Le Dax 30 sonné par la menace sur la note allemande

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Contrairement à ses consœurs européennes, la Bourse de Francfort n'arrive pas à relativiser l'annonce de la mise sous surveillance de son "AAA" par Standard and Poor's. C'est la première fois que la notation de l'Allemagne est directement menacée.

La surprise est de taille. L'agence de notation Standard and Poor's a annoncé lundi soir la mise sous surveillance négative de 15 des 17 pays de la zone euro et notamment l'Allemagne qui semblait être à l'abri d'une telle menace. L'annonce fait l'effet d'un coup de massue outre-Rhin. Preuve en est, le Dax 30 souffre ce mardi plus que ses pairs. A la clôture, l'indice francfortois lâchait 1,27% alors que le CAC 40 ne cédait que 0,68%.

Certes, la chute de RWE ce mardi à la suite d'une augmentation de capital pèse sur le Dax 30. Mais c'est surtout la première fois que la notation AAA de l'Allemagne, considérée comme l'élève modèle de la zone euro, est directement menacée. Un risque qui n'avait pas forcément été intégré dans les cours. Ni même pris en compte par la classe politique allemande. L'incompréhension transparaît dans les déclarations des responsables outre-Rhin. Pour Michael Fichs, numéro deux du parti politique d'Angela Merkel, il s'agirait d'une man?uvre politique pour éloigner l'attention des investisseurs des Etats-Unis où la dette dépasse celle de la zone euro dans son ensemble.

Pourtant, cette menace ne semble pas sans fondement. Interrogé par Reuters, Etienne Gorgeon, directeur de la gestion taux et crédit chez Edmond de Rothschild Investment Managers considère que l'Allemagne "a un potentiel élevé de perdre son triple A". En cause, "son problème de démographie fortement pesant, sa population active diminue rapidement", estime le spécialiste qui indique par ailleurs que "dans une économie européenne atone, voire plutôt déprimée, l'Allemagne ne fera pas réellement mieux du fait de sa dépendance du reste de l'Europe".

Le pays avait déjà connu des tensions fin novembre, cette fois sur son marché obligataire. Le pays n'avait pas trouvé preneur sur une émission de dette à dix ans. La nouvelle avait fait l'effet d'un coup de semonce, provoquant une réaction des dirigeants européens pour accélérer une processus de sortie de crise.

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