Le chaos grec et les taux espagnols secouent les marchés européens

Les marchés européens concluent cette journée sur une nouvelle note négative, plombés par la paralysie politique en Grèce, mais aussi la hausse des taux d'emprunt espagnols.

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Paris à de nouveau frôlé les 3.000 points. L'indice parisien CAC 40 a perdu 1,2% à 3.011,99 points dans un volume d'échanges très modeste (2,420 milliards d'euros) en ce jour férié en France.

Premières victimes des inquiétudes persistantes sur la situation grecque, les valeurs bancaires ont accusé le coup. Le titre Crédit Agricole est tombé à son plus bas historique en clôture (-3,51% à 3,0 euros), plombé par son exposition au pays à travers sa filiale locale Emporiki. BNP Paribas a cédé 3,96% à 25,48 euros et Société Générale 3,64% à 15,46 euros.

La nomination à Athènes d'un exécutif chargé des affaires courantes, hier, n'a pas apaisé les craintes que suscitent le pays. Un nouveau scrutin législatif, le 17 juin, pourrait porter au pouvoir des partis opposés à l'austérité imposée comme condition de leur soutien par les créanciers de la Grèce. Le Fonds monétaire international (FMI) a fait savoir qu'il attendait la formation d'un gouvernment, après les élections, pour reprendre ses contacts avec le pays.

En outre, la ruée vers les guichet inquiète les analystes. "Certains clients continuent de retirer leurs capitaux et la Banque centrale européenne a cessé de fournir des liquidités à certains établissements du pays" en raison de leur sous-capitalisation, commente Chris Weston d'IG Markets, interrogé par l'AFP.

Espagne : des taux d'emprunt en forte hausse

Par ailleurs, la dernière émission espagnole, très attendue, a confirmé les tensions qui pèsent sur l'Espagne, quatrième économie de l'Union monétaire. Madrid a dû payer beaucoup plus cher pour emprunter près de 2,5 milliards d'euros. Les investisseurs doutent de sa capacité à réduire son déficit public alors qu'elle doit venir en aide à ses régions et à son secteur bancaire, fragilisé depuis l'éclatement de la bulle immobilière en 2008. Les indicateurs macroéconomiques publiés outre-Atlantique n'ont pas été de nature à redresser la tendance. L'indice composite des indicateurs économiques a baissé en avril, signe que l'économie des Etats-Unis "peine à gagner de l'élan", selon le Conference Board qui publie cette statistique.

L'activité manufacturière de la région de Philadelphie s'est de son côté contractée et les nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage sont restées stables alors que les analystes tablaient sur un léger recul.

Les places financières européenes dans le rouge

Ces conditions ont également pesé sur les autres places boursières européennes. La Bourse de Londres a terminé en nette, l'indice FTSE-100 des principales valeurs a perdu 66,87 points, soit 1,24% par rapport à la clôture de mercredi, à 5.338,38 points.

Les banques et les valeurs minières se sont retrouvées à nouveau en première ligne. Royal Bank of Scotland a ainsi cédé 3,70% à 21,06 pence, Lloyds Banking Group 3,56% à 27,65 pence et Barclays 3,78% à 181,90 pence. Du côté des minières, Vedanta a lâché 4,0% à 985 pence, Xstrata 3,0% à 956,20 pence et Kazakhmys 2,95% à 690,50 pence. L'assureur Aviva, qui vient de faire face à une révolte de ses actionnaires, a cédé 1,80% à 275,84 pence, l'annonce d'une revue stratégique de l'ensemble de ses activités n'ayant apparemment pas suffi à rassurer les investisseurs. Hors indice vedette, le groupe Kesa Electricals a plongé de 13,57% à 46,76 pence après l'annonce d'une nouvelle chute des ventes de son enseigne phare, Darty France. Du côté des hausses, le courtier interbancaire Icap a gagné 1,63% à 342 pence et le groupe de défense BAE Systems 0,92% à 274,50 pence.

La Bourse de Francfort L'indice Dax des valeurs vedettes a clôturé en baisse de 1,18% à 6.308,96 points. Le MDax des valeurs moyennes a terminé sur une chute de 1,22% à 10.205,89 points.

En Espagne, Bankia, quatrième banque cotée espagnole qui vient d'être nationalisée, s'est effondré de plus de 13% à la Bourse de Madrid, alors que le journal El Mundo affirme que ses clients, inquiets, ont déjà retiré plus d'un milliard d'euros ces derniers jours. Des informations toutefois démenties par le gouvernement.

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Commentaires 5
à écrit le 18/05/2012 à 9:50
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C'est étrange comme nous nous focalisons sur les effets en oubliant la cause : la monnaie unique ! La même qui fait plonger l'Italie et l'Espagne (et que dire du Portugal ?) puis demain la France. Il suffit que le décret sur la création des 60.000 po...

à écrit le 18/05/2012 à 9:28
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En effet ca merite d'y preter attention. Le systeme montre clairement ses limites. C'est le debut de la fin. La Grece nous a apporté la civilisation. Elle nous montrera peut etre la voie vers un systeme economique plus moral et respectueux des peu...

à écrit le 18/05/2012 à 5:19
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Faut il que je commence a retirer mon argent du Credit Agricole ?!!??

le 18/05/2012 à 9:47
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Si c'est pas fait, c'est que vous ne suivez pas l'actualité réelle ! Mais pas seulement de cette banque, de toutes !

à écrit le 18/05/2012 à 0:37
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Il y a deux informations importantes dans cet article : La BCE a cessé de fournir des liquidités à certaines banques Grecques, et les déposants Grecs se livrent a des retraits massifs de leur dépôts. approfondire ces deux informations serait utile, c...

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