Le CAC 40 s'inquiète de la situation en Italie

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Malgré la démission de Silvio Berlusconi, les vives tensions observées sur les taux d'Etat italiens inquiètent le marché. Après avoir ouvert en hausse, l'indice parisien est reparti à la baisse.

A l'instar des autres marchés européens, la Bourse de Paris cède du terrain malgré l'annonce du prochain départ de Silvio Berlusconi. Preuve que cette perspective ne résout pas le problème de fond sur l'état des finances publiques transalpines, de vives tensions sont actuellement observées sur les taux d'état italiens. L'indice CAC 40 abandonnait 2,67% à 3.060,13 points vers 12h45.

Alors que l'agenda des statistiques macro-économiques est allégé ce mercredi, le marché réagit donc, une nouvelle fois, aux annonces politiques. Et dans ce registre, l'information du jour est, du moins pour l'heure, l'annonce du prochain départ de Silvio Berlusconi de son poste de président du conseil italien. Mais le marché continue de s'inquiéter de l'état des comptes publics italiens. D'ailleurs sur le compartiment obligataire, les taux d'états italien se négocient actuellement avec une prime historique depuis la création de l'euro en 1999, par rapport aux "Bund" allemands. L'écart de rendement a atteint un pic de 521 points de base.

Conscient des conséquences du vote de mardi où son gouvernement de centre droit a perdu la majorité absolue, le « cavaliere » a annoncé qu'il démissionnerait après l'adoption au Parlement de la nouvelle loi de finances. Initialement prévu à la fin du mois, le vote du nouveau budget pourrait être maintenant accéléré. "Après l'adoption de cette loi de finances, avec tous les amendements demandés par l'Europe et réclamés par l'Eurogroupe, je démissionnerai de mes fonctions pour permettre au chef de l'Etat d'engager des consultations", a déclaré le président du conseil sur sa propre chaîne de télévision Canale 5.

"Au moins la moitié du chemin a été parcourue, mais il reste l'autre moitié. Nous devons encore savoir par qui il sera remplacé", a commenté Jack DeGan, investisseur en chef de Harbor Advisory Corp à Portsmouth dans le New Hampshire. Dans ce contexte, les investisseurs surveilleront de près l'évolution des taux longs italiens. Lundi prochain, Rome doit en effet émettre des obligations à 5 ans. Or « les taux à 5 ans à 6,98% (point haut de la courbe) rendent peu probable cette émission » note Aurel BGC dans sa note matinale.

Par ailleurs, en Grèce, la situation semble se débloquer. La composition du nouveau gouvernement devrait être annoncée ce mercredi à l'issue d'une série de réunions politiques entre le président de la République, le Premier ministre sortant George Papandréou et les chefs de file des partis politiques du pays. Selon une source proche du Pasok, parti socialiste au pouvoir, Lucas Papademos, ancien vice-gouverneur de la BCE entre 2002 et 2010, devrait être nommé à la tête du nouveau gouvernement de transition. Ses deux missions principales seront de poursuivre la politique d'austérité pour obtenir le maintien de l'aide internationale et d'organiser des élections législatives anticipées dans trois mois.

En outre, l'annonce d'une décélération de l'inflation chinoise en octobre est également de nature à rassurer les investisseurs. Selon le Bureau national des statistiques, la hausse des prix à la consommation est revenue à 5,5% sur un an le mois dernier contre 6,1% en septembre, poursuivant ainsi le ralentissement amorcé après un pic à 6,5% en juillet.

Sur le front des valeurs

Le regain d'inquiétudes quant à la situation italienne a inversé la tendance du secteur bancaire. En progression de plus de 2 % dans les premiers échanges, les valeurs bancaires sont, à la mi-séance, mal orientées. Ainsi Société générale plonge de 5,52%, BNP Paribas de 3,94% et Crédit Agricole de 2,82%.

Preuve de l'inquiétude qui règne sur le marché, les valeurs cycliques sont également en repli à l'image d'ArcelorMittal (-6,06%), d'Alstom (-5,37%) de Lafarge (-4,67%) ou encore de Peugeot (-4,76%).

Bouygues recule de 3,98%. Le titre subit le changement de recommandation de Citigroup. L'intermédiaire ne préconise plus à l'achat mais la vente du titre.

Michelin (- 2,62%) a annoncé avoir retiré 405 millions d'euros de la vente de sa participation dans le sud-coréen Hankook. La cession de cet actif a permis au groupe de réaliser une plus-value de 255 millions d'euros.

A l'inverse, des valeurs défensives telles que Pernod Ricard (-0,57%), Danone (-0,65%) ou encore Essilor International (-0,93%) affichent les meilleures performances de l'indice parisien.

Hors CAC

Ubisoft s'octroie 5,23%. Les investisseurs saluent la confirmation de l'objectif de retour à la rentabilité en 2011-2012. Annonce effectuée lors de la présentation des chiffres semestriels faisant état d'une perte nette de 37,1 millions d'euros au premier semestre 2011-2012, pour un chiffre d'affaires de 248,5 millions.

CGG Veritas grimpe de 2,65%. Le groupe a annoncé un bénéfice net de 41 millions de dollars au troisième trimestre pour un chiffre d'affaires de 797 millions de dollars. Par ailleurs son carnet de commandes atteignait 1,24 milliard de dollars à la fin septembre. Le groupe de services pétroliers se dit "confiant" quant à la réalisation de ses objectifs 2011.

Dexia plonge de 10,53%2,39%. La banque franco-belge a annoncé mercredi avoir décidé d'augmenter le capital de sa filiale française Dexia Crédit Local après les dépréciations que le groupe a dû enregistrer sur ses obligations d'Etat grecs.

Legrand recule de 4,73% dans le sillage de l'annonce de la cession de près de 9,2% du capital par les fonds gérés par KKR et Wendel.

Devise et Pétrole

Sur le marché des changes, la monnaie unique est en forte baisse face au billet vert. Vers 12h45, un euro s'échangeait contre 1,364 dollar soit un repli de 1,36%. Dans le même temps, les cours de l'or noir reculaient. Le baril de Brent de la Mer du Nord perdait 1,43% à 113,35 dollars tandis que le WTI lâchait 1,47% à 95,38 dollars.

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