Craintes sur la Grèce et l'Espagne, la Bourse de Paris plonge de 3,64%

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La Bourse de Paris termine en nette baisse ce mardi. Le CAC 40 chute de 3,64% à 3.689 points. Le marché craint une contagion de la crise grecque à d'autres pays de la zone euro.

La Bourse de Paris évolue en nette baisse ce mardi. Le CAC 40 perd 3,43% à 3.697 points. Le marché reste nerveux concernant la situation en Europe et l'aide à la Grèce. Un représentant de Moody's a précisé que le plan d'aide élaboré par le FMI et l'Union européenne en faveur de la Grèce ne signifie pas la fin de la crise budgétaire du pays parce que la clé du problème repose dans la capacité d'Athènes à réduire son déficit budgétaire conformément à ses engagements.

"On ne peut pas dire que c'est une conclusion définitive parce que l'ajustement (budgétaire) est très difficile pour la Grèce", a dit Tom Byrne, responsable des notations souveraines de l'agence à Singapour, dans un entretien à l'agence Reuters. "La capacité de la Grèce à ajuster vraiment (son déficit), et le maintien de la cohésion sociale du pays: voilà les éléments clés à surveiller", a-t-il ajouté en marge d'une réunion de la Banque asiatique de développement à Tachkent.

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a d'ailleurs prévenu que la Grèce s'exposait au défaut de paiement si elle ne remplissait pas ses engagements de redressement des finances publiques. "S'il y avait des manquements" au programme d'austérité décidé par le gouvernement grec, le Fonds monétaire international (FMI) et la Commission européenne, "les versements seraient stoppés. Et alors le défaut de paiement menacerait à nouveau Athènes".

De plus, des rumeurs circulent selon lesquelles l'Espagne serait en train de négocier une aide de 280 milliards d'euros auprès du FMI, le Fonds monétaire international. Le Premier ministre espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a démenti ces informations, suivi en cela un peu plus tard par le FMI.

Tout le secteur automobile a dérapé ce mardi. Peugeot signe la plus forte baisse de l'indice parisien. Le titre chute de 7,07% à 21,03 euros. Le constructeur a été lourdement condamné pour avoir écarté abusivement un concessionnaire. Dans son sillage, Renault recule de 6,42%, Michelin de 4,75% et Valeo de 6,65%. Les immatriculations de voitures neuves en Allemagne ont chuté de 32% sur un an en avril, à 259.500 unités.

Aucune valeur du CAC 40 n'est dans le vert.

Inquiet concernant l'aide à la Grèce et les rumeurs sur l'Espagne, le secteur bancaire décroche. Crédit Agricole perd 5,97%. L'établissement est l'une des banques françaises les plus exposées. Il a une exposition au risque souverain de la Grèce de 850 millions d'euros et est actionnaire de la banque grecque Emporiki, un des neuf établissements dont la note a été dégradé par Moody's.

Société Générale, qui dévoile demain ses résultats trimestriels, se replie de 5,75% et Dexia de 5,3%. BNP Paribas cède 6,12%. Son directeur général Baudoin Prot avait pourtant déclaré la semaine dernière que l'exposition de l'établissement aux banques grecques était "négligeable".

Axa, de son coté, recule de 5,03%. Lors de l'assemblée générale de l'assureur vendredi, Henri de Castries, président-directeur général du groupe, avait indiqué que l'exposition d'Axa à la dette grecque atteignait 500 millions d'euros. Selon Reuters, qui reprend les propos du patron de l'assureur, ce "montant est mineur, au regard d'un portefeuille obligataire totalisant environ 400 milliards d'euros".

Total, la première capitalisation du CAC 40, est également un gros contributeur à la baisse du CAC 40. Le titre cède 3,98% à 39,52 euros. Le groupe pétrolier est victime d'une note de CM-CIC qui estime que les résultats du premier trimestre 2010 de Total sont "moins brillants" que ceux de ses pairs. Total a annoncé, vendredi, un résultat net ajusté de 2,3 milliards d'euros au premier trimestre en hausse de 9%. Le titre est également pénalisé par le fort recul des cours du brut. Le baril de WTI américain s'échange contre 83,33 dollars et celui de Brent de la mer du Nord contre 86,35 dollars. Ils sont montés, lundi en séance, à leurs plus hauts niveaux depuis octobre 2008, soit respectivement 87,15 dollars et 89,58 dollars.

Technip recule de 3,16% à 59,43 euros. JP Morgan a pourtant relevé son objectif de cours de 50,50 à 64 euros, tout en relevant ses estimations 2010 et 2011 de respectivement 27% et 11% pour prendre en compte des perspectives meilleures que prévues de sa division "subsea".

STMicroelectronics perd 4,98% à 6,73 euros, victime d'un abaissement de recommandation de Cheuvreux.

Vinci perd 4% à 40,29 euros. Vinci Park, filiale de Vinci, a annoncé un accord avec Qatari Diar Real Estate Investment Company (Qatari Diar), pour créer une société commune de prestation de services spécialisée dans la conception et l'exploitation de parkings au Qatar.

GDF Suez perd 1,10% à 27 euros. L'Assemblée a notamment autorisé le Conseil d'administration à procéder à des rachats d'actions propres. Il va donc racheter des actions à hauteur de 400 millions d'euros environ dans les semaines à venir.

Alstom cède 4,29% à 42,38 euros. Le groupe industriel a enregistré pour son exercice 2009-2010 un résultat d'exploitation en progression de 16% pour une marge opérationnelle de plus de 9%, alors que le niveau des commandes a chuté de 39% en raison de la crise.

EADS abandonne 1,41% à 13,65 euros. Louis Gallois, président exécutif d'EADS, a déclaré que le groupe européen a une "réelle chance" d'emporter le contrat d'avions ravitailleurs de l'US Air Force, dans une interview publiée sur le site du quotidien allemand Bild.

Hors CAC 40, Boursorama cède 2,06% à 9,04 euros. Le bénéfice net du spécialiste de la banque et du courtage en ligne, filiale de la Société Générale, a reculé de près de 65% au premier trimestre, à 8,2 millions d'euros.

Vilmorin abandonne 3,75% à 71,11 euros. Le semencier a annoncé s'attendre à une croissance mesurée de son chiffre d'affaires sur l'ensemble de l'exercice, le contexte agricole restant tendu en Europe.

Dassault Aviation cède 2,34% à 598,31 euros. Le groupe s'attend à un redressement de ses commandes en 2010, a déclaré lundi son PDG Charles Edelstenne, lors du salon de l'aviation d'affaires Ebace à Genève. "Nous avons terminé le premier trimestre avec un solde net de commandes négatif de quatre avions", a-t-il dit, selon des propos rapportés par Le Figaro. "Il existe encore des risques d'annulation ou de reports mais nous espérons bien que ce sera le dernier trimestre négatif et que, fin 2010, notre solde net de commandes sera positif."

Thales baisse de 2,53% à 27,38 euros. Le groupe a annoncé qu'il inscrirait une provision d'environ 35 millions d'euros dans ses comptes du premier semestre, alors que la cour d'arbitrage de la Chambre de commerce internationale (ICC) a jugé que la France devait payer 630 millions d'euros de dédommagements à Taiwan dans l'affaire de la vente de six frégates en 1991.

M6 se replie de 1,24% à 19,44 euros après avoir annoncé une hausse de 2,1% des recettes publicitaires de la chaîne à la faveur d'une reprise "significative" amorcée en mars. Le groupe de télévision a vu son chiffre d'affaires consolidé total augmenter de 10,3% sur la période, à 361,1 millions d'euros, à la faveur d'un bond de 16,7% de ses revenus non publicitaires.

Du coté des devises, l'euro a plongé sous 1,31dollar, descendant à 1,3030 dollar, son plus bas niveau depuis un an, toujours en raison de ces craintes de contagion de la crise grecque à d'autres pays de la zone comme l'Espagne et le Portugal. La déclaration du Premier ministre slovaque Robert Fico selon laquelle son pays ne peut "octroyer à la Grèce aucun prêt avant de les voir faire leur devoir" en réduisant leurs dépenses et leur déficit n'a pas rassuré sur la solidarité au sein de la zone euro.

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Commentaires
a écrit le 04/05/2010 à 19:46 :
Boursorama Banque a publié ses résultats aujourd'hui, le bénéfice net a reculé, cela a peut être impacté les marchés.

http://www.comparabanques.fr
a écrit le 04/05/2010 à 15:59 :
Un important mouvement de baisse de la Bourse ajouté à une baisse importante de l'EURO pourrait alors constituer un excellent environnement pour un acaht sur les Marchés. Voyons où nous irons.
En attendant, les Leaders Politiques qui dès le départ ont accepté dans la Zone EURO des pays qui n' auraient jamais dû y entrer (Belgique, Italie) puis ensuite d'autres (la Grèce......) qui n'auraient jamais dû la rejoindre, plus des Leaders Politiques incapables d'exercer les Responsabilités internationales qui sont les leurs (Madame la Chancelière......) portent une responsabilité écrasante dans ce gigantesque bazar !
a écrit le 04/05/2010 à 14:43 :
On l'a déjà écrit. Ce pourrait ne pas être la crise de la Grèce mais la crise de l'euro. Rappelons nous de l'idée des cercles concentriques avancée par l'Allemagne au milieu des années 90 pour intégrer progressivement les candidats à l'euro. Idée abandonnée et pourtant réaliste avec le recul. Et je viens de retrouver un entretien avec Milton Friedman de 1996 qui doutait de l'avènement de la monnaie unique. Pas mal non plus . http://ami.du.laissez-faire.eu/_fried3.php5

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