L'emploi américain fait plonger le CAC 40

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A l'instar des autres grandes places européennes, la Bourse de Paris s'est fortement repliée après la déception provoquée par le rapport de l'emploi aux Etats-Unis pour le mois d'août.

La Bourse de Paris s'est inscrite en forte baisse ce vendredi, pénalisée par des prises de bénéfices alimentées par les mauvais chiffres de l'emploi aux Etats-Unis. Après avoir chuté de 4,08 % au plus bas de la séance, le CAC 40 s'est finalement replié de 3,59 % à 3.148,53 points.

La fébrilité a été de mise sur le marché parisien. Après quatre séances de hausse ayant permis au CAC 40 de rebondir de près de 5,80 %, les investisseurs ont préfèré prendre leurs bénéfices. Ce d'autant plus que le rapport mensuel sur l'emploi aux Etats-Unis pour le mois d'août a déçu. Le scénario de la séance de jeudi, lors de laquelle la tendance s'était retournée après une statistique américaine meilleure que prévu ne s?est donc pas répété.

Il faut dire qu'après les derniers chiffres hebdomadaires qui avaient fait état d'une relative amélioration du marché du travail américain, la douche est particulièrement froide. Alors que le consensus des économistes interrogés par Reuters s'attendait à 75.000 créations d'emplois en août, la première puissance économique mondiale n'en a finalement créé aucun sur la période, mettant ainsi fin à dix mois de créations nettes. Le taux de chômage, est, par ailleurs,  resté stable à 9,1 % conformément aux prévisions.

Certes, certains spécialistes mettent en avant que les mauvais chiffres de l'emploi renforcent l'espoir d'une intervention de la Réserve fédérale depuis la publication, mercredi dernier, des minutes de la dernière réunion de la FED. Mais les marchés semblent davantage préoccupés par le piètre état de santé de l'économie américaine. Ce d'autant plus que l'évolution des revenus outre-Atlantique est également morose. Fin août la hausse des salaires, en rythme annualisé, n'a été que de 1,9 % alors que l'inflation grimpait de 3,6 % sur la même période.

Autre facteur plaidant pour une consolidation du marché, le retour en force des inquiétudes liées à la crise de la dette souveraine et notamment le cas grec. Au terme du premier semestre le déficit public hellène est en effet ressorti à 21 milliards d'euros, soit déjà largement supérieur à celui prévu pour l'ensemble de l'année (16 milliards d'euros). Dans le sillage de cette annonce, les autorités grecques et les inspecteurs de la Troîka (Union européenne, FMI et BCE) ont suspendu leurs pourparlers pour dix jours. Les deux parties sont en désaccord sur les raisons et l'ampleur du retard pris par Athènes dans la réduction de son déficit budgétaire. Une pause imprévue qui révèle des tensions dans le processus de mise en place du deuxième plan d'aide à la Grèce.

Sur le front des valeurs, aucune des composantes du CAC 40 n'est en progression. Plus fortes chutes, Crédit Agricole et Société Générale ont plongé respectivement de 7,38 %, et 6,65%, suivi de près par BNP Paribas (-6,24 %) et Natixis (-4,57 %). Selon une information du New York Times, les autorités américaines projettent de réclamer plusieurs milliards de dollars à plusieurs établissements au titre de dédommagements pour leur rôle dans la crise des subprimes.

Les valeurs cycliques ont également figuré parmi les plus attaquées. Ainsi ArcelorMittal a abandonné 6,39 %, Saint Gobain s?est replié de 6,02%, Peugeot de 5,99 %, Renault de 5,43 %.

Schneider Electric a décroché de 5,69 %. Afin d'augmenter la liquidité, et par décision du conseil d'administration, le nominal du titre a été divisé par deux. Après une hausse de 5,5 % en quatre séances, le titre a subi un mouvement de prises de bénéfices accentué par l?abaissement de la recommandation d?Exane BNP Paribas à "neutre" contre "renforcer" précédemment.

Suez Environnement a plongé de 4,23 %. Le titre dont le cours a lourdement chuté depuis le début de l'été devrait sortir de l'indice phare de la place parisienne. La décision du conseil scientifique des indices, qui est attendue dans la soirée,  devrait être appliquée dès le 16 septembre. Selon Exane BNP Paribas, Safran devrait à cette occasion faire son entrée dans le CAC 40. Après avoir pris plus de 13 % sur les quatre dernières séances, l'action perd 2,77 %.

Pernod Ricard (-0,58 %) est le titre qui a le mieux résisté à la tendance. L?action a été portée par ses résultats annuels publiés jeudi mais également par plusieurs relèvements de recommandation et d'objectifs de cours. Ainsi Deutsche Bank recommande dorénavant de conserver le titre contre « vendre » précédemment. De son côté, Nomura, toujours à l'achat, a passé son objectif de cours de 72 à 75 euros.

Hors CAC

Neopost (+10,39 %) figure en tête du SBF 120. Lors de la présentation de ses résultats semestriels, la société a relevé sa prévision de chiffre d'affaires annuel pour la deuxième fois. Elle s'attend désormais à une croissance du chiffre d'affaires de 4% à 6% à taux de change constants en 2011 contre 3-5% auparavant.

Devise et pétrole

Sur le marché des changes, la monnaie unique a poursuivi son repli face au billet vert. A la clôture des marchés européens, un euro s'échangeait contre 1,4207 dollar. Dans le même temps, les cours du brut étaient en baisse. Le Brent de la mer du Nord perdait 0,82 % à 113,35 dollars tandis que le WTI s'échangeait contre 87,31 dollars (-1,82 %)

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