Manchester United jouera son entrée en Bourse à Wall Street

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En choisissant New York pour son introduction en Bourse, le club renonce ainsi à un précédent projet à Singapour, une région où les liquidités sont abondantes et où il dispose d'une énorme base de fans. Cette opération devrait permettre à Manchester United de lever jusqu'à 100 millions de dollars afin de se désendetter

Fin du suspens pour l'introduction en Bourse des "Red Devils". Manchester United a finalement choisi Wall Street pour effectuer cette opération, mettant fin à plusieurs mois d'incertitude concernant le choix de la place financière que le club de Premier League visait. Le club anglais renonce ainsi à un précédent projet d'introduction en Bourse à Singapour, une région où les liquidités sont abondantes et où il dispose d'une énorme base de fans.

659 millions de fans

"Nous sommes l'une des équipes de sport les plus populaires et couronnées de succès au monde, jouant l'un des sports les plus populaires sur Terre", vante "ManU", trois fois vainqueur de la Ligue des champions, dans le prospectus boursier déposé mardi auprès de l'autorité des marchés américains, la SEC. "Au long de nos 134 ans d'histoire, nous avons gagné 60 trophées, ce qui nous a permis de construire l'une des plus célèbres marques du monde et une communauté de 659 millions de fans", ajoute le club.

Une popularité qui lui permet de générer "des revenus multiples, y compris le parrainage, les produits dérivés et licences de produits, les recettes issues des nouveaux médias et appareils mobiles, la diffusion" et la vente de tickets, détaille le projet d'introduction boursière. Selon ce document, le club veut lever jusqu'à 100 millions de dollars en Bourse, même si à ce stade le montant indiqué est souvent théorique. Aucune date ou nombre d'actions à mettre sur le marché ne sont pour l'instant précisés.

Une dette de 664 millions de dollars

En 2011, le club indique avoir dégagé un bénéfice de 12,6 millions de livres (19,7 millions de dollars) pour un chiffre d'affaires de 331 millions de livres (518,5 millions de dollars). Parmi les facteurs de risque pour ses actionnaires, le club de football précise qu'il est "dépendant de la popularité et de la performance de son équipe" et de sa "capacité à retenir des employés clé, y compris les joueurs". Le club précise qu'il entend "utiliser tous les revenus nets de cette offre pour réduire son endettement", qui s'élevait à la fin du premier trimestre à 423,3 millions de livres (664 millions de dollars).

Manchester United a donc remisé son projet initial de s'introduire en Bourse à Singapour. Selon la presse locale, qui prêtait au club l'intention de lever un milliard de dollars en mettant en Bourse 30% de son capital, le club aurait changé son fusil d'épaule à cause des turbulences sur les marchés et de lenteurs administratives.

La famille Glazer restera propriétaire après l'introduction

Manchester United a été racheté en 2005 par l'homme d'affaires américain Malcolm Glazer, qui détient aussi des intérêts dans des clubs de football américain, au cours d'une opération qui a largement alourdi la dette du groupe. Le titre avait alors été retiré de la Bourse de Londres, où il était coté depuis onze ans. La société historique qui gère les affaires du club, "Red Football Shareholder Limited", est devenue depuis le rachat par les Glazer une filiale d'une société mère enregistrée dans l'Etat américain du Delaware, qui a elle-même créé le 30 avril 2012 une autre filiale, Manchester United Ltd., enregistrée aux Iles Caïmans. "Red Football LLC restera notre principal actionnaire et nous seront toujours propriété et contrôlés par les six descendants de M. Malcom Glazer" après l'opération boursière, avertit le club.

La famille Glazer conservera les actions de catégorie B, assorties de droits de vote dix fois supérieurs aux actions de classe A qui seront mises en Bourse, ce qui lui assurera 67% des voix au sein de l'assemblée des actionnaires et la haute main sur la gestion du club. Selon le New York Times, cette structure aurait pu contribuer à rebuter les investisseurs asiatiques alors qu'elle est plus commune aux Etats-Unis, où des entreprises comme Facebook l'ont récemment adoptée.

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