Pourquoi le Dow Jones fait bien mieux que le S&P 500

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L'écart entre les deux indices n'a jamais été aussi important. Le DJ 30 progresse de 4% depuis le 1er janvier contre un repli pour le S&P.

L'exception est notable. Alors que les marchés boursiers s'apprêtent pour la plupart à clôturer une année 2011 dans le rouge, l'indice phare de Wall Street, le Dow Jones (DJ30) affiche une progression de près de 4 % depuis le 1er janvier. Une performance bien supérieure aux indices européens, pris dans la tourmente de la crise des dettes souveraines. Mais, fait plus étonnant, le Dow Jones fait aussi bien mieux que son compatriote S&P500. Celui-ci recule depuis le début de l'année de près de 2 %. Un différentiel entre les deux grands indices américains qui n'a jamais été aussi important ! Les deux places affichent historiquement des évolutions corrélées.

Le dernier écart important remonte à 2005, c'était alors le S&P500 (+ 3,5 % sur l'année) qui devançait le DJ30 (- 0,61 %). Comment dès lors expliquer ce différentiel de performance historique cette année ? Le premier facteur repose sur la méthode de calcul des deux indices. Alors que le S&P 500 est pondéré par la capitalisation boursière, « le Dow Jones est un indice pondéré par les prix, explique Christophe Foliot, responsable de la gestion actions internationales chez Edmond de Rothschild AM. C'est-à-dire qu'une variation de 1 % d'IBM qui cote à environ 200 dollars va avoir 40 fois plus de poids dans l'indice qu'une variation de 1 % de Bank of America, qui vaut actuellement 5 dollars. Or, le titre IBM ayant progressé de 32 % depuis le 1er janvier, l'impact est loin d'être négligeable ».

Pour Philippe Vialle, gérant actions américaines chez Groupama AM, « le Dow Jones a un avantage compétitif par rapport au S&P500, grâce au poids moindre des valeurs financières et à un mix plus important de valeurs défensives comme IBM, Chevron et McDonald's ». Or, en ces temps de crise, ce sont justement ces derniers profils qui sont les plus recherchés par les investisseurs. Et ce d'autant plus que « les entreprises du Dow Jones sont, pour nombre d'entre elles, très globales et bien mieux exposées à la croissance émergente », précise le gérant. « Cette année, la différenciation sectorielle est très marquée : certaines sociétés cycliques et financières sont retombées à leur plus bas de mars 2009, tandis que des sociétés de croissance, présentes notamment dans le DJ30, sont à des plus hauts », renchérit Christophe Foliot.

La très bonne tenue du DJ 30, plus vieil indice boursier du monde, face au S&P500 est toutefois à largement relativiser : « le Dow Jones n'a pas de pertinence sur le plan économique et il n'est d'ailleurs plus du tout utilisé dans les fonds indiciels. Il reste surtout le reflet des grandes valeurs historiques de la cote », souligne Philippe Vialle.

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