La dette asiatique enthousiasme les investisseurs. Mais gare à la bulle !

Les émissions de titres obligataires asiatiques battent des records. A ce jour 520,9 milliards de dollars ont été émis. L'essentiel de ses sommes vont aux entreprises, les obligations souveraines ayant moins de succès. Détail intéressant, les investisseurs sont de plus en plus intéressés par des titres en monnaie locale.

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Les émissions de dette corporate (des entreprises) n?ont jamais autant attiré les investisseurs. Le marché secondaire de ces titres est tout aussi actif. Et ce qui est vrai en Europe et aux Etats-Unis, l?est tout autant en Asie. Selon les dernières statistiques publiées par Dealogic, le marché de la dette (souveraine et corporate) asiatique, hors Japon, atteint aujourd?hui 520,9 milliards de dollars contre un précédent record historique de 482 milliards de dollars en 2011. Sur ce total, 444 milliards sont dévolus aux obligations corporate. Seuls 7% concernent des obligations souveraines.

Engouement pour des obligations asiatiques en monnaie locale

Détail particulièrement intéressant: les investisseurs décidés à se positionner sur la dette asiatique le font en monnaie locale. Ceux-ci étant attirés par les hauts niveaux de rendement offert par ces entreprises et la possible appréciation de la monnaie. Certains, comme Eric Stein, gérant obligataire chez Eaton Vance, n?hésite pas à se lancer sur la dette souveraine du Sri Lanka, comme le rapporte The Wall Street Journal d?aujourd?hui. «Ce n?est certes pas un pays parfait, mais vu les niveaux de rendement par ailleurs, cela me semble une idée intéressante pour placer son argent», reconnaît le spécialiste. Ces investissements en monnaie locale sont de très bonnes nouvelles pour les entreprises locales qui diversifient ainsi leurs sources de financement, celles-ci ne pouvant compter jusqu?à présent que sur des titres libellés en dollars. Le fonds Blackrock, de son côté, s?intéresse tant à la dette de l?Inde en acquérant des obligations souveraines qu?à ses entreprises en sélectionnant des titres corporate très bien notés. L?essentiel des gérants spécialisés sur les pays émergents sont pourtant toujours investis majoritairement en obligations libellées en dollars en raison des craintes sur les contrôles des changes locaux. Cette année, par exemple, la Banque Centrale d?Indonésie a remis en cause la parité de sa monnaie locale avec le billet vert, bloquant sans plus de préambule les avoirs des investisseurs étrangers qui ne pouvaient plus espérer aucun transfert de fonds.

Gare à l'éclatement de la bulle

Mais l?engouement pour la dette asiatique, y compris en monnaie locale, est tel qu?il commence à convaincre certains investisseurs particuliers de s?y pencher. Mais gare à l?effet bulle, préviennent plusieurs spécialistes qui redoutent un retour de bâton ne serait-ce qu?en raison des aléas possibles sur les devises locales mais aussi sur l?évolution du niveau de prix de ces titres dont le mouvement est inversement proportionnel au niveau de taux.
 

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