j'ajouterais que c'est tout à fait réciproque...
Il faut bien dire que tout le processus d'éducation est bâti pour cela... l'élite construit son imaginaire par sa supériorité vis à vis des populaces... on les retrouve à la tête des entreprises, des banques.... avec toute une cohorte de demi élite qui leur lèche les bottes....
Heureusement, dans les PME, c'est très différent....
Réponse de le 23/03/2013 à 19:02 :
on dit "Geschäftsführer" pour chef d'entreprise. Il y a certes moins de grève en Allemagne mais celle-ci existe également (grève dans l'aérien cette semaine). De même, les PME allemandes ne sont pas obligés d'avoir un syndicat représentant le personnel dans l'entreprise contrairement à la France. Ceci peut aussi expliquer en partie que les grèves soient moins nombreuses.
Réponse de le 24/03/2013 à 0:10 :
Désolé pour Churchill, mais "Geschäftsführer" (Geschäft" signifie magasin) est l'équivalent de "gérant" en France. Pour désigner le chef d'entreprise, on utilise les termes "Betriebschef" ou "Betriebsleiter", voire "Firmenchef". Sans oublier "Unternehmer", littéralement "entrepreneur", réservé à celui qui a créé son entreprise.
Réponse de le 24/03/2013 à 9:46 :
J'ai travaille a l'export pour des industriels allemands, italiens, flamands, espagnols et francais dans des secteurs aussi differents que la machine electro-portative, la machine a bois professionnelle, l'outillage pour la metallurgie, la climatisation, les colles etc. Il y aurait beaucoup plus a dire que ce qui a ete developpe dans l'article. Un point important et qui n'est jamais aborde dans les comparatifs entre les pays est la difference de mentalite. Je n'ai jamais vu un industriel qui ait reussi a l'export avant d'avoir su d'abord s'imposer sur son marche domestique. Or en France, un nouvel arrivant sur un marche, quel qu'en soit le secteur, est pratiquement condamne d'avance car devant un nouveau produit l'artisan ou le petit industriel francais dira : "C'est nouveau, attendons de voir si cela marche" alors que son homologue allemand, italien, flamand ou espagnol, lui, dira : "'C'est nouveau, il faut essayer". Lorsque l'artisan ou le petit industriel francais sautera enfin le pas la technologie qu'íl vient d'acheter sera souvent deja depassee. Ce n'est qu'un point devant tant d'autres.
Réponse de le 24/03/2013 à 11:12 :
je travaille en Allemagne est le terme le plus utilisé est Geschäftsführer pour désigner un patron. Betriebsleiter c'est un responsable de production.
Réponse de le 24/03/2013 à 11:18 :
"Je n'ai jamais vu un industriel qui ait reussi a l'export avant d'avoir su d'abord s'imposer sur son marche domestique" = exact, et les allemands achètent prioritairement allemand dès qu'ils peuvent le faire. Un allemand est beaucoup plus patriote qu'un français.
Réponse de le 24/03/2013 à 12:09 :
Comment justifiez vous votre "=exact"? Les allemands sont au moins aussi près de leurs sous que les français et ne vont pas acheter allemand si à qualité équivalente on trouve moins cher ailleurs. Si on remonte aux origines de l'industrie automobile vous verrez que le succès d'entreprises comme Bosch ou Mercedes s'est fait au départ surtout par des ventes hors d'Allemagne et que la part exportée quelques années aprés la création de l'entreprise atteignait des sommets qui n'ont plus été atteints depuis, cela dans une économie qui n'était pas mondialisée. Cette proportion à vendre au niveau mondial est une différence majeure à mon sens.
Réponse de le 24/03/2013 à 12:57 :
si les allemands préféreront acheter allemand même si cela coûte plus cher et des entreprises comme Bosch ou Daimler sous-traitent une grande partie de leur travail à des PME en Allemagne ce qui leur permet de se développer à l'international.
Réponse de le 24/03/2013 à 14:40 :
Der Geschäftsführer n'est pas l'équivalent du chef d'entreprise, n'en déplaise à celui qui dit travailler en Allemagne. Patron et chef d'entreprise sont 2 termes différents. C'est un linguiste qui vous parle, Allemand et prof agrégé d'allemand en classe Prépa HEC. Quand un Français dit "untel est chef d'entreprise", avec ce que cela implique, jamais un Allemand ne dira "er ist Geschäftsführer" ! Quant à "Betriebsführer", personne ne dit ça ! Geschäftsführer est l'équivalent d'un gérant ou d'un gestionnaire, son personnel pourra donc l'appeler "patron", mais il n'est pas chef d'entreprise au sens français du terme. Quant au terme "patron", tout dépendra du contexte. C'est mon patron = er ist mein Chef, mein Boss. Mais le patron au sens d'employeur = der Arbeitgeber.
Il ne suffit pas d'être péremptoire, il faut savoir de quoi on parle. Pardon aux lecteurs pour cette "bataille linguistique" !
Réponse de le 24/03/2013 à 15:14 :
Que des PME se développent dans le sillage de grand groupes, soit. Qu'il y ait de nombreux grands groupes industriels en all. d'accord. Mais vouloir reduire le succès du Mittelstand à la préférence nationale voire au patriotisme: non pas d'accord. Par ex. Mercedes est le nom de la fille du représentant exclusif de Daimler en France, se sont les ventes à la haute bourgeoisie française sous le nom de "mercedes" (qui n'était alors pas utilisé en allemagne) qui ont permis le développement original de la société Daimler, a une époque ou le marché automobile français dépassait de loin l'allemand. Pour reprendre un exemple plus récent cité dans l'article Herrenknecht, crée il y a moins de quarantes ans, leader mondial dans le domaine des tunneliers et du forage, ne s'est pas développé grace au marché allemand (pays peu montagneux et prívilegiant le tramway au métro, sans industrie de gaz/prétrole) mais en allant très tôt chercher les marchés partout dans le monde et désormais implémente sur les 5 continents. La premiere filiale US est ouverte alors que Herrenknecht a 80M de chiffre d'affaires. Il dépasse aujourd'hui le milliard.
Réponse de le 24/03/2013 à 23:27 :
http://dictionnaire.reverso.net/francais-allemand/chef%20d'entreprise
? chef d'entreprise Geschäftsführer (in) m(f)
je vais dire demain à mon patron allemand de ne plus mettre Geschäftsführer sur ses mails car un prof agrégé d'allemand en classe Prépa HEC l'a dit...
c'est bien l'exemple type du français qui croit tout savoir mais qui ne sait pas grand-chose...

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