Publicis rate sa communication au marché

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Le groupe s'est montré confiant dans ses perspectives pour 2011 à l'occasion de la publication de son chiffre d'affaires trimestriel. Mais le marché attendait plus de bonnes surprises et a sanctionné le titre.

Publicis compte toujours faire mieux que le marché en 2011, en réalisant une croissance d'au moins 5%, malgré les événements survenus au Japon et au Moyen-Orient, a déclaré le président du directoire Maurice Lévy.

Le troisième groupe publicitaire mondial en terme de revenus a publié jeudi un chiffre d'affaires en ligne avec les attentes au premier trimestre, soutenu par le dynamisme des Etats-Unis et la bonne tenue de ses activités en Europe, notamment en France. "Ce qui se passe au Japon et au Moyen-Orient, cela ne change pas les objectifs du groupe", a déclaré Maurice Lévy devant des journalistes. "Sur l'année, nous sommes confiants".

ZenithOptimedia, filiale de Publicis , a récemment revu en baisse sa prévision de croissance des recettes publici taires mondiales pour cette année à 4,2% contre 4,6% précédemment, en raison de l'impact du séisme et du tsunami qui ont frappé le Japon et des soulèvements populaires dans plusieurs pays arabes.

Maurice Lévy a cependant précisé que l'impact de ces événements sur l'activité de Publicis restait limité, le groupe étant faiblement présent dans l'archipel nippon. "Nous pensons que malgré des bases de comparaison qui nous sont défavorables, on va continuer de surperformer le marché", a-t-il dit, réaffirmant l'objectif annoncé par le groupe lors de la publication de ses résultats 2010.

L'un de ses principaux concurrents, WPP , s'est fixé pour sa part un objectif de croissance de 5% en 2011, une prévision qualifiée mardi de "prudente" par son directeur général Martin Sorrell. Interrogé à ce sujet, Maurice Lévy a répondu qu'un taux de croissance de 5% serait "très conservateur" pour Publicis.

"Le deuxième trimestre s'annonce bon et l'ensemble de l'année pour Publicis s'annonce bon et très bon", a dit le patron de Publicis , dont l'optimisme est cependant tempéré par la hausse des matières premières qui engendre une pression sur les coûts et pousse les entreprises à protéger leur marge.

"A ce jour, nous n'avons pas eu d'expérience de coupe budgétaire", a-t-il précisé.

Le titre décroche

A la Bourse de Paris, le titre a été lourdement sanctionné avec une baisse de près de 4% à la mi-journée alors que l'indice sectoriel européen des médias cédait 1,1% dans le même temps. Au final, la valeur a enregistré la deuxième plus forte baisse du CAC 40 avec un recul de 3,63 %.

"Les chiffres sont bons en valeur absolue mais ils marquent une nette décélération après un T4 record", explique Charles Bedouelle, analyste à Exane BNP Paribas, dans une note. Sur les trois derniers mois de 2010, l'activité avait bondi de 12,5%.

Au premier trimestre de 2011, le groupe signe une croissance organique de 6,5% avec un chiffre d'affaires de 1,29 milliard d'euros, un chiffre globalement conforme au consensus établi par la rédaction de Reuters.

A titre de comparaison, le numéro deux mondial Omnicom a annoncé une progression de 5,2% à données comparables sur la même période.
Le chiffre d'affaires de Publici s a notamment été soutenu par la poursuite de la croissance aux Etats-Unis (+8,4%) où le groupe est très présent dans le numérique, l'un des piliers de sa stratégie de croissance avec les marchés émergents.

La Chine, où le groupe a pour ambition de doubler de taille d'ici 2013, affiche un bond de 8,2%, mais l'ensemble de la région Asie-Pacifique ne croît que de 1,5%, pénalisé par les reculs enregistrés au Japon, en Australie, en Thaïlande et en Corée.L'Europe, le deuxième marché du groupe après l'Amérique du Nord, progresse dans son ensemble de 6,2%, tiré notamment par la France (+8,2%) et par l'Allemagne. 

Sur l'ensemble de la période, Publicis a enregistré pour 1,9 milliard de dollars (1,3 milliard d'euros) de gains nets de nouveaux budgets.  Maurice Lévy a indiqué que le groupe rachèterait les parts de Dentsu, son principal actionnaire avec une participation d'environ 11%, si l'occasion s'en présentait. Le japonais aura la possibilité à l'été 2012 de céder la totalité de ses parts, d'en vendre seulement une partie ou de les conserver. "Il appartient d'abord à Dentsu de décider de ce qu'ils veulent faire", a-t-il expliqué. "Dans le cas d'une cession, (...) nous nous porterions acquéreurs et nous annulerions les actions".

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