En 2011, les rescapés du CAC 40 se comptent sur les doigts de la main

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Seules cinq valeurs de l'indice s'affichent clairement dans le vert. EADS fait office de vedette.

Les années se suivent et ne se ressemblent pas à la Bourse de Paris. En 2011, le CAC 40 devrait terminer en baisse d'environ 18% après un léger repli de 3% en 2010. Une année de crise qui a bouleversé le palmarès annuel du marché parisien. Ainsi, la grande thématique émergente qui avait largement dominé l'année dernière n'est plus. "Cette année, la baisse est beaucoup plus variée que les années précédentes, remarque Alexandre Baradez, analyste marché chez Saxo Banque. Aucun secteur n'a été épargné. C'est le signe - et un mauvais signe - de l'aversion globale des investisseurs au risque."

Un bilan 2011 bien terne donc, mais qui n'empêche pas quelques beaux parcours boursiers. Cinq valeurs du CAC 40 parviennent de fait à s'extirper du marasme. En tête de toutes, EADS signe une très belle année (+38,1%). Le groupe européen de défense et d'aéronautique a profité d'un contexte favorable pour le secteur, avec notamment des commandes record pour sa filiale Airbus.

Selon les analystes, la société est également une des rares valeurs du CAC 40 à présenter autant de visibilité sur ses résultats 2012. Qui dit crise dit également refuge sur les valeurs les plus défensives. Sanofi-Aventis (+ 17,4%), Essilor (+ 12,8%) et Danone (+ 2,9%) se sont distinguées. Technip fait également partie des rescapés (+ 4,9%), à l'instar de son homologue Maurel & PromProm qui réalise la troisième meilleure performance du SBF 120 (+ 31%).

L'ensemble du secteur pétrolier et parapétrolier a profité des prix élevés du pétrole. Parmi les plus belles progressions à Paris mais aussi en Europe, Hermès s'est payé le luxe de grimper de 45,4% en Bourse malgré des niveaux de valorisation déjà stratosphériques. Si la société se porte très bien, le dossier est aussi dopé par la spéculation liée aux tentatives de rachat rampantes de LVMH.

Les belles glissades

Toutefois, ces belles performances sur le marché parisien ne doivent pas faire oublier que beaucoup de titres ont aussi connu de belles glissades. Dans les "flops" de cette année 2011, on retiendra Veolia qui, avec un plongeon de 61,8%, réalise la plus forte baisse du CAC 40. L'action du groupe de service aux collectivités a été plombée par un avertissement sur résultats et un problème d'endettement récurrent.

Les difficultés opérationnelles d'Air France-KLM ont été également lourdement sanctionnées. Le titre décroche de pas moins de 71,3% pour figurer parmi les plus mauvaises performances en Europe !

Le parcours le plus atypique en 2011 aura sûrement été réalisé par Alcatel-Lucent. La valeur termine l'année sur un repli de 45% alors même qu'elle caracolait en tête du CAC 40 au premier semestre, gagnant jusqu'à 83%. La palme des "gadins" revient toutefois aux valeurs bancaires qui ont encore cette année souffert de la crise des dettes souveraines.

Mais les titres les plus cycliques, à l'instar de l'automobile et des matières premières (voire infographie), n'ont pas non plus été épargnés. Signe que la crise n'est plus perçue uniquement par les investisseurs comme limitée à la sphère financière, mais bien diffusée à l'économie réelle.

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