Wall Street repart à la baisse après des chiffres décevants

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Les places américaines sont reparties à la baisse ce mercredi, après quatre séances de hausse, en raison de statistiques décevantes. Le Dow Jones perd ainsi 0,74% à 8.676 points, le Nasdaq recule de 0,59% à 1.826 points et le S&P 500 cède 1,37% à 932 points.

Wall Street a mis fin ce mercredi à quatre séances consécutives de hausse. En l'absence d'actualité forte sur le front des entreprises, les investisseurs ont réagi à une série de statistiques décevantes, à commencer par les destructions d'emplois dans le secteur privé alors que les statistiques officielles du marché de l'emploi seront publiées ce vendredi. De plus, l'indice ISM services et les commandes à l'industrie sont inférieurs aux attentes. Sans compter que les valeurs pétrolières et industrielles pèsent sur la tendance.

Le Dow Jones perd ainsi 0,74% à 8.676 points, le Nasdaq recule de 0,59% à 1.826 points et le S&P 500 cède 1,37% à 932 points.

Sur le front des statistiques, le secteur privé a donc détruit 532.000 postes au mois de mai, selon les chiffres publiés ce mercredi par le cabinet de conseil en ressources humaines ADP. Les économistes attendaient 525.000 suppressions d'emplois. En outre, le chiffre d'avril a nettement été revu à la hausse, passant de 491.000 à 545.000. La dégradation du marché de l'emploi se poursuit donc, en attendant les chiffres officiels du Département du Travail, qui seront rendus publics vendredi.

Par ailleurs, l'indice ISM services est ressorti à 44 en mai, contre 43,7 en avril. Les économistes s'attendaient à un ralentissement de la contraction de l'activité tertiaire, tablant sur un indice à 45. Rappelons qu'un chiffre de 50 marque la frontière entre une croissance et une dégradation de l'activité du secteur. Enfin, les commandes à l'industrie ont progressé moins fortement que prévu en avril, en hausse de 0,7% par rapport au mois précédent. La hausse escomptée par les marchés était de 0,9%. Cette performance est d'autant plus décevante que la baisse de mars a été revue à la hausse, passant de -0,9% en estimation initiale à -1,9%.

Du côté des valeurs, Aetna chute de 4,66% à 26 dollars, après avoir revu à la baisse ses prévisions de résultats pour l'ensemble de l'année. Le groupe américain spécialisé dans l'assurance maladie ne table plus que sur un bénéfice opérationnel par action compris entre 3,55 et 3,70 dollars sur la période. Sa fourchette précédente allait de 3,85 à 3,95 dollars. L'assureur explique cette baisse par une augmentation de ses coûts et par une diminution de ses revenus liés au programme de santé Medicare.

American International Group (AIG) baisse de 5,77% à 1,47 dollar. L'ancien premier assureur mondial éprouve des difficultés pour vendre ILFC, selon le NewYork Post. Le groupe aurait demandé à l'Etat de garantir la dette de sa filiale de locations d'avions, afin de rassurer les acheteurs potentiels. Au bord du dépôt de bilan, AIG ne doit sa survie qu'aux injections massives de fonds publics (près de 180 millions de dollars). Il s'est depuis engagé à céder de nombreux actifs pour rembourser ces aides.

Sur le secteur de l'énergie, Valero plonge de 17,18% à 18,40 dollars. Le premier raffineur américain vient d'annoncer qu'il s'attendait à une perte de 50 cents par action au deuxième trimestre, en raison de la faiblesse du marché. Les analystes anticipaient au contraire 69 cents de profits par titre. Dans ces conditions, le groupe envisage d'émettre 40 millions d'actions supplémentaires.

Les valeurs pétrolières pèsent également sur les marchés, alors que le prix du pétrole marque une pause dans sa tendance haussière observée ces dernières semaines. Le baril perd plus de deux dollars après la hausse surprise des stocks américains en produits pétroliers. Exxon Mobil cède 1,15% à 72,08 dollars, Chevron recule de 1,57% à 68,26 dollars et ConocoPhillips abandonne 4,80% à 45,63 dollars.

Les valeurs industrielles sont également en forte baisse, plombées par les chiffres des commandes à l'industrie. Le groupa aéronautique Boeing cède ainsi 1,69% à 48,37 dollars, le fabricant d'engins de chantier Caterpillar recule de 2,11% à 36,66 dollars, les chimistes Dow Chemical et Dupont chutent respectivement de 5,61% à 17,68 dollars et de 3,73% à 28,93 dollars et le géant de l'aluminium Alcoa plonge de 4,28% à 10,07 dollars.

Intel cède 1,54% à 15,94 dollars. Pourtant, le leader mondial du marché des microprocesseurs a indiqué ce mercredi qu'il anticipait de fortes ventes mondiales d'ordinateurs portables. Il compte par ailleurs lancer un nouveau microprocesseur destiné aux portables ultra-minces, dont la demande est en forte croissance. Son concurrent AMD chute de 3,95% à 4,38 dollars.

Yahoo chute de 1,93% à 16,30 dollars. Carol Bartz, la nouvelle directrice générale du portail Internet californien, entretient toujours le doute sur ses intentions concernant un rapprochement avec Microsoft, invitant à oublier toutes les rumeurs de partenariat entre les deux rivaux de Google. Mais dans le même temps, elle a estimé que cela pourrait entraîner des économies annuelles de 700 millions de dollars. Yahoo avait refusé l'an passé une offre de rachat de Microsoft d'un montant de 47,5 milliards de dollars, mais le départ en janvier de son directeur général et cofondateur Jerry Yang avait rouvert la voie à une possible entente.

PepsiCo baisse de 1,18% à 54,27 dollars. Le numéro deux mondial des boissons non alcoolisées a annoncé ce mercredi qu'il pourrait renoncer à prendre le contrôle de Pepsi Bottling (-2,09% à 33,28 dollars), l'un de ses principaux embouteilleurs. Le groupe avait lancé en avril une offre de 6 milliards de dollars en direction des actionnaires minoritaires de ses deux plus grands embouteilleurs, PepsiAmericas et Pepsi Bottling. Mais ce dernier avait estimé que le montant proposé était trop faible.

Enfin, Toll Brothers perd 6,61% à 18,24 dollars. Le groupe de construction résidentielle haut de gamme a vu sa perte diminuer au deuxième trimestre, à 83 millions de dollars. Par action et hors exceptionnels, cela représente 3 cents par action alors que les marchés tablaient sur un déficit de 50 cents. Le chiffre d'affaires a fondu de 51%, à 398 millions de dollars, un chiffre légèrement inférieur au consensus des analystes.

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a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Cimade: la décision du Conseil d'Etat sur la rétention "n'annule pas le décret mais l'encadre"
Laurent Giovannoni, secrétaire général de la Cimade, a déclaré mercredi à l'AFP, après la décision du Conseil d'Etat sur la rétention des étrangers en situation irrégulière, que si cette juridiction "n'annule pas le décret, elle l'encadre et l'interprète".
Le Conseil d'Etat a rejeté mercredi en début d'après-midi la demande d'annulation du décret du 22 août 2008 modifiant les modalités d'assistance aux étrangers en situation irrégulière placés en rétention administrative. Cette demande émanait de la Cimade et de neuf autres associations défendant le droit des étrangers.
Le Conseil d'Etat souligne néanmoins dans son arrêt que "le décret doit être compris comme prévoyant que cette convention porte non seulement sur l'information mais aussi sur l'accueil et le soutien des étrangers, pour permettre l'exercice effectif de leurs droits".
"Si le Conseil d'Etat n'annule pas le décret, il l'encadre et l'interprète", s'est félicité Laurent Giovannoni auprès de l'AFP. Le Conseil d'Etat, a-t-il ajouté, "définit ce que devra être la prochaine mission".
Par ailleurs, dans un communiqué, la Cimade estime que "bien que le Conseil d'Etat n'ait pas repris à son compte l'ensemble des arguments développés par les associations, l'encadrement précis qu'il donne du décret porte sur le coeur même de la réforme". "Il indique que la mission des associations en rétention doit être une mission d'aide juridique et ne peut se réduire à une mission d'information", ajoute le communiqué.
Rappelant la décision prise samedi par le juge des référés du Tribunal administratif de Paris de suspendre les contrats et l'appel d'offres sur les centres de rétention, la Cimade "appelle à nouveau le ministre de l'Immigration à ouvrir une véritable négociation avec les associations de défense des droits afin d'élaborer un dispositif pérenne qui permette (...) de garantir la qualité de l'assistance que les associations, ensemble, doivent apporter aux étrangers en rétention".
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